- Restaurants>
- Tentations>
L’hôtel Peninsula, à Londres, est un terrain propice à l’émerveillement. Si son goût exquis et son attention incroyable aux détails en font, sans détour, l’une des meilleures adresses de la capitale britannique, s’y cache aussi, à son sommet, une surprise qui ravira les amateurs de bonne chair et… d’automobile.
Brooklands, le restaurant étoile du chef français Claude Bosi, posté au dernier étage de l’hôtel Peninsula, à Londres, est hommage à l’entente franco-britannique, au Concorde qu’elle a vu naître… et à la vitesse.
Lire aussi : Peninsula London : l’art de vivre à l’hôtel atteint des sommets
La légende du circuit de Brooklands
Brooklands fut naguère le circuit des légendes. À quelques coups d’accélérateur de Londres, il recevait les plus beaux bolides de son époque, les meilleurs pilotes aussi. Avec sa piste d’atterrissage voisine, le panorama était idéal pour les fous du volant. En 1939, l’activité de la zone s’éteint. Quelques années plus tard, elle renaît sous la forme d’un musée et accueille à nouveau des délégations flamboyantes, dont, sous une lune brillante, une soirée pour le Concorde.
Mariage franco-britannique comme il en fut peu, le Concorde est un symbole qui a inspiré le chef Claude Bosi pour sa prestation au Peninsula London. Français expatrié en Angleterre depuis 20 ans, il cherche à faire dialoguer ses deux royaumes dans son nouveau château. « Technique tricolore, produits britanniques » : voici sa promesse.
Brooklands : need for speed
Haut perché au sixième étage de l’hôtel, on n’y accède qu’après avoir fait quelques pas dans un musée de poche, dépendance de son antenne de Brooklands. Sous la protection d’un véritable nez d’avion Concorde acquis aux enchères par Sir Michael Kadoorie lui-même, propriétaire du groupe Peninsula, une automobile de collection s’expose aux curieux aux côtés de deux sièges de pilotes de ligne du Concorde. L’exposition se renouvelle tous les mois.
D’un coup de phalange, on commande l’ascenseur qui nous mène vers plus de surprises.
La première est instantanée : la cabine qui nous transporte en hauteur a des airs de nacelle de montgolfière. Quand nous décollons, un scénario lumineux mime l’allumage du feu qui ferait s’élever le ballon.
La terre ferme retrouvée, nous voilà dans un autre monde. Accueilli dans un sas extraterrestre, les pieds sur un tapis Tai Ping — l’une des marques les plus prestigieuses en la matière — orné de la silhouette d’un Concorde, l’étage se partage en deux ambiances.
À droite, le bar, ode littérale à la légende automobile de Brooklands. On prend place sur des banquettes reprenant tour à tour les lignes d’une Bentley ou d’une Rolls-Royce, ou autour du comptoir habillé comme un fuselage d’avion. Aux murs, des photos vintage de pilotes. Au plafond, un chandelier à pampilles en forme de turbine. Au menu, des créations originales classées en fonction de leur « Mach », soit de leur force en bouche. Le concept est total.
Un restaurant total
Revenons donc au couloir d’entrée pour poursuivre vers le clou du spectacle : le restaurant Brooklands. Sous une voûte céleste, nos manteaux nous sont ôtés. Les constellations qu’avait l’habitude de croiser le Concorde sur sa route vers New York guident d’ailleurs le visiteur jusqu’à la salle du restaurant, où on les foule à nouveau sous la forme d’un tapis Tai Ping.
Le restaurant de Claude Bosi rend aussi, et logiquement, hommage à l’automobile, mais de façon plus discrète qu’au bar, deux étoiles obligent — Brooklands fut d’ailleurs le restaurant qui obtint le plus rapidement ses deux macarons (quelques mois après son ouverture) en Angleterre. Ouverte sur Londres grâce à une large baie vitrée, aérienne grâce à des tables dispersées et leur couronne de chaises Tulip d’Arne Jacobsen, rotatives : élégance is in the air, comme disait un temps la formule d’Air France.
Dans l’assiette, le choix s’impose libre — à la carte — ou guidé, à travers trois propositions de menus, dont l’une végétarienne. Les mets s’enchaînent, tous plus visuels les uns que les autres, sans suivre de logique stylistique (mignardises végétales sculpturales, quenelle et chips frisées, généreux morceaux de cerf en sauce). Les papilles adoubent les deux étoiles.
Brooklands at The Peninsula London
1 Grosvenor Place, London, SW1X 7HJ
Réservations
Lire aussi : Eurostar Premier : Paris et Londres tissent des liens plus gastronomiques que jamais
