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« Marc-Antoine Barrois 10 ans après B683 », à voir à Arles jusqu'au 30 août.

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Marc-Antoine Barrois dévoile sa collection d’art aux Rencontres d’Arles

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Le couturier-parfumeur à l'âme d'artiste nous dévoile sa collection d'art, et prouve que lorsqu'on aime, ce n'est pas la taille qui compte.

On l’a découvert couturier, puis parfumeur. Lancé avec succès en 2016, son parfum B683 a conquis les amateurs de parfums de niche. Aujourd’hui, Marc-Antoine Barrois fête les dix ans de sa fragrance en dévoilant un projet de 164 photos aux Rencontres de la photographie d’Arles.


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Programmée dans le OFF, cette exposition invite plus de 70 photographes à immortaliser un flacon de la marque chez son propriétaire, partout dans le monde. Une ode à la diversité dans laquelle se côtoient des intérieurs d’anonymes et de célébrités. Un projet qui reflète à merveille les idéaux du créateur, amateur d’art, qui préfère souvent collaborer avec de jeunes talents plutôt que de se diriger vers la facilité. Sa collection d’art personnelle est à son image, sincère et instinctive, mais toujours guidée par une obsession : le partage. « Si je mets les œuvres chez moi, je les installe souvent dans des espaces dédiés, à part une partie de la collection qui reste plus privée, autour du thème de Raphaël. J’ai envie d’éduquer les gens à ce que j’aime. Je trouve que la collection, c’est une façon de partager ses goûts. »

« Marc-Antoine Barrois 10 ans après B683 », à voir à Arles jusqu’au 30 août.
« Marc-Antoine Barrois 10 ans après B683 », à voir à Arles jusqu’au 30 août.

Fils d’enseignants, il n’imaginait pas, dans son adolescence, pouvoir un jour constituer sa propre collection, composée d’une vingtaine d’œuvres peintes et d’autant de photographies signées par des artistes de renom. Un trésor qu’il compose lentement mais sûrement, et qu’il commence avec son tout premier salaire, à 18 ans : « Le fait d’avoir étudié aux Beaux-Arts m’a donné une sensibilité en ce domaine. J’étais particulièrement attiré par la sculpture, et la première œuvre que j’ai achetée était un couple de danseurs en bronze signé Anne Jaeckin. »

Une œuvre qu’il repère deux ans auparavant, lors de l’un de ses premiers passages à Paris, alors qu’il est adolescent. « J’étais entré dans cette galerie et cette sculpture m’était restée en tête. Je l’ai achetée 1 500 euros à l’époque. C’était énorme pour moi, tout un salaire de job d’été. » Il acquiert, quelques années plus tard, un dessin d’un ami styliste, puis s’autorise à se constituer une collection personnelle : « Je l’ai commencée lors de mes débuts dans le monde de la mode. Je me suis mis à acheter des dessins de créateurs, dont un de Jean Paul Gaultier. Je possède aussi des crayonnés de Dominique Sirop, d’autres créateurs, et un petit d’Yves Saint Laurent. La mode fait vraiment partie de moi, car c’est là que tout a commencé dans ma carrière. »

Marc-Antoine Barrois : aux arts, etc.

Au fur et à mesure que se développe sa marque, celui qui ne quitte jamais son bob Hermès devient tour à tour mécène, achetant des pièces à des connaissances artistiques gravitant dans sa galaxie, et collectionneur d’œuvres d’artistes plus renommés : « Je comprends ceux qui achètent des œuvres d’art très onéreuses et qui économisent pendant des années pour pouvoir s’en offrir une. C’est quelque chose qui me parle, car c’est ainsi que j’ai commencé, sans savoir si j’allais constituer une collection un jour. À l’inverse, je regarde parfois avec un peu d’incrédulité certaines de mes connaissances qui se constituent des collections sans vraiment comprendre l’art, simplement parce qu’elles ont les moyens et qu’il est bien vu d’en posséder une. »

Marc-Antoine Barrois et son signe distinctif.
Marc-Antoine Barrois et son signe distinctif. Olivier Yoan

Il assume d’ailleurs le côté éclectique de sa collection : « Cette dernière est composée d’un art qui n’est malheureusement pas considéré comme majeur et dont on me reproche parfois l’acquisition. J’ai par exemple une trentaine de planches originales de bande dessinée, comme un dessin du Marsupilami de Franquin. C’est une petite illustration de la taille d’une carte postale qui vaut environ 10 000 euros. Ce qui compte avant tout, ce n’est pas le prix, car ce sont des œuvres que j’aime personnellement et qui me parlent. Elles racontent mon enfance. L’une de mes préférées est une planche d’Olivier Rameau, tirée de La Merveilleuse Odyssée. C’est un univers qui emmène le lecteur complètement ailleurs, et c’est quelque chose qui me touche énormément. J’ai aussi des planches de Léo, un auteur brésilien des Mondes d’Aldebaran. Ce sont des œuvres qui ont du sens pour moi, bien plus qu’un simple investissement. »

Car là où certains font rimer collection avec défiscalisation, Marc-Antoine Barrois préfère rester du côté de la passion : « Je ne vois pas vraiment l’intérêt de vouloir les vendre, ou d’en faire un investissement. Peut-être qu’un jour j’en aurai trop, mais aujourd’hui je n’achète jamais une œuvre en me disant que je la revendrai. »

Show me your art

S’il garde près de lui certaines de ses œuvres favorites, la plupart sont exposées dans ses showrooms et boutiques, entre Paris et New York, où il vient d’inaugurer, en avril dernier, un flagship à la croisée des arts. Située au 120 Wooster Street, en plein SoHo, la boutique accueille aussi bien six fourmis géantes de Jean-François Fourtou qu’une énigmatique figure en marbre du sculpteur allemand Stefan Rinck, baptisée The Nuclear Power Masquerade. À leurs côtés se trouve aussi une lithographie de Daniel Arsham sur laquelle on peut voir un personnage admirant une cascade et dont le visage est gravé dans la roche. Un espace où couture et parfums se mélangent à l’art dans la joie et la bonne humeur : « J’aime l’idée que, dans mes boutiques, il y ait un peu de moi qui circule. Je m’y rends trop peu souvent ; avoir des œuvres d’art, c’est une façon de partager des choses qui me sont intimes, sans jugement. »

Sa boutique, à New York.
Sa boutique, à New York.

Et si tous ces espaces rappellent l’enfance, c’est parce que ce thème reste cher à ce jeune père de trois enfants : « Le monde des enfants possède un univers plus naïf, mais aussi une capacité d’émerveillement que je trouve essentielle. Si on regarde le monde actuel avec des yeux d’adulte, on peut avoir envie de se suicider tout de suite. L’art permet justement de s’évader, et c’est ce que j’essaie de faire avec mon métier : offrir aux gens la possibilité de s’échapper dans des mondes imaginaires. C’est pour ça que, naturellement, les œuvres qui me parlent vont souvent dans cette direction. » Il acquiert d’ailleurs, cette année, deux photographies de l’artiste lituanien Algis Griskevicius. « Esthétiquement, elles ne cherchent pas à être jolies. On y voit des hommes un peu bedonnants, âgés et chauves, perchés dans des arbres comme des oiseaux. Ils portent des masques en rotin, et tout est photographié avec une simplicité qui rappelle le regard d’un enfant, sans aucun rapport compliqué à la nudité. Dans mon travail comme dans ma collection, j’essaie de regarder le monde avec ces yeux d’insouciance, et j’aime retrouver ce même regard chez d’autres artistes. »


10 ans après B683 – A Collective Photographical Work About Perfumes at Homes, exposée dans le cadre du festival OFF des Rencontres d’Arles jusqu’au 30 août à la Maison Close, 14 passage Robert Doisneau, 13200 Arles.


 

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