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Avec son nom so French, Cadillac est l’incarnation d’un certain luxe à l’américaine. La marque entretient aussi une longue histoire avec le sport automobile dont le nouveau chapitre s'écrit avec son entrée pour la première fois en F1 cette année, en plus de l’endurance et les 24 H du Mans. Retour sur plus de 75 années d’engagement.
« Cadillac a l’ambition de devenir une marque de luxe mondiale. Il y a un capital résiduel qui est là et il suffit simplement de mettre un peu de lumière et, d’un seul coup, les gens se projettent, » estime Jean-Pierre Derniaz, patron du marketing européen de la marque de Detroit. Et dans cette optique, le sport automobile est un vecteur idéal lorsqu’on peut se targuer d’une histoire de 75 années de course.
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Du luxe au sport… et vice-versa
Tout a commencé en 1949 lorsque Cadillac engage des voitures strictement de série (des Series 61) en Nascar face aux autres grands faiseurs US de l’époque : Lincoln, Hudson, Oldsmobile, Ford, Buick, Chrysler, Kaiser, Mercury. Pas de victoire cependant à revendiquer. Parmi les coups fumants, pas forcément à l’initiative de la marque, notons un an plus tard l’entrée en scène du « Monstre de Cunningham », un drôle de bolide aérodynamique unique sur base Cadillac et moteur V8 engagé au Mans dès 1950, aux côtés d’un monstrueux Coupé De Ville à peine modifié, lui. Elles finiront à de très honorables 10e et 11e places.
50 ans plus tard, Cadillac se retrouvait au Mans avec la Northstar LMP mue par un bon gros V8 biturbo — la bande-son, cela compte forcément pour une voiture de course américaine ! Et c’était aussi l’occasion de promouvoir ce moteur proposé sous le capot de versions surpuissantes, alors que la marque cherche à se donner une réputation de hautes performances.
L’engagement de Cadillac en sport automobile est pluridisciplinaire, notamment dans ses terres d’origine. Aux Etats-Unis, la marque de prestige du groupe General Motors est impliquée dans de nombreuses catégories, notamment en championnat SCCA (Sports Car Club of America) et en endurance dans le championnat IMSA (avec les 24 heures de Daytona et les 12 heures de Sebring comme points d’orgue), où la Cadillac V-Series.R a rejoint de nombreux podiums. En 2025, Cadillac a compté pas moins de 118 victoires au compteur dans les différentes disciplines où elle est engagée, notamment aux États-Unis. Au niveau global, avec le championnat du monde d’endurance (WEC), le plus prestigieux résultat est sans doute la troisième place aux 24 Heures du Mans en 2023. « Le WEC reste évidemment une activité extrêmement forte pour nous et les 24 heures du Mans, on y va full blast ! » souligne JP Derniaz. Rendez-vous en juin.
La F1 pour célébrer un redéploiement mondial de Cadillac
Mais parmi les engagements en motorsport, le Graal reste la Formule 1 et sa notoriété inégalée. « Cadillac est la marque inconnue la plus connue » : Jean-Pierre Derniaz est lucide sur le travail d’image à effectuer en vue du retour de Cadillac en mode 100 % électrique sur le Vieux Continent, commençant par la Suisse et la France. Et pour cela, il compte sur l’arrivée au sommet du sport automobile avec l’entrée cette année de l’écurie Cadillac en F1 avec TWG Motorsports. Ainsi, après s’être battue pour obtenir sa place sur la grille de départ du sport automobile le plus prestigieux au monde, Cadillac est désormais la 11e équipe inscrite au départ. Une consécration, avec au volant, un duo de pilotes affûtés avec Valtteri Bottas (Finlande, 36 ans) et Sergio Perez (Mexique, 35 ans).
Élégante dans sa sobre livrée au gradient noir, blanc mat et chrome, incluant une déclinaison à l’infini du logo Cadillac old school, la monoplace américaine relève un défi de taille sur les circuits du grand cirque mondial qu’est la F1. « La F1, c’est désormais de l’entertainment, c’est aussi du business, du lifestyle, de la mode, et très clairement du luxe. Et aux États-Unis, c’est devenu une plateforme extrêmement forte. Le taux de croissance est gigantesque, ça touche des populations que les marques – notamment les marques automobiles – ont plutôt du mal à toucher d’habitude, comme les femmes et les jeunes. Et donc, d’un seul coup, cela devient presque un choix évident, » résume Jean-Pierre Derniaz.
« Dans la Formule 1, on va activer un certain nombre de Grands Prix, donnant la priorité aux plus prestigieux. Monaco, Miami, Singapour, des Grands Prix qui sont au cœur de cet univers de luxe lifestyle qu’est la F1 et qui sont en adéquation avec les valeurs de Cadillac. » Loin des équipes en mode fluo bariolé, les tenues du team, sur fond noir, sont signées Tommy Hilfiger, cultivant un esprit de luxe à l’américaine — what else ? De quoi essayer de trouver une place à part dans une Formule 1 devenue un véritable podium pour trouver sa place au soleil parmi les marques qui comptent.
