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Lieu mythique des nuits parisiennes, le Bus Palladium entame une nouvelle vie sous l'égide du groupe Chapitre Six et de Christian Casmèze, son propriétaire historique. Transformé en hôtel tout en conservant son club, il s’impose déjà comme une adresse incontournable à Pigalle, portée par la cuisine essentielle de Valentin Raffali.
Ils étaient presque tous là, en cette deuxième semaine d’exploitation de l’ouverture la plus attendue à Paris : celle de la renaissance du mythique club de Pigalle, le Bus Palladium, désormais transformé en hôtel.
Ce soir-là, on le croise d’abord sur le seuil de nouvelle entrée de l’hôtel-restaurant. Le chef Valentin Raffali est là, en pleine discussion avec le manager de ses équipes. Plus tard dans la nuit, alors que nous sommes attablés à son restaurant, une autre collaboratrice du nouveau Bus Palladium, Caroline de Maigret, fait son entrée, accompagnée d’une amie top model. Le lieu n’affiche plus une place libre. On nous demandera même de quitter notre table pour laisser place au second service : nous nous dirigeons vers le club où un spectacle d’effeuillage fait salle comble. A peine ouvert, le Bus Palladium fait déjà fureur.
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Bus Palladium : club gourmand
La table de Valentin Raffali, exfiltré d’un restaurant ambitieux marseillais pour se confronter à la faune exigeante parisienne, est un must-go dont les réservations ne tarderont pas à se raréfier.
On y retrouve l’amour du Marseillais, brièvement passé dans Top Chef, pour les plats forts en caractère, abats en tête (tête de veau, tripes). Mais à une époque où les chefs cherchent à se surpasser par des techniques et des saveurs inédites, le retour aux essentiels que porte Valentin Raffali s’impose comme le chemin logique à suivre.
Dans ce restaurant feutré, articulé autour d’un pilier porteur qui donne à chacun son espace intime, éclairé à la bougie, on se ravit de plats lisibles et réconfortants. Ce soir-là, de deux salades de saison (l’une aux asperges blanches, l’autre aux artichauts relevés d’asperges vertes, fraîches et légères) puis d’un barbu breton au barbecue, accompagné d’un gratin dauphinois digne de nos grands-mères et d’une généreuse corbeille de frites, sans doute en double cuisson.
Une boucle bouclée
N’est-ce pas, finalement, le mot d’ordre du (nouveau) Bus Palladium : un retour aux essentiels ? Car si le lieu a été presque entièrement démoli pour renaître, l’ancien club mythique, qui a vu défiler autant de prestigieux invités que de millenials venus danser sur les Strokes dans leur vingtaine, s’est aujourd’hui enrichi de quatre étages pour devenir un hôtel à part entière.
Le club, lui, existe toujours dans sa salle d’origine, au sous-sol. Il se prolonge désormais d’une petite mezzanine, là où autrefois il s’étendait sur deux niveaux. Ce second étage, reconnaissable à son balcon, accueille désormais la plus belle suite de l’hôtel. La suite Dalí — le Catalan aurait participé à faire du club d’antan un rite de passage pour l’intelligentsia de l’époque —, grand loft de miroirs et de béton où la salle de bain s’inscrit dans une boîte de verre à effet tôle, meublé d’un canapé De Sede DS 600 (Heinz Ulrich, Ueli Berger et Eleanora Peduzzi-Riva) comme point d’orgue.
Autour, 34 autres chambres complètent l’hôtel Bus Palladium, de la plus petite catégorie (21m2) aux suites avec balcon ou terrasse, toutes sont décorées dans le même esprit : un mélange d’acier, de teintes chair, d’une curation d’art pointue et équipées d’un système son professionnel — à manier avec modération. C’est au Studio KO, duo parisien reconnu à l’international notamment aux manettes du musée Yves Saint-Laurent de Marrakech, qu’a été confiée la tâche de transformer ce mythe. Le pari est réussi : entre moquettes aux accents Studio 54 et tissus électrisants, l’esprit rock est toujours là.
La musique, évidemment, reste le fil rouge de l’adresse. On la retrouve jusque dans les chambres, avec des playlists curatées par Caroline de Maigret, croisée ce soir-là, donc, au restaurant de Valentin Raffali. Elle se prolonge aussi là-bas, autour d’un mur tapissé de la collection de vinyles de James Arch, ancien propriétaire des lieux, où des DJ s’échaufferont du jeudi au samedi pour accompagner la seconde partie du dîner.
Bientôt, un rooftop ouvrira — la date reste à confirmer, peut-être l’an prochain. En attendant, la vie continue : au Bus Palladium, les soirées peuvent désormais se vivre entièrement sur place — entrée, plat, dessert, club… et petit-déjeuner !
Hôtel Bus Palladium
6 Rue Pierre Fontaine, 75009 Paris
Réservations
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