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Hugo Volpei : l’entrepreneur qui veut révolutionner les toilettes

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Le fondateur de Trone dévoile ce mois-ci un nouveau modèle de sanitaires haut de gamme : ou quand le petit coin voit grand.

C’est un objet blanc, bien souvent peu confortable, sur lequel nous passerions presque trois ans de notre vie. Qu’on l’appelle toilettes, sanitaires ou WC, peu d’entreprises se sont risquées à rendre cet objet du quotidien désirable. C’est en partant de ce constat qu’Hugo Volpei décide, en 2018, de créer Trone, une maison française de design bien décidée à faire entrer le petit coin par la grande porte.


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Trone : quand le design s’invite aux toilettes

Sa révélation, il l’a en découvrant les toilettes du restaurant Sketch, à Londres : une sorte de vaisseau spatial composé de cocons posés au sol, de miroirs déformants et d’un plafond multicolore. « Le design et l’architecture m’ont toujours passionné. J’ai donc cherché à savoir qui était le designer derrière ce projet. Je découvre alors qu’il s’agit d’un designer français, Noé Duchaufour-Lawrance, qui avait imaginé ces toilettes au début des années 2000 et qui paraissent encore futuristes aujourd’hui. Je découvre aussi l’Instagram du restaurant et les dizaines de milliers de selfies pris dans cet espace. Je me suis alors dit qu’il y avait quelque chose d’intéressant : si des gens se photographient dans des toilettes, on peut pousser l’idée encore plus loin et réinventer l’objet lui-même. »

Hugo Volpei.
Hugo Volpei.

Le Niçois d’origine corse, tout juste sorti d’HEC, décide alors de mettre son fantasme d’ouvrir un restaurant de côté et se lance à corps perdu dans les WC. Un projet moqué par certains, mais dont d’autres saluent immédiatement l’ingéniosité. « Quand il a fallu lever des fonds, le projet faisait sourire, mais les gens acceptaient quand même de m’écouter grâce à mon parcours à HEC. J’ai eu la chance de rencontrer des investisseurs avec lesquels le courant est tout de suite passé et qui ont cru en moi. Ils ont compris que nous présentions un produit que personne n’avait jamais vu auparavant. »

Il s’entoure alors de son ami d’enfance, designer, pour imaginer un objet à la fois beau et fonctionnel. « Le design a joué un rôle essentiel. Nous arrivions avec un objet très travaillé, présenté d’une manière totalement différente de ce que l’on associe habituellement aux toilettes. Nous prenions le contre-pied de l’univers clinique, froid et purement fonctionnel du sanitaire pour proposer quelque chose de plus désirable, avec un véritable univers de marque. »

Pari gagnant puisqu’il reçoit, l’année dernière, le Prix de l’Audace du Sommet du Luxe et de la Création. « Quand j’ai lancé Trone, j’avais 27 ans et je ne connaissais rien à l’industrie, encore moins à l’industrie sanitaire. Cela a eu des inconvénients. Nos premiers produits n’étaient pas parfaits, nous avons dû corriger des défauts techniques et améliorer leur fiabilité. Mais cette ignorance nous a aussi permis de faire ce que personne dans le secteur n’aurait osé faire.

Un industriel expérimenté voit immédiatement les contraintes : le coût des moules, la complexité du démoulage, les risques de fabrication, la rentabilité. Nous, nous avons d’abord dessiné ce que nous avions envie de voir exister. Ce n’est qu’ensuite que nous avons trouvé les solutions techniques. »

Une belle palette… de toilettes.
Une belle palette… de toilettes.

Trone au Salone del Mobile : la reconnaissance du monde du design

Après huit ans d’existence, Trone est aujourd’hui intronisée dans le monde du design par l’un des événements les plus prisés de la planète : le Salone del Mobile de Milan. La marque y a présenté, en juin dernier, un stand imaginé comme une expérience, où d’impressionnantes arches blanches donnaient la sensation d’un parcours sans fin, un peu à l’image d’Hugo Volpei. « Ce qui m’a frappé, c’est de retrouver des étoiles dans les yeux des visiteurs. D’une manière générale, c’est ce qui se produit à chaque fois que quelqu’un découvre Trone pour la première fois. Nous avons un showroom à Paris et, lorsqu’une personne qui ne nous connaît pas franchit notre porte, la réaction est souvent la même.

Elle découvre Icône, notre premier modèle, son fonctionnement, son design, et il y a immédiatement quelque chose qui se passe. À Milan, par exemple, des visiteurs passaient dans les allées, s’arrêtaient, regardaient de loin, puis entraient sur le stand. On lisait sur leur visage une forme de surprise. Certains se disent que c’est complètement barré, d’autres trouvent ça amusant ou inattendu. Quand on provoque ce type de réaction, on se dit qu’on est en train de faire quelque chose de différent, quelque chose que les autres ne proposent pas. »

Après Callipyge et Altesse, la marque dévoile aujourd’hui son tout nouveau modèle, sobrement intitulé Orgueil. « Avec ce nouveau produit, nous avons voulu pousser la céramique dans ses retranchements. Et pas seulement, puisque tous les matériaux ont été travaillés dans cette logique. Nous cherchions à obtenir un effet de drapé, comme si la matière était un textile que l’on venait plisser ou déformer. Nous avons donc accentué au maximum les mouvements et les déformations de chaque face, à gauche, à droite comme en façade. »

Trone au Salone del Mobile.
Trone au Salone del Mobile.

Des toilettes de luxe fabriquées entre la France et l’Italie

Nul doute que cette nouvelle création, disponible à partir de septembre, trouvera sa place, comme ses prédécesseurs, dans les plus beaux hôtels et restaurants du monde, à l’instar de Season ou des établissements signés par Mauro Colagreco et Stéphanie Le Quellec. Une production réalisée par des céramistes italiens, tandis que la fabrication des lunettes et des abattants est confiée à des entreprises françaises, ce qui explique le positionnement de la marque : le modèle le plus accessible démarre à 1 380 euros.

Un objet de luxe qui ne connaît pas la crise puisque la société d’Hugo Volpei a réalisé, en 2023, une levée de fonds de 5 millions d’euros. « Notre ambition est de fabriquer dans un rayon d’environ 1 000 à 1 500 kilomètres autour de Paris. Si cela peut être fait en France, c’est évidemment idéal. Mais nous ne croyons pas au made in France à tout prix. Ce qui compte avant tout pour nous, c’est de préserver des savoir-faire industriels de proximité et de construire une production cohérente sur le plan économique comme environnemental. »

Et lorsqu’on demande à cet audacieux de 35 ans quel autre objet il aimerait réinventer, Hugo Volpei répond du tac au tac : la piscine. Histoire de tenter, une fois encore, un grand saut dans l’inconnu.

Callipyge, le wc suspendu.
Callipyge, le wc suspendu.

Site internet de Trone.


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