×
the off coworking des dirigeants

Inspirations // Business

The Off : le club hybride où les grands patrons travaillent comme à l’hôtel

  • Business>
  • Inspirations>

Au centre de Paris, The Off brouille les frontières entre hôtellerie de luxe et espace de travail. Pensé comme un « work club » premium plutôt qu’un coworking classique, ce nouveau lieu imaginé par Deskéo attire déjà dirigeants, cabinets d’avocats et grands patrons en quête de confidentialité, de confort et d’un bureau nouvelle génération.

Face à l’Opéra Garnier, les businessmen ne se donnent plus rendez-vous au Ritz. Ou plutôt : plus seulement. Depuis septembre dernier, une autre adresse attire dirigeants, avocats d’affaires, chasseurs de têtes et grands patrons en quête d’un troisième lieu entre le bureau et l’hôtel. Son nom : The Off. Contraction de The Office, mais aussi du « off » comme déconnexion, retrait temporaire du tumulte corporate. Le lieu refuse soigneusement le mot « coworking » — on parle ici plutôt de work club.


Lire aussi : Des bureaux parisiens en pleine nature, c’est possible !


Un work club premium inspiré des palaces

« Pour le dire simplement, on imagine The Off comme un cinq étoiles, mais sans côté hébergement, » explique Jade Boucard, General Manager du lieu, en traversant le lobby baigné de lumière.

Le parallèle avec l’hôtellerie de luxe revient constamment dans la visite. Et pour cause : The Off emprunte autant aux codes du palace qu’à ceux du bureau nouvelle génération. Sur 1 700 m² répartis autour d’un vaste espace central dans un immeuble récemment réhabilité par l’agence Wilmotte & Associés, l’adresse mélange restaurant confidentiel, salons feutrés, salles de réunion ultra-équipées, studio de sport privatif, bibliothèque silencieuse et espaces de travail réservés aux membres. Le tout avec une vue presque insolente sur l’Opéra Garnier. « La superstar, ce n’est pas nous, c’est elle », sourit Charlotte, le Gouvello, architecte du projet chez Deskéo, en désignant les 113 fenêtres du lieu, dont la moitié donnent sur le Paris haussmannien.

Ce qui frappe immédiatement, c’est l’absence totale d’esthétique « startup ». Pas de néons, pas de phonebooths colorés, pas de tables de ping-pong. À la place : des matières chaudes, du bois sombre, des tons terracotta, des fauteuils profonds et une lumière tamisée pensée comme celle d’un hôtel londonien. « On a travaillé sur une palette très chaude, avec aussi une note olfactive sur mesure », poursuit l’architecte. Bois de cèdre, girofle, accents épicés : tout a été conçu pour « accentuer la créativité ».

The Off offre une vue imprenable sur l’Opera Garnier.
The Off offre une vue imprenable sur l’Opera Garnier.

The Off : quand l’hôtellerie de luxe rencontre le bureau hybride

Le projet marque aussi un tournant pour Deskéo, opérateur de bureaux fondé il y a dix ans. « C’est la première fois qu’on a poussé aussi loin les curseurs de l’hôtellerie », poursuit l’architecte. « On a travaillé aussi bien le design que l’hospitality. » Jade, passée par le Bulgari Hotel et le Lutetia, incarne justement cette dimension servicielle : la réservation d’une salle de réunion peut se faire par WhatsApp, les membres disposent d’une conciergerie dédiée pour leurs demandes annexes (chambres d’hôtels, massages…) et un simple bouton permet de commander un café directement depuis une réunion. Quelques minutes plus tard, il arrive sur plateau, comme un room service discret.

L’idée fondatrice est née d’un constat simple : les grands contrats se signent souvent dans les lobbies d’hôtels. « Les fondateurs utilisaient les grands hôtels pour recevoir leurs clients », explique Charlotte. « Mais un hôtel reste impersonnel et surtout pas pensé pour accueillir les usages tertiaires. » The Off tente donc de résoudre cette équation : créer un lobby d’hôtel parfaitement adapté au travail.

Le lieu fonctionne sur un système de membership volontairement limité à 200 membres ou entreprises, afin de préserver une forme d’exclusivité. « Je préfère parler de carnet d’adresses que de clients », précise Jade. Aujourd’hui, une cinquantaine de membres fréquentent déjà l’adresse : notaires, dirigeants de groupes pharmaceutiques, cabinets d’avocats, consultants ou profils issus de l’influence. « La typologie est vaste, mais le mindset reste similaire », résume-t-elle.

Dans le workclub, où les membres The Off peuvent venir librement travailler.
Dans le workclub, où les membres The Off peuvent venir librement travailler.

Un espace de travail pensé pour la confidentialité et le networking

Cette notion d’homogénéité revient souvent, sans jamais tomber dans le club élitiste caricatural. Pas de sélection sur les revenus, assure Jade, mais une attention portée aux usages et au comportement. « Quelqu’un qui n’apprécie pas les espaces de réseautage ou qui ne respecte pas les codes du club ne s’y retrouvera pas forcément. »

La confidentialité fait d’ailleurs partie des arguments majeurs du lieu. Les flux ont été entièrement pensés pour séparer membres, entreprises résidentes et visiteurs extérieurs. Les différentes ailes du bâtiment ne communiquent que par le lobby central. « Il y a beaucoup de meetings discrets ici », glisse Jade. « On attire aussi des politiciens, parce qu’ils savent qu’ils peuvent déjeuner tranquillement sans être vus ou entendus. »

À l’heure où les sièges sociaux cherchent à devenir plus expérientiels, The Off prend presque le contrepied : plutôt qu’un bureau qui ressemble à un hôtel, le lieu ressemble à un hôtel où l’on travaille réellement. On y vient pour un comité exécutif, un déjeuner d’affaires, une séance de sport entre deux rendez-vous ou simplement pour écrire au calme dans la bibliothèque bleue pensée comme un refuge silencieux.

À 16 heures, le chef fait même servir le goûter : financiers, tartelettes ou pâtisseries du jour. Une attention presque dérisoire, et pourtant révélatrice de l’ambition du lieu. Celle de faire oublier qu’on est venu travailler.

Les salles de réunion offrent chacune un décor et un agencement particulier.
Les salles de réunion offrent chacune un décor et un agencement particulier.

The Off
11 Rue de la Chau. d’Antin, 75009 Paris
Site internet


Lire aussi : À New York, Google inaugure ses nouveaux bureaux dans une gare des années 1930

Voir plus d’articles sur le sujet
Continuer la lecture