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Noe DeWitt

Getaway // Evasions

Catskills : nos meilleures adresses Upstate New York, entre nature, design et culture

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À quelques heures de New York, les Catskills cultivent un art de vivre à part : grands espaces, hôtels au design affûté, tables locavores, antiquaires et musées spectaculaires. Si la région se rejoint facilement en voiture depuis Manhattan, elle peut aussi s’aborder en train, notamment via la vallée de l’Hudson. Voici les adresses à connaître pour découvrir cette destination encore relativement confidentielle.

À l’ouest de l’Hudson River, les Catskills forment l’un des grands territoires de nature de l’État de New York. Le massif, qui s’étend principalement sur les comtés d’Ulster, Greene, Delaware et Sullivan, est intégré en grande partie au Catskill Park, vaste ensemble de forêts, montagnes, lacs et terres protégées. La région est aussi, depuis une poignée d’année, le théâtre d’une éclosion rare : celle d’adresses mêlant sophistication et simplicité, le tout à moins de deux heures de New York City.


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Les Catskills, le refuge nature de New York

Dans les Catskills, les sommets dépassent rarement les 1 300 mètres, mais l’impression d’éloignement est immédiate dès que l’on quitte les grands axes. La région est surtout intéressante pour sa capacité à réunir plusieurs plaisirs : randonnée, baignade, ski en hiver, fermes, antiquaires, galeries et hôtels devenus en quelques années de véritables destinations. Elle est d’ailleurs sont intimement liée à la Hudson Valley, territoire qui fut au XIXe siècle le berceau de la Hudson River School et dont les paysages continuent d’attirer artistes, architectes et New-Yorkais en quête d’une échappée verte.

Pour rejoindre les Catskills, la voiture reste de loin le moyen le plus pratique, notamment parce que les adresses sont très dispersées et que les routes permettent de passer facilement d’un village à une ferme ou à un hôtel isolé. Mais la région présente une petite singularité américaine : la vallée de l’Hudson est aussi accessible en train depuis New York, avec des liaisons Metro-North vers Beacon et Amtrak vers Hudson ou Albany. Une fois sur place, mieux vaut toutefois louer un quatre-roues : c’est lui qui permet de réellement comprendre le territoire.

Hudson, un bon point de départ

Hudson mérite mieux qu’un simple arrêt entre deux hôtels. Installée sur la rive est de l’Hudson River, la ville a conservé une vraie vie locale tout en devenant l’un des refuges favoris des New-Yorkais, artistes, antiquaires et amateurs de design. Warren Street, sa grande artère, concentre une étonnante quantité de boutiques, galeries, cafés et restaurants. On y vient pour chiner, boire un matcha, trouver une pièce vintage ou simplement flâner sans programme.

La ville est aussi un excellent point de chute pour explorer les environs, et suffisamment compacte pour se parcourir à pied. Avec son architecture historique, ses vitrines et parfois même le passage d’un train, Hudson possède cette photogénie tranquille qui donne envie de ralentir.

Le temps semble s’être suspendu à Hudson.
Le temps semble s’être suspendu à Hudson. Fanny Liaux Gasquerel

Dormir à Hudson, New York

The Maker, Hudson

The Maker est probablement l’adresse la plus séduisante de la petite ville d’Hudson. Installé dans trois bâtiments historiques, l’hôtel de onze chambres assume une décoration beaucoup plus théâtrale, mélangeant mobilier ancien, objets d’art, textiles et références classiques. Son emplacement, à l’extrémité de Warren Street, axe principal, permet surtout de laisser la voiture et de partir explorer Hudson à pied.

Son restaurant Serre et son bar, plongé dans la pénombre à n’importe quelle heure de la journée, prolongent cette atmosphère très composée, entre cuisine d’inspiration française et décor presque cinématographique. L’hôtel est moins un refuge qu’un véritable point de départ pour explorer la ville.

The Maker accueille ses hôtes dans l’esprit d’une maison bourgeoise.
The Maker accueille ses hôtes dans l’esprit d’une maison bourgeoise.

Pocketbook Hudson

Plus accessible, Pocketbook Hudson est une autre option intéressante pour dormir à Hudson. Installé dans une ancienne manufacture textile, l’hôtel conserve une certaine mémoire industrielle tout en l’habillant d’une décoration contemporaine particulièrement soignée. Son bar est l’un des endroits les plus réussis de la propriété, tandis que le restaurant Ambos travaille notamment la cuisson au feu et les influences argentines de son chef Norberto Piattoni. L’ensemble donne une adresse vivante, plus proche d’un lieu de quartier que d’un hôtel isolé. Une bonne alternative pour ceux qui veulent être au cœur de l’activité de Hudson sans nécessairement viser le niveau de prix de The Maker.

