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Certains hôtels collectionnent les étoiles, d'autres les célébrités. Le Royal Monceau, lui, cultive depuis près d'un siècle une relation singulière avec les artistes. À quelques pas de l'Arc de Triomphe, derrière sa célèbre marquise rouge, le palace parisien n'a jamais été seulement un lieu où l'on dort. Depuis son ouverture en 1928, il est un lieu de rencontres, de création et d'inspiration, fréquenté par des écrivains, des musiciens, des cinéastes et des collectionneurs venus du monde entier.
Cette histoire commence dans le Paris des Années folles. Dès ses débuts, le Royal Monceau devient l’un des rendez-vous les plus prisés de la capitale. Dans ses salons, son immense bar et son jardin, les figures du monde artistique croisent les représentants du pouvoir politique et économique. Joséphine Baker, Ernest Hemingway, Maurice Chevalier ou encore Mistinguett participent à faire de l’établissement l’un des épicentres de la vie culturelle parisienne.
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L’époque est à l’audace. Les surréalistes bouleversent les codes, le jazz envahit les nuits parisiennes, Gabrielle Chanel redessine la silhouette féminine. Le Royal Monceau s’inscrit naturellement dans cette effervescence, devenant l’un de ces rares lieux capables de capter l’air du temps tout en attirant ceux qui le façonnent.
Après la Seconde Guerre mondiale, le palace poursuit son histoire avec la création. Walt Disney, Joseph Kessel, les maharadjahs d’Indore ou du Cachemire y séjournent à leur tour. Plus tard viendront Michael Jackson, Madonna, Robert De Niro, Lou Reed ou Sofia Coppola. Les décennies passent, mais le Royal Monceau conserve ce statut particulier de refuge pour les personnalités créatives.
Comment Philippe Starck a transformé le Royal Monceau en palace culturel
Pourtant, ce qui rend aujourd’hui l’adresse si singulière ne tient pas uniquement à son histoire. C’est aussi le fruit de la vision de Philippe Starck.
Lorsque le designer entreprend la renaissance du palace, il ne cherche pas à restaurer un décor historique ni à reproduire les codes traditionnels du luxe parisien. Son ambition est tout autre : imaginer un lieu capable de nourrir l’imagination. Pour lui, un hôtel ne doit pas être un simple écrin. Il doit être un espace habité, vivant, traversé par les histoires de ceux qui le fréquentent.
Cette philosophie se retrouve partout dans l’établissement. Dès l’entrée, les salons semblent davantage appartenir à un collectionneur passionné qu’à un palace classique. Les œuvres d’art côtoient les objets chinés, les souvenirs de voyage dialoguent avec les pièces de design. Rien n’apparaît figé ou muséal. Chaque espace donne l’impression d’avoir été construit au fil des rencontres.
La démonstration est encore plus évidente dans les chambres et les suites. Starck les a imaginées comme les appartements de personnages fictifs. Des livres abandonnés sur une étagère, une guitare acoustique posée contre un mur, plus loin des lettres d’amour, un coquillage de Murano ou quelques photographies dissimulées derrière un miroir. Comme si un écrivain, un musicien ou un collectionneur venait tout juste de quitter la pièce.
Cette approche atteint son apogée dans les suites. Certaines portent encore la mémoire de leurs occupants. La Suite Ray Charles, par exemple, rend hommage au musicien qui y vécut. Plus qu’un hébergement, elle devient une forme de transmission, un dialogue discret entre le passé et le présent.
Restaurants, galerie et cinéma : un lieu de vie pour les créateurs
La force du Royal Monceau est d’avoir prolongé cette vision bien au-delà de l’hébergement. L’art irrigue l’ensemble de l’expérience.
La gastronomie d’abord. Le palace abrite deux tables qui comptent parmi les plus singulières de la scène parisienne. Il Carpaccio, seul restaurant italien étoilé de Paris, célèbre l’élégance transalpine à travers la cuisine du duo Oliver Piras et Alessandra Del Favero. À quelques pas, Matsuhisa Paris, adresse imaginée avec le chef Nobu Matsuhisa, mêle influences japonaises et latino-américaines dans un esprit aussi cosmopolite que la clientèle du palace.
Entre les deux, le Bar Long imaginé par Starck agit comme une place de village contemporaine. Sa spectaculaire table centrale remplace le comptoir traditionnel et favorise les échanges, les rencontres improvisées et les conversations qui se prolongent tard dans la soirée.
Mais c’est surtout dans son rapport à la culture que le Royal Monceau se distingue des autres palaces parisiens. L’établissement possède sa propre galerie d’art contemporain, organise régulièrement expositions et événements culturels, et accueille un Art Concierge chargé de guider les hôtes dans l’univers artistique parisien.
Plus rare encore, le palace dispose de son propre cinéma privé. Avec sa programmation, ses avant-premières et ses projections exclusives, il perpétue le lien historique qui unit l’hôtel au monde du septième art. Une singularité presque unique dans l’hôtellerie de luxe française.
Pourquoi le Royal Monceau reste le refuge des artistes à Paris
C’est peut-être là que réside la véritable singularité du Royal Monceau. Beaucoup de palaces accueillent des artistes. Peu sont pensés pour eux. Dans ce palace, l’art constitue le cœur même du projet. L’architecture intérieure, les objets, les restaurants, les expositions, le cinéma et jusqu’à l’atmosphère générale du lieu semblent conçus pour favoriser la curiosité, les rencontres et l’inspiration.
Près d’un siècle après son ouverture, le Royal Monceau demeure fidèle à son ADN. Un palace où l’on vient certes pour le confort, le service ou la gastronomie, mais surtout pour cette sensation plus rare : celle d’habiter, le temps d’un séjour, un lieu où la création continue de vivre.
Le Royal Monceau
37 Avenue Hoche, 75008 Paris
Réservations
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