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À l’occasion de son 75e anniversaire, Max Mara dévoile la transformation complète de son adresse historique sur l'avenue Montaigne. Un espace XXL repensé par Sophie Hicks, où architecture, structure et identité de marque s’entrelacent dans un projet aussi lisible qu’expérimental.
Dès la rue, le flagship affirme son ambition : capter le regard. « Je veux que Paris remarque Max Mara. Mon ambition était de lancer un feu d’artifice italien », résume Sophie Hicks, architecte des lieux.
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Un escalier iconique comme signal architectural
Au cœur de cette stratégie visuelle, un escalier hélicoïdal spectaculaire, pensé comme une pièce manifeste. Visible depuis l’extérieur, il s’impose comme un véritable appel. « Je voulais qu’on le voie de l’autre côté de la rue. La nuit, il attire l’œil », précise l’architecte.
Sa forme — un double zeste d’orange — traduit une idée simple mais radicale : pousser l’ADN de la marque jusqu’à son point de bascule. « L’essence de Max Mara, c’est le manteau camel. Si on pousse cette couleur à l’excès, elle devient orange », explique Sophie Hicks.
Derrière ce geste sculptural, une prouesse technique. L’escalier, entièrement préfabriqué en Italie, repose sur une double hélice structurelle en acier. Chaque marche, en porte-à-faux, semble flotter. « C’est seulement de la structure, il n’y a pas de décoration », insiste sa conceptrice. Une contrainte renforcée par le bâtiment existant — datant des années 1970 — et un sol limité en capacité portante, au-dessus d’un parking.
Une architecture fluide et ouverte inspirée par l’héritage italien de Max Mara
Le projet repose sur une transformation radicale du bâtiment. Autrefois fragmenté en bureaux, le volume a été entièrement libéré. « C’était bureau après bureau… et un jour, j’ai vu la Tour Eiffel au coin du plateau. Là, j’ai compris qu’il fallait tout ouvrir. »
Résultat : une architecture fluide, aux perspectives dégagées, où la circulation devient intuitive. Cette clarté spatiale fait écho aux valeurs de la maison — « intégrité » et « transparence » — traduites ici par des vues traversantes sur la rue et un parcours sans rupture.
Les matériaux prolongent cette narration. Le terrazzo, poli à l’intérieur et brut à l’extérieur, dialogue avec le trottoir parisien. Le marmorino — un enduit à la chaux teinté de rosso di Verona — capte la lumière et accompagne le mouvement de l’escalier.
« Je voulais vraiment donner un esprit italien dès l’entrée », souligne Sophie Hicks, en assumant ce contraste culturel comme fil conducteur du projet.
Une expérience immersive entre lumière, matières et narration de marque
Au-delà de l’architecture, le flagship construit une expérience. La lumière y joue un rôle central : douce et diffuse grâce aux plafonds réfléchissants, elle est ponctuée de faisceaux directionnels qui mettent en valeur les textures des collections.
Un dispositif digital discret prolonge cette immersion. Un écran rétroéclairé diffuse en temps réel les conditions météorologiques de Reggio Emilia, berceau de Max Mara. « C’est une façon subtile de raconter l’histoire de la marque », explique l’architecte. Vent, brume ou soleil modulent ainsi les images de l’usine historique dans une composition abstraite.
Le mobilier, conçu avec Cassina, prolonge cette approche. Canapés en cuir naturel appelés à se patiner, tables en verre coulé et structures en cuivre : « Une boutique n’est pas une maison, mais il faut pouvoir s’y installer. »
Flagship Max Mara. Av. Montaigne 31, 75008 Paris. Site internet.
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