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Avec Seok, le Park Hyatt Paris-Vendôme accueille la première adresse parisienne du chef coréen triplement étoilé Mingoo Kang. Dans un décor sombre et enveloppant signé Hugo Toro, le chef de Mingles, à Séoul, imagine une cuisine coréenne généreuse, précise et pensée pour le partage, entre produits français, traditions coréennes et cocktails aux accents de Séoul.
On avait été quelque peu déroutés lorsque le Park Hyatt Paris-Vendôme avait annoncé la nouvelle mouture de son restaurant gastronomique Pur, dans un décor signé du starchitecte Hugo Toro. Non pas que le décor nous ait déplu, bien au contraire, mais celui-ci jurait presque avec l’ambiance rétro de cet ancien palace, qui semble quelque peu figé dans le temps. Avec l’ouverture de Seok, le nouveau restaurant coréen du chef triplement étoilé Mingoo Kang dans un décor à nouveau confié à Hugo Toro, nous commençons à entrevoir une logique… Si l’on ne sait pas encore si ce dernier poursuivra son aventure avec le Park Hyatt en dehors de ses cuisines, il devient en revanche évident que l’hôtel cherche à projeter une nouvelle image de lui-même.
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Seok, le nouveau restaurant coréen du Park Hyatt Paris-Vendôme
Alors que la Corée a le vent en poupe en Occident, portée par sa K-pop et ses soins futuristes pour la peau et les cosmétiques, Paris n’avait pas encore tout à fait pris le virage de sa gastronomie, approfondissant sous amour inconditionnel pour la cuisine italienne et développant un nouvel attrait pour la cuisine espagnole. Pourtant, méconnue des palais un peu aventureux, la gastronomie coréenne a beaucoup à faire découvrir.
Le chef Mingoo Kang, qui signe avec Seok sa première adresse parisienne, est à la tête de Mingles à Séoul, restaurant triplement étoilé et classé cinquième des Asia’s 50 Best Restaurants en 2025. Son projet parisien est celui d’une découverte de la cuisine coréenne dans toute sa richesse, profondément ancrée dans sa culture, mais travaillée ici avec les meilleurs produits français. Fermentations, équilibre des saveurs, textures et températures composent une cuisine authentique, sans approche fusion, pensée autour du partage et de la générosité.
Notre serveur du soir au Park Hyatt, radicalement converti à l’idéologie du chef — et excellemment formé aux secrets de la cuisine coréenne alors que le restaurant vient tout juste d’ouvrir, plein de bons conseils et de suggestions — explique, alors que nous nous extasions devant la première bouchée d’un poulet frit caramélisé, que Mingoo Kang est, en parallèle de son trois-étoiles, également une figure du poulet frit en Corée avec Hyodo Chicken, sa chaîne de restaurants inaugurée en 2018.
Car plusieurs options s’offrent au dîner chez Seok. Celle d’un menu guidé en six temps, au prix de 95 euros, une bonne idée pour ceux qui ne savent pas exactement dans quoi ils s’embarquent, mais qui sont assez curieux pour se laisser guider par les spécialités du chef. Ou l’option traditionnelle du choix à la carte, l’idéal pour ceux qui savent où ils vont, qui connaissent la cuisine coréenne ou qui savent tout simplement ce qu’ils veulent — ou, au contraire, ce qu’ils ne veulent pas manger.
Cette carte se situe d’ailleurs à mi-chemin entre la structure du repas coréen, où les plats sont disposés simultanément sur la table, et le déroulé d’un dîner français entrée-plat-dessert. Petites assiettes, plats à partager, banchan de saison et condiments arrivent progressivement, permettant à chacun de goûter, composer et partager selon ses envies.
A la carte de Seok
Les entrées jouent dans plusieurs catégories. On peut choisir ce petit roulé de racine de lotus et poire, délicat et relevé au vinaigre, ou cette belle brochette de poulet en deux façons, l’une frite, l’autre bien juteuse. Les Japchae, nouilles de patate douces aux champignons de saisons incarnent le mariage franco-coréen souhaité par le chef alors que les Wanja Jeon, galettes fourrées au porc, donnent à voir un mets typiquement coréen.
Côté plats, place au réconfort. Si le black cod excite les papilles, la réussite vient définitivement du bœuf coréen au barbecue, une côte de bœuf Angus grillée à la sauce soja, qui se déguste ainsi en ssam, avec feuilles de salade, périlla et garnitures. Le même schéma se répète si l’on commande le porc Suyuk, poché, une façon de cuire que dont la France n’a pas forcément l’habitude de connaître mais qui rend à la viande toute sa dimension, sa saveur et sa tendresse.
Le décor coréen imaginé par Hugo Toro
Chez Seok, on remarque à peine le décor tant il répond parfaitement à la proposition culinaire du chef. On connaissait déjà le talent de camélon d’Hugo Toro, maestro de La Minerva, l’hôtel l’Orient-Express à Milan, dans un tout autre registre, évoquant les voyages lointains du train le plus mythique du monde ou encore au Mas de Candille, une adresse solaire et décomplexée. Ici donc, on s’imagine en Corée, mais dans une version loin d’être littérale. Le Pays du matin travaille est bien sûr évoqué, par des couleurs — du noir, du rouge —, par ses formes enveloppantes et sa précision extrême. Mais l’ensemble est sombre, feutré, presque sensuel, comme si l’imaginaire du pays s’était fondu dans l’atmosphère de son berceau d’adoption, le Park Hyatt. A faire attention aux matières, il y a de quoi perdre la tête : de la pierre, du bois, du verre translucide, teinté ou non. La partition est si extrême qu’elle semble naturelle. Encore un coup du maestro.
Parce que l’expérience au restaurant passe aussi beaucoup par le choix de sa table, Seok invite plusieurs scénarii. Au fond, une table privée attend les groupes qui aimeraient rigoler un peu trop fort lors d’un dîner arrosé au makgeolli, un alcool de riz coréen. Un long bar, sur lequel on est confortablement installé sur des tables hautes, permet de voir le ballet de la cuisine. Une brigade carrément nombreuse — et ça fait plaisir à voir — dont chaque élément vient, directement ou non, de Corée. De petites tables plus intimistes sont aussi dispersées dans le dos du comptoir, en duo ou quatuor, et permettent à ceux qui veulent discuter ou apprécier leur dîner en toute intimité sans se laisser happer par le spectacle des chefs en action.
On retient de Seok que le Park Hyatt joue un tour de maître avec cette proposition, à la fois avant-gardiste à Paris et abordable pour ceux qui aiment se faire plaisir dans un écrin tout simplement sublime. Une démonstration de talent de la part de Hugo Toro, qui signe ici un restaurant du soir chaleureux et enveloppant, où Paris et la Corée dialoguent subtilement à travers les matières, les couleurs et la lumière.
Seok au Park Hyatt Paris-Vendôme
5 rue de la Paix, 75002 Paris
Réservations
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