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Encore confidentielle en Europe, la maison japonaise MADISONBLUE inaugure, ce 6 novembre, sa première boutique hors de l'archipel. Une adresse de 50 m² rue Bonaparte, à l'image de sa fondatrice Mariko Nakayama : libre, cultivée et attachée à l'idée d'un vestiaire qui se construit avec le temps.
Il y a des histoires de mode qui commencent par une intuition et d’autres par une rencontre. Celle de MADISONBLUE avec Paris appartient un peu aux deux.
Lorsque Mariko Nakayama découvre la capitale, il y a une dizaine d’années, elle n’y vient pas pour y installer sa marque, encore moins pour conquérir le marché européen. La styliste japonaise, qui a longtemps préféré New York à Paris, est simplement de passage pour visiter une exposition consacrée à Christian Dior. Elle tombe sous le charme. Revient. Deux, puis trois fois par an. Rencontre des Parisiens, s’attache à Saint-Germain-des-Prés. Et finit par envisager ce qui semblait encore improbable : ouvrir ici sa première boutique internationale.
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Une marque confidentielle… en Europe
Fondée à Tokyo en 2014, MADISONBLUE est pourtant loin d’être une nouvelle venue. Avant de créer sa propre maison, Mariko Nakayama a construit son regard au fil de plusieurs décennies passées dans la mode. Styliste à Tokyo dès les années 1980, elle s’installe ensuite à New York à la fin de la décennie, collabore avec plusieurs magazines, notamment le magzaine Interview, fondé par Andy Warhol, et travaille aux côtés de la photographe Ellen von Unwerth. De cette trajectoire entre deux cultures, elle conserve un goût prononcé pour les classiques américains, le vestiaire masculin et une certaine idée de l’élégance décontractée.
À ses débuts, la maison ne propose que six modèles de chemises. Une pièce fondatrice, toujours présente dans les collections, qui résume assez bien sa philosophie : prendre un vêtement familier et lui donner une autre allure. « Je souhaite que les Parisiens portent mes chemises », se souvient la directrice de la boutique, en racontant les premières visites de Mariko à Paris. Les premiers modèles circulent, séduisent quelques clientes et clients français. La créatrice comprend qu’il existe une affinité entre son vestiaire et le goût parisien. Le reste se construit progressivement.
Aujourd’hui, environ 80 % des pièces peuvent se porter indifféremment au masculin ou au féminin. Chemises blanches, chambray, blazers, pièces workwear et pantalons composent un vestiaire qui emprunte au tailoring, aux uniformes et aux vêtements fonctionnels. L’idée n’est pas de reproduire les classiques, mais de les déplacer. Une chemise peut se porter ample, une veste se superposer à une autre pièce, un foulard devenir un élément de silhouette. « Ce ne sont pas les vêtements qui définissent une personne, mais la manière dont chacun révèle naturellement sa propre attitude et son sentiment de liberté », explique Mariko Nakayama.
La fabrication, aussi, reste japonaise. La maison travaille avec plusieurs ateliers de l’archipel, sélectionnés pour leur maîtrise des matières et des finitions. On trouve notamment un piqué de coton japonais à haute densité, des foulards en soie développés avec la maison italienne Mantero, à Côme, ou encore du drap de laine, du beaver et de la laine chevronnée. Les vestes bénéficient de finitions réalisées à la main. À l’œil, les pièces semblent avoir déjà vécu ; au toucher, elles racontent surtout une attention peu commune aux textures et à la construction.
MADISONBLUE in Paris
Au 36 rue Bonaparte, la nouvelle boutique occupe environ 50 m². Le quartier s’est imposé presque naturellement : Mariko possède un appartement rue de Sèvres depuis plusieurs années et ne s’imaginait pas installer sa maison ailleurs. L’adresse parisienne reprend l’esprit du flagship d’Aoyama, à Tokyo, un espace de 450 m² réparti sur trois niveaux, où la mode dialogue déjà avec l’art contemporain. À Paris, quelques œuvres de l’artiste japonais Kansuke Fujii prolongent cette conversation.
La boutique accueille également une capsule exclusive, pensée spécialement pour son ouverture. Le workwear y est réinterprété à travers des matières nobles et un jeu de superpositions : un jumpsuit, une longue jupe jumper, des chemises et des vestes composent un vestiaire volontairement ouvert, dont les pièces peuvent se combiner de multiples façons. À cela s’ajoute une sélection de tee-shirts vintage américains, dénichés aux États-Unis avec le concours d’American Wave, boutique vintage installée à Okinawa, et choisis notamment pour leur iconographie Snoopy des années 1960, dont Mariko est particulièrement friande.
Autre prolongement de cet univers : Le Papier Bleu, un journal édité deux fois par an depuis Paris. Photographies, rencontres et fragments du quotidien y racontent les vêtements autrement. Pour ce premier numéro, la maison explore ce moment particulier où une pièce rencontre celui ou celle qui la porte et finit par lui appartenir. Une collaboration avec le studio créatif parisien Giftshop donne également naissance à une série d’objets exclusifs autour de cette publication.
Boutique MADISONBLUE
36 Rue Bonaparte, 75006 Paris
Site internet
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