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Longtemps resté dans l’ombre de ses voisins Boston, New York ou Cape Cod, le Maine s’impose aujourd’hui comme l’une des destinations les plus désirables de la côte Est américaine.
État le plus septentrional de la Nouvelle-Angleterre, bordé par l’Atlantique et le Canada, le Maine séduit autant par ses paysages de forêts et de lacs que par ses villages côtiers, ses hôtels confidentiels, sa scène gastronomique et son mythique lobster roll. Une Amérique plus discrète, plus sauvage, mais dont les voyageurs avertis commencent sérieusement à se passer le mot. En voici notre itinéraire idéal.
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Le Maine, version grand écran
Il faut imaginer une carte où la terre semble avoir été découpée à la hache : une côte irrégulière, hérissée de caps, de baies et d’îles, qui remonte jusqu’à la frontière canadienne. Le Maine est le plus grand des six États de Nouvelle-Angleterre par sa superficie et l’un des moins peuplés des États-Unis : 1,41 million d’habitants seulement en 2025. Surtout, près de 90 % de son territoire est couvert de forêts. À l’intérieur des terres, des milliers de lacs et de rivières, des montagnes, des routes presque désertes ; sur la côte, des phares, des ports de pêche et ces petites maisons en bois qui semblent avoir été dessinées pour une campagne Ralph Lauren.
Le contraste est précisément ce qui rend le Maine intéressant. Au sud, les plages de sable et les stations balnéaires sophistiquées de Kennebunk et Ogunquit ; autour de Portland, une génération de chefs, de designers et de commerçants indépendants ; plus au nord, les paysages deviennent franchement sauvages. À l’est, Bar Harbor sert de porte d’entrée au parc national d’Acadia, tandis que le nord du Maine s’étire en une immense succession de forêts, de lacs et de territoires presque inhabités. Le luxe n’est pas nécessairement une suite avec vue : c’est parfois une route sans réseau, un ponton en bois au milieu de nulle part ou un dîner après lequel il n’y a absolument rien à faire.
Et puis il y a le homard. Impossible de raconter le Maine sans lui, tant le crustacé est devenu l’un des emblèmes de l’État. La pêche au lobster y reste une véritable industrie : en 2025, les pêcheurs du Maine ont débarqué 78,8 millions de livres de homard, pour une valeur de 461 millions de dollars. On le mange ici de mille façons, mais la plus évidente reste le lobster roll : chair fraîche, pain brioché, beurre fondu ou mayonnaise selon les chapelles. Une simplicité presque insolente, à condition de ne pas chercher à la sophisticationner.
L.L.Bean, ou comment le Maine est devenu une affaire de style
Avant de devenir un objet de mode repéré dans les rues de New York ou de Paris, le Boat & Tote de L.L.Bean était surtout un sac utilitaire. La marque, fondée en 1912 à Freeport par Leon Leonwood Bean, commence avec une chaussure de chasse imperméable, la fameuse Bean Boot, imaginée pour les chasseurs et pêcheurs du Maine. Le Boat & Tote apparaît plus tard comme un sac particulièrement robuste destiné notamment au transport de glace ; sa construction en toile épaisse explique en partie pourquoi il a traversé les décennies sans perdre une ride.
À Freeport, à une trentaine de minutes au nord de Portland, L.L.Bean n’est plus seulement une marque : c’est presque une ville dans la ville. Le flagship historique, ouvert tous les jours de 7 h à 22 h, côtoie plusieurs boutiques, dont un outlet. L’occasion parfaite de repartir avec un Boat & Tote personnalisé, mais aussi avec une paire de Bean Boots, ces bottines à semelle caoutchouc et tige en cuir qui restent l’un des objets les plus emblématiques du Maine.
Itinéraire dans le Maine : nos meilleures adresses
Portland, le Maine en version urbaine
Précision utile : Portland n’est pas la capitale du Maine — il s’agit d’Augusta. Mais c’est bien la plus grande ville de l’État et, surtout, son centre de gravité culturel, gastronomique et créatif. Installée autour de Casco Bay, Portland tient sur une péninsule compacte où l’on passe du vieux port aux galeries, des restaurants aux boutiques en quelques minutes. L’Old Port peut être animé, voire franchement bondé en été ; il suffit alors de marcher quelques rues pour retrouver une ville beaucoup plus locale.
The Francis Hotel
Installé dans une ancienne demeure historique de Congress Street, The Francis est l’une de ces adresses qui donnent envie de rester quelques jours de plus. Quinze chambres seulement, chacune avec son caractère, un décor qui conserve les détails victoriens du bâtiment et une atmosphère de maison particulière plutôt que d’hôtel standardisé. Membre de Small Luxury Hotels of the World, l’adresse est aussi idéalement placée pour explorer Portland à pied.
