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Natelee Cocks

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Le wellness ou la nouvelle promesse des hôtels et palaces

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Et si le véritable luxe, demain, consistait à repartir d'un hôtel en meilleure forme qu'à son arrivée ? Des palaces aux nouvelles enseignes lifestyle, l'industrie hôtelière fait du wellness son nouvel argument phare, transformant les établissements en lieux dédiés autant à la récupération qu'au voyage.

Lors d’une conférence tenue par le guide Michelin à l’hôtel Saint-James à Paris, Laura Gonzalez, architecte d’intérieur rompue à l’exercice de la mise en scène hôtelière, répondait que, selon elle, l’hôtel du futur sera axé sur le wellness. « C’est déjà le cas, mais tout va prendre de l’ampleur« , soulignait-elle.


Lire aussi : Et si cette clinique bien-être avait raison sur toute la ligne ?


Bien sûr. Je garderais ton texte quasiment intact, mais j’intégrerais ces ajouts de manière fluide pour donner davantage de profondeur à l’article.


Mais qu’est-ce que le wellness ?

On a connu le boom des restaurants de chef dans les hôtels, qui ont fait de la gastronomie un véritable argument de réservation. Puis est venue l’ère du design, des collaborations avec de grands architectes et des boutiques où l’on pouvait repartir avec un peignoir, une bougie ou une ligne de mobilier afin de prolonger l’expérience à la maison. Aujourd’hui, une nouvelle promesse semble prendre le relais : celle de la santé. Le bien-être n’est plus un simple service supplémentaire, mais devient peu à peu le cœur du projet hôtelier.

Le wellness, aujourd’hui, ne se résume plus à un massage sous lumière tamisée. C’est un art de vivre calibré, une quête d’équilibre high-tech où le corps devient terrain d’expérimentation. On parle autant de fitness que de spa : transpirer dans une salle de sport ouverte 24h/24, flotter dans une cabine d’oxygène, s’offrir une perfusion vitaminée au petit matin. Le voyageur moderne veut dormir, oui, mais sur un matelas thermorégulateur ; se reposer, certes, mais dans une bulle d’ondes apaisantes. Le wellness, c’est le confort augmenté : une version 3.0 du bien-être, où la science veille sur nos cycles de sommeil.

Cette évolution répond aussi à une logique économique. Longtemps considéré comme un simple équipement, le spa devient un véritable moteur de croissance. Les hôtels cherchent désormais à attirer autant leurs résidents qu’une clientèle locale grâce à des abonnements, des cours de sport, des programmes de récupération ou des consultations spécialisées. L’établissement ne vend plus seulement une chambre, mais un mode de vie.

SIRO : précurseur du mouvement

« Je me suis déjà entendu dire qu’un — jeune — collaborateur souhaitait repousser un déplacement professionnel pour faire en sorte de pouvoir participer à sa compétition de sport dans les meilleures conditions. Ça n’aurait jamais été une question pour les gens de ma génération », explique Philippe Zuber, PDG de Kerzner International, auquel appartient SIRO, la nouvelle marque d’hôtels dédiée au fitness. « Le sport est devenu un point d’intérêt primordial pour une nouvelle génération de voyageurs. »

SIRO est la branche sœur des hôtels One&Only, une collection de résidences d’ultra-luxe positionnée dans les lieux les plus exclusifs au monde. « Même avant la pandémie, nous observions une nette augmentation de la fréquentation de nos salles de sport et de nos cours collectifs chez One&Only. Nous avons dû recruter de nouveaux instructeurs pour répondre à la demande. » Parce que ces deux observations se rejoignent, le groupe Kerzner International planche sur un concept innovant qui se matérialise en février 2024 à Dubaï.