Ambos, la table éclectique de l’hôtel Pocketbook Hudson.
Ambos, la table éclectique de l’hôtel Pocketbook Hudson. Fanny Liaux Gasquerel

Faire du shopping à Hudson, dans la région des Catskills

Trillium Vintage

Pour les amateurs de mode et d’objets vintage, Trillium Vintage est l’une des adresses à inscrire en haut de la liste. Installée sur Warren Street, la boutique fait partie de ces endroits où l’on peut facilement entrer pour regarder et ressortir beaucoup plus tard avec une pièce inattendue. Elle incarne bien cette culture de la seconde main et du vintage qui donne à Hudson une partie de son identité.

Regan & Smith Antiques

À l’autre bout du spectre, Regan & Smith Antiques s’adresse davantage aux amateurs de mobilier et de décoration. Installée au 601 Warren Street, la boutique propose meubles, luminaires et objets décoratifs, avec une sélection pointue qui intéressera les collectionneurs comme les simples curieux. L’adresse est particulièrement réputée pour ses pièces modernistes et ses trouvailles du XXe siècle.

Finch

Finch mérite lui aussi une halte, même pour ceux qui ne cherchent pas précisément à acheter. Cette boutique lifestyle mélange mobilier, décoration, arts de la table, art, luminaires, bien-être et vêtements. Une sorte de condensé du goût Hudson Valley, entre maison de campagne américaine et design contemporain.

Midori

Pour une pause plus légère, Midori est l’adresse matcha à connaître. Une halte idéale entre deux sessions de shopping, pour retrouver cette obsession très contemporaine du thé japonais dans une ville pourtant profondément américaine.

Moto Coffee Machine

Et pour le café, direction Moto. L’adresse joue la carte du coffee shop indépendant avec, en arrière plan, une activité de vente et de réparation de motos.

Un chaï latte, en attendant la réparation de sa moto.
Un chaï latte, en attendant la réparation de sa moto. Fanny Liaux Gasquerel

Les bars pour prolonger la journée à Hudson, New York

Difficile de parler de Hudson sans revenir au bar de The Maker, qui mérite presque une catégorie à lui seul. Le décor, très travaillé, donne l’impression d’entrer dans un cabinet de curiosités mêlé à un salon privé. On y vient pour un cocktail, mais aussi pour l’atmosphère, particulièrement réussie en fin de journée.

Le bar de The Maker fait oublier les heures.
Le bar de The Maker fait oublier les heures.

Même logique chez Pocketbook, où le bar est l’un des espaces les plus séduisants de l’hôtel, plus aéré et industriel qu’à The Maker.

Le bar du Pocketbook Hudson embrasse l’histoire industrielle de ses murs.
Le bar du Pocketbook Hudson embrasse l’histoire industrielle de ses murs. Fanny Liaux Gasquerel

Où manger et dormir dans les Catskills

Wildflower Farms, Auberge Resorts Collection

À Gardiner, Wildflower Farms résume assez bien le nouveau visage des Catskills. Le domaine de 55 hectares s’étend au pied des montagnes, entre prairies, bois, jardins et champs de fleurs sauvages, avec une collection de cabanes, cottages et suites pensées comme des refuges contemporains. L’architecture privilégie le bois, les matières naturelles et une forme de simplicité sophistiquée qui laisse largement le paysage prendre le dessus. Son restaurant Clay mérite à lui seul une halte : la carte travaille les légumes, les fruits, les herbes et les produits issus des fermes voisines, avec une cuisine qui célèbre le mouvement farm-to-table sans tomber dans le discours wellness.

C’est d’ailleurs l’une des signatures des Catskills, où l’on cultive une obsession assez proche de celle de certaines régions californiennes pour les produits locaux, la saisonnalité et une cuisine saine mais jamais punitive. À Wildflower Farms, cette philosophie est poussée jusqu’à la ferme du domaine, qui participe directement à l’approvisionnement de la table. On peut donc simplement venir déjeuner ou dîner, mais dormir sur place permet de profiter pleinement de cette nouvelle idée du luxe rural : moins de démonstration, davantage d’espace, de nature et de temps.

Le restaurant de l’hôtel Wildflower Farms s’ouvre sur ses maisonettes.
Le restaurant de l’hôtel Wildflower Farms s’ouvre sur ses maisonettes.

INNESS

À Accord, INNESS pousse encore plus loin cette idée de retraite contemporaine. Installé sur 90 hectares entre les Catskills et les Shawangunk Mountains, le domaine réunit hôtel, restaurant, golf, piscines, tennis, sentiers de randonnée et espaces de détente. Le décor joue une partition particulièrement réussie entre minimalisme scandinave et Americana rurale : une grande farmhouse, des cabanes en bois, du mobilier vintage et des espaces communs conçus davantage comme une maison de campagne très bien dessinée que comme un resort traditionnel.

Le restaurant mérite lui aussi le déplacement, avec une cuisine méditerranéenne simple et saisonnière, centrée sur les légumes, les pâtes fraîches, le poisson et la viande, avec une large place accordée aux producteurs locaux. Le chef Gabriel Salazar, passé notamment chez Martín Berasategui et plusieurs tables new-yorkaises, y développe également une cuisine au feu de bois particulièrement adaptée à l’esprit du lieu. C’est probablement l’une des adresses qui résument le mieux le Catskills contemporain : un endroit où l’on vient autant pour dormir que pour manger, jouer au golf, marcher, nager ou simplement ne rien faire.

Adresse au goût minimaliste, INNESS est une vraie parenthèse.
Adresse au goût minimaliste, INNESS est une vraie parenthèse. Adrian Gaut

Martindale Chief Diner

À une quinzaine de minutes de Hudson, changement de registre avec Martindale Chief Diner, pour une expérience beaucoup plus américaine. Le diner est précisément le genre d’adresse qui donne du relief à une escapade dans la région : banquettes, café, plats généreux et ambiance locale. Une halte à privilégier plutôt pour le petit déjeuner ou le déjeuner, lorsqu’on veut quitter un instant les adresses design et retrouver une version plus traditionnelle de l’Upstate New York.

Un vrai diner, dans son jus, qui rappelle que les Catskills ne sont pas qu’une terre… de bobos !
Un vrai diner, dans son jus, qui rappelle que les Catskills ne sont pas qu’une terre… de bobos ! Fanny Liaux Gasquerel

Zinnia’s Dinette

À Craryville, sur la Route 23, Zinnia’s Dinette est le genre d’adresse qui mérite de faire un petit détour. Ouvert en 2021 par Amy Lawton, le restaurant revendique une identité de New England fish fry mâtinée de produits et de références de la Hudson Valley : poissons et fruits de mer frits, clam chowder, sandwichs, salades généreuses et légumes de saison composent une carte volontairement décontractée. Mais Zinnia’s vaut aussi pour son décor, avec ses banquettes et ses tabourets orange, sa grande terrasse et cette atmosphère de roadside diner un peu décalé. Le restaurant est devenu particulièrement connu pour sa collection de poissons en conserve, qui compte désormais plus de 800 références venues du monde entier : sardines françaises, conserves portugaises, spécialités américaines ou produits beaucoup plus inattendus.

Culture et architecture dans les Catskills : les détours qui valent le déplacement

Dia:Beacon

Premier arrêt culturel évident : Dia:Beacon, à Beacon, installé dans une ancienne usine Nabisco transformée en immense espace d’art contemporain. La collection de la Dia Art Foundation rassemble notamment des œuvres de Donald Judd, Louise Bourgeois, Agnes Martin, Richard Serra, Andy Warhol et Ed Ruscha. Le lieu mérite largement une demi-journée : ses dimensions permettent de présenter les œuvres à une échelle rarement possible dans un musée traditionnel, tandis que la lumière naturelle et les espaces extérieurs rendent la visite particulièrement agréable.

Louise Bourgeois, installation view, Dia Beacon, Beacon, New York. © The Easton Foundation, New York/Licensed by VAGA at Artists Rights Society (ARS), New York. Photo: Bill Jacobson Studio, New York
Louise Bourgeois, installation view, Dia Beacon, Beacon, New York. © The Easton Foundation, New York/Licensed by VAGA at Artists Rights Society (ARS), New York. Photo: Bill Jacobson Studio, New York

Storm King Art Center

Pour prolonger l’expérience dehors, Storm King Art Center est incontournable. Ce vaste musée de sculpture en plein air, situé à Mountainville, déploie des œuvres monumentales au milieu de centaines d’acres de paysages. On y retrouve notamment Alexander Calder, Henry Moore, Louise Nevelson, Andy Goldsworthy, Roy Lichtenstein ou Richard Serra. Ici, le paysage n’est plus un décor mais une partie intégrante de l’œuvre : prévoir plusieurs heures, de bonnes chaussures et accepter de marcher.

Olana State Historic Site

Autre détour particulièrement recommandé : Olana, ancienne propriété de Frederic Church, l’un des grands représentants de la Hudson River School. La maison, son architecture éclectique et surtout ses panoramas sur l’Hudson Valley permettent de comprendre pourquoi cette région a autant fasciné les peintres américains du XIXe siècle. Associée au Thomas Cole National Historic Site, elle constitue l’un des meilleurs points d’entrée dans cette histoire artistique intimement liée aux Catskills.

Thomas Cole National Historic Site

À Catskill, la maison et l’ancien atelier de Thomas Cole constituent l’autre étape historique majeure. Fondateur de la Hudson River School, Cole a peint ici certains des paysages qui ont contribué à construire l’image romantique de la nature américaine. Le site permet de visiter sa maison, son studio et les paysages qui l’ont inspiré, avec les Catskills en toile de fond. Pour qui s’intéresse à l’art, à l’architecture ou à l’histoire américaine, c’est probablement l’une des visites les plus pertinentes de la région.


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