Wayside Tavern
Juste à côté du Francis, Wayside Tavern joue la carte du restaurant de quartier avec suffisamment de précision pour en faire une vraie destination. Cuisine inspirée de classiques européens, assiettes à partager, belle carte des vins et ambiance chaleureuse : exactement le genre d’endroit où l’on atterrit sans programme et où l’on finit par prolonger la soirée.
Longfellow Hotel, an SLH hotel
En face du Francis, le Longfellow Hotel appartient à la nouvelle génération d’hôtels qui ont contribué à changer le visage de Portland. Ouvert dans le West End, il rend hommage au poète Henry Wadsworth Longfellow avec une architecture contemporaine qui dialogue avec les maisons victoriennes du quartier. Le lieu pousse assez loin la question du bien-être — sauna infrarouge privé dans certaines chambres, spa Astraea, massages — sans tomber dans l’esthétique clinique. Et, lui aussi, appartient à Small Luxury Hotels of the World.
Washington Avenue : le nouveau terrain de jeu
Il suffit de rejoindre Washington Avenue pour comprendre pourquoi Portland attire désormais une clientèle plus jeune et plus avertie. Onggi Market & Cafe est l’une des bonnes haltes pour un café et quelques produits coréens, tandis que The Outpost et Izakaya Minato illustrent deux visages très différents de cette nouvelle scène culinaire. Se requinquer avant le diner, Anoche s’est fait une place avec son approche du cidre, des cocktails et de la cuisine de bar.
Un peu plus loin, The Shop by Island Creek Oysters est l’adresse à retenir pour les huîtres, tandis que sa porte voisine en propose une version beaucoup plus estivale : la glace. Une manière très Maine de passer directement du seafood au dessert.
Old Port : lobster roll et shopping
Dans le cœur historique, le front de mer reste évidemment le passage obligé. Le Porthole Restaurant & Pub est l’un des endroits où l’on peut s’installer au bord de l’eau, observer les bateaux et commander le plat local par excellence : un lobster roll. Le lieu est très populaire et ne cherche pas forcément la discrétion, mais c’est aussi ce qui fait son charme.
Pour le shopping, trois adresses permettent de sortir des souvenirs estampillés Maine. Zane s’adresse plutôt aux femmes avec une sélection mode pointue de marques contemporaines (Leset, Dear Frances et même le Français Soeur). JUDITH poursuit dans la même veine tandis que Lazy Sun s’intéresse davantage au vestiaire masculin, entre pièces vintage et sélection japonaise.
Au nord : le Maine devient une expédition
À mesure que l’on remonte vers le nord, Portland paraît presque appartenir à une autre région. Les routes s’allongent, les maisons s’espacent, les forêts prennent toute la place. Le Maine compte environ 70 820 kilomètres carrés de forêts et possède l’un des plus grands ensembles forestiers continus non développés à l’est du Mississippi. C’est ici que l’on vient pour marcher, pagayer, pêcher, observer les élans ou simplement ne rien faire. Une définition du luxe qui n’a pas grand-chose à voir avec celle des grandes villes américaines.
Sur la côte du MidCoast, Camden mérite une halte. The Norumbega, installé dans un château de pierre de 1886 dominant Penobscot Bay, compte seulement onze chambres et cultive un luxe volontairement intime. Plus à l’est, The Brooklin Inn, dans le petit village de Brooklin, propose quatre chambres et une table qui travaille les produits locaux dans un décor de vieille auberge revisitée.
À l’extrême nord-est, Bar Harbor est la base idéale pour découvrir Acadia National Park. Le village peut être animé en haute saison, mais il suffit de s’éloigner vers les routes du parc pour retrouver cette sensation d’immensité propre au Maine. Pour dormir au bord de l’eau, Bar Harbor Inn & Spa reste une valeur sûre, avec son emplacement directement sur le front de mer.
Kennebunk, le chic discret de la côte
En redescendant vers le sud, le paysage change encore. Kennebunk et Kennebunkport ont depuis longtemps attiré une clientèle aisée — et la famille Bush y possède sa résidence d’été. Mais loin d’une ambiance ostentatoire, le charme vient surtout des maisons de bois, des petites routes bordées d’arbres et d’un waterfront particulièrement paisible.
White Barn Inn, Auberge Collection est l’adresse à retenir. L’hôtel, installé dans une ancienne grange et des bâtiments historiques, appartient à Auberge Resorts Collection ; son restaurant White Barn est l’une des tables emblématiques de la côte du Maine. Une destination à part entière, où l’on vient aussi bien dîner que passer la nuit.
Plus au sud, Ogunquit offre une autre lecture de la côte : trois miles de plage, une promenade spectaculaire le long de Marginal Way, Perkins Cove et une atmosphère de petite station balnéaire chic. La ville est souvent présentée comme l’un des villages côtiers les plus séduisants de