SIRO One Za’abeel réfute pourtant son positionnement wellness. « Le mot ‘wellness’ implique une retraite, un programme, finalement assez peu de libertés. Tout l’inverse de notre démarche qui consiste à permettre à nos clients de conserver leur routine fitness pendant leurs voyages. »

Salle de gym de 800 mètres carrés accessible 24h/24, Experience Box où se tiennent des cours à haute intensité, espaces de méditation et de yoga, Recovery Lab composé de douze cabines de soins futuristes (iDome, Vibroacoustic Therapy…), room service dont les plats affichent leurs apports nutritionnels : on est loin du club sandwich englouti après le Martini du bar de l’hôtel comme de la retraite de jeûne enclenchée sur les bords d’un lac allemand… Et pourtant si près de notre définition du wellness.

Le SIRO réinvente-t-il le concept de l’hospitalité moderne ? « Nos clients ne veulent plus faire de compromis », poursuit Philippe Zuber, pointant l’importance grandissante du sport et de la nutrition dans la routine d’une génération de voyageurs. Si la marque a un coup d’avance, elle est loin d’être la seule à avoir senti le filon.

Perchées à plus de 200 mètres, les chambres du SIRO Dubai ont une vue imprenable sur la ville sans en subir les bruits.
Perchées à plus de 200 mètres, les chambres du SIRO Dubai ont une vue imprenable sur la ville sans en subir les bruits. Natelee Cocks

L’hôtel wellness se diffuse par-delà le monde

À Tokyo, Janu, marque sœur d’Aman, a ouvert dans Azabudai Hills avec comme pièce maîtresse un centre wellness de près de 4 000 mètres carrés réunissant salle de sport, studios de mouvement, spa, golf virtuel et spectaculaire piscine intérieure. À Crans-Montana, Six Senses a installé un espace de biohacking permettant d’accélérer la récupération après une journée de ski grâce à des technologies de pointe.

L’Europe est d’ailleurs devenue l’un des laboratoires les plus avancés du secteur. Des établissements comme Chenot Palace, en Suisse, ou SHA Wellness Clinic, en Espagne, brouillent les frontières entre palace, clinique préventive et centre de longévité. Bilans métaboliques, nutrition personnalisée, médecine régénérative et suivi du sommeil y sont proposés au même titre qu’une suite ou un restaurant gastronomique.

Même à Paris, les hôtels se dotent désormais de protocoles pointus pour se différencier. The Peninsula Paris vient ainsi d’annoncer un partenariat avec la Maison Lutetia, centre de médecine esthétique, tandis que plusieurs établissements enrichissent leur offre de soins personnalisés et de programmes de récupération.

Le groupe Aman a un historique dans les spa et piscines incroyables : celle du Janu Tokyo ne fait pas exception.
Le groupe Aman a un historique dans les spa et piscines incroyables : celle du Janu Tokyo ne fait pas exception. Janu

Cette révolution dépasse désormais les espaces communs. Les chambres deviennent elles aussi des lieux dédiés à la récupération : purification de l’air, contrôle précis de la température, literie intelligente, menus d’oreillers, luminothérapie ou rideaux simulant le lever du soleil. Dormir ne suffit plus ; il faut optimiser son sommeil.

Plus qu’une recherche du bien-être, l’hôtellerie regarde aujourd’hui vers la longévité. Cryothérapie, lumière rouge, analyses biométriques, biohacking ou optimisation du rythme circadien témoignent d’une évolution profonde : les technologies autrefois réservées aux sportifs de haut niveau ou aux cliniques spécialisées trouvent désormais leur place dans les hôtels de luxe, à l’instar du Six Senses Crans-Montana.

Spa XXL, soins inédits, salles de sport spectaculaires, récupération assistée par la technologie, chambres pensées comme des cocons physiologiques… Le luxe ne se mesure peut-être plus seulement à la qualité du service ou à la vue depuis une suite. Il réside désormais dans la capacité d’un hôtel à faire repartir son client en meilleure forme qu’à son arrivée. Après avoir vendu des nuits, puis des expériences, l’hôtellerie de luxe semble désormais vouloir vendre du temps gagné sur la fatigue. Une redéfinition du luxe qui pourrait bien dessiner les contours de l’hospitalité des prochaines décennies.

La piscine du Six Senses Crans Montana.
La piscine du Six Senses Crans Montana.
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