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The Mercer

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The Mercer à New York : l’adresse culte du quiet luxury à SoHo

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À rebours des hôtels spectaculaires qui façonnent l’image de New York, The Mercer cultive depuis près de trente ans une autre idée du luxe : silencieuse, exigeante, presque invisible. Niché à SoHo, cet hôtel signé Christian Liaigre demeure une adresse de référence pour ceux qui privilégient l’espace, la justesse et la discrétion à toute forme d’ostentation.

Mais qu’est-ce que le luxe, lorsqu’il refuse précisément de se montrer ? À New York City, ville de tous les excès, où les hôtels rivalisent de hauteur, de vues spectaculaires et de démonstrations, certaines adresses choisissent une autre voie. A l’image de l’hôtel The Mercer, indéboulonnable centre névralgique du quartier de SoHo, à Manhattan.


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The Mercer : le plus frenchie des hôtels new-yorkais

Ouvert à la fin des années 1990, en plein cœur de SoHo, à une époque où le quartier n’a pas encore totalement basculé dans le luxe qu’on lui connaît aujourd’hui, l’hôtel s’installe dans un bâtiment romanesque de 1890, ancien entrepôt devenu emblématique avec sa façade en briques et ses grandes fenêtres cintrées. À l’intérieur, rien ne crie.

Le desk d’accueil, minimal et esthétique.
Le desk d’accueil, minimal et esthétique. The Mercer

Normal, le décor a été pensé par le starchitecte Christian Liaigre. Architecte et designer français, disparu en 2020, Liaigre a profondément marqué l’esthétique de l’hôtellerie contemporaine. Avant même que l’expression « quiet luxury » n’existe, il en posait déjà les fondations. Son approche : éliminer le superflu, travailler les matières, privilégier les proportions justes et une forme de rigueur presque monacale dans le dessin des espaces.

Au Mercer, cela se traduit par des lignes pures, des bois sombres, des textiles épais, des volumes généreux mais jamais démonstratifs. Les chambres, parmi les plus vastes de New York City, ressemblent davantage à des appartements privés qu’à des chambres d’hôtel. Le blanc et les angles priment, laissant la place à l’occupant de trouver sa place. Les lits et salles de bains sont spacieux. Les studios et suites offrent un coin de vie (ou de boulot), appréciables dans une ville qui compte le moindre centimètre carré…

Une large salle de bains, disponible dans les catégories de chambre supérieure.
Une large salle de bains, disponible dans les catégories de chambre supérieure. The Mercer

Alors, dès 1997, The Mercer s’impose comme un refuge pour initiés. Les A-listers, du groupe de rock The Strokes à Leonardo Di Caprio, s’y font paparazzé à la grande époque mais ce sont surtout les artistes et créatifs, ceux qui fuient hôtels standardisés, qui y trouvent toute la place à leur expression personnelle. Car, grâce à la vision de Christian Liaigre, à l’angle de Mercer et Prince Street, l’arrivée est presque confidentielle, dissimulée sur le trottoir derrière deux lourds panneaux de cuir, et le desk d’accueil se planque en contrechamps du salon de lecture.

Depuis, l’hôtel a connu une rénovation importante en 2014, menée dans le respect absolu de cette esthétique minimale. Il s’agissait « seulement » d’opérer des ajustements, de remettre l’hôtel à jour, dans la continuité de ce qui fait précisément son identité.

La bibliothèque qui sert de lobby.
La bibliothèque qui sert de lobby. The Mercer

Un petit plus qui fait toute la différence

Dans le sous-sols de l’hôtel, à l’écart du tumulte de SoHo, se cache Sartiano’s. Le restaurant, porté par Scott Sartiano — figure bien connue de la scène new-yorkaise — prolonge à sa manière l’esprit de l’hôtel.  Après quelques marches, l’espace semble hors du temps. Peut-être un peu daté, diront certains, mais c’est précisément ce qui fait sa force : une forme d’intemporalité, loin des effets de mode. Banquettes profondes, lumière tamisée, murs de briques à la new-yorkaises… Le restaurant a cette capacité rare à suspendre la ville, le temps d’un dîner.

Sartiano’s et son ambiance typiquement new-yorkaise.
Sartiano’s et son ambiance typiquement new-yorkaise. The Mercer

La cuisine, elle, attire autant les habitués que ceux qui savent encore où aller à New York, sans jamais rompre avec l’équilibre du Mercer. Des bons basiques, voilà ce qu’on retrouve chez Sartiano’s. Une bonne salade Caesar, des meatballs pomodoro dans les règles de l’art… Sans parler du bar qui délivre les grands classiques exactement comme on l’attend.

À New York, où tout change vite, The Mercer demeure. Et c’est sans doute ce qui lui vaut encore aujourd’hui son succès.

Une façade devenue culte.
Une façade devenue culte. The Mercer

Hôtel The Mercer. 147 Mercer St, New York. Réservations.


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