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Comment grandir sans perdre son âme ? C'est la question qui occupe aujourd'hui Frédéric Biousse, Guillaume Foucher et Linda Hazi. Réunis pour célébrer les dix ans de Fontenille Collection, les trois dirigeants reviennent sur l'histoire d'une aventure entrepreneuriale devenue en quelques années une référence du luxe discret à la française.
Rares sont les enseignes hôtelières qui parviennent à imposer un véritable style en moins d’une décennie. Fontenille Collection appartient à ce cercle très fermé. Mais n’y voyez ni un coup de chance ni l’effet d’une tendance passagère. La réussite du groupe repose avant tout sur la vision de deux hommes : Frédéric Biousse et Guillaume Foucher.
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Fontenille Collection : une vision singulière de l’hôtellerie de luxe
Frédéric Biousse a fait ses armes en pilotant le développement international de maisons telles que Maje, Sandro ou Cartier. Guillaume Foucher a dirigé une galerie d’art contemporain avant de mettre sa passion pour l’histoire de l’art au service de l’hôtellerie. Un tandem complémentaire qui a su imposer une conviction : faire rimer hospitalité et désirabilité. « Ce qui nous intéresse avant tout, c’est de trouver l’adéquation la plus juste possible entre un lieu et le territoire dans lequel il s’inscrit », explique Guillaume Foucher. « C’est ce qui explique la diversité des adresses qui composent aujourd’hui la Collection. Je la définirais également comme une atmosphère où la nature occupe une place essentielle, où l’on admire les paysages et les saisons qui passent. J’aimerais que les voyageurs prennent le temps. Le temps qu’il nous a fallu pour restaurer ces demeures, mais aussi celui dont elles ont besoin pour s’épanouir dans leur environnement. »
Et puisque le temps fait bien les choses, le groupe rassemble aujourd’hui douze établissements en France et en Europe, des Bords de Mer à Marseille au Domaine de Primard, près de Paris, en passant par Minorque, Hossegor ou encore Les Bassans, dernière ouverture en date à Perros-Guirec, en Bretagne. D’ici dix ans, l’entreprise entend poursuivre son expansion avec plusieurs projets déjà annoncés à Aix-en-Provence, Chamonix et en Toscane. Après l’entrée au capital de la Banque des Territoires, puis de LVMH Investment afin d’accompagner son développement international, les fondateurs assurent toutefois que leur indépendance demeure intacte.
« Ils sont présents à nos côtés, siègent au conseil d’administration, nous écoutent et nous conseillent, mais ils ne dictent jamais notre stratégie », souligne Guillaume Foucher. « Nous les considérons avant tout comme des compagnons de route. Ils ne nous imposent rien, si ce n’est de rester fidèles aux engagements pris dès le départ. Il n’y a ni pression particulière ni injonction à la croissance à tout prix. Notre principal moteur reste celui que nous nous fixons nous-mêmes : poursuivre cette aventure de manière cohérente, exigeante et fidèle à sa vision d’origine. »
Fort de son expérience d’entrepreneur, Frédéric Biousse se révèle également un observateur avisé de son secteur. « Si l’on compare l’hôtellerie à l’univers du luxe, je pense qu’elle a déjà intégré une grande partie de ses outils : la puissance de la marque, la culture d’entreprise, les process, la communication ou encore la promesse de qualité associée au prix. En revanche, l’accueil repose avant tout sur une émotion vécue, qu’elle naisse d’une architecture ou d’un paysage. Et ce ressenti reste difficile à standardiser. Je crois d’ailleurs que c’est une bonne chose. Il faut savoir utiliser la force d’un groupe sans tomber dans les excès de certaines griffes mondialisées qui finissent par se ressembler. Dès lors que l’on s’adresse à une clientèle exigeante et que l’on propose des séjours à forte valeur ajoutée, il me semble essentiel de préserver l’unicité de chaque adresse. » Un pari gagnant puisque Fontenille Collection compte aujourd’hui près de 30 % de clients fidélisés.
Une stratégie de développement fidèle à l’ADN de Fontenille Collection
Ces destinations sont aujourd’hui placées sous la responsabilité de Linda Hazi, directrice générale du groupe. Arrivée en 2022 après plus de vingt ans passés dans le retail, notamment chez Sephora et L’Occitane, elle met désormais son expertise au service du développement de l’entreprise. « Contrairement à de nombreux secteurs, l’hôtellerie est longtemps restée fidèle à ses codes traditionnels. C’est à la fois sa force et, parfois, sa limite. Dans le retail, on parle beaucoup d’expérience client, mais les équipes restent souvent pilotées par des objectifs commerciaux. Dans notre métier, c’est presque l’inverse : elles sont guidées avant tout par la volonté de satisfaire les voyageurs, parfois même au détriment de toute autre considération.
Je suis convaincue qu’il est aujourd’hui impossible de concevoir l’accueil comme on le faisait hier. Si nous voulons répondre aux attentes des visiteurs d’aujourd’hui, et surtout à celles de demain, nous devons constamment remettre en question nos modèles et repenser la manière dont nous créons l’émotion. »
Dernière initiative en date : permettre aux clients de prolonger l’univers Fontenille Collection chez eux grâce à The Hours Beauty. Inspirée des jardins de la Collection, cette ligne de soins est désormais proposée dans l’ensemble des établissements ainsi qu’à la vente. « L’enjeu est précisément là : préserver la vision fondatrice qui a donné naissance à Fontenille il y a dix ans tout en préparant les dix années à venir. Notre ADN est ce qui nous distingue et nous consacrons beaucoup de temps à réfléchir à la manière de le préserver. C’est sans doute notre plus grand défi. Une ambition portée à l’origine par deux fondateurs doit aujourd’hui être comprise, incarnée et partagée par près de 700 collaborateurs. Peut-être seront-ils 2 000 dans dix ans. »
Les ambitions internationales de Fontenille Collection
En parallèle, les dirigeants continuent d’explorer de nouveaux horizons. Si Guillaume Foucher rêve de transformer un jour la Villa Médicis à Rome, Frédéric Biousse imagine volontiers une adresse dans la cité des Doges. « Venise compte encore de nombreuses pensions familiales italiennes, pleines de charme et d’histoire. À l’inverse, la plupart des ouvertures récentes se positionnent sur l’ultra-luxe. J’ai le sentiment qu’il existe un espace entre ces deux univers, dans lequel une approche comme la nôtre pourrait apporter quelque chose de très juste.
Cette ville possède une identité, une histoire et une atmosphère uniques. Je pense que nous pourrions y imaginer une adresse qui respecte cette singularité tout en apportant notre propre vision de l’hospitalité. Venise me fait beaucoup rêver. » Et s’il y a bien une chose que Fontenille Collection nous a apprise en dix ans, c’est qu’il est toujours beau de rêver.
Site internet de Fontenille Collection
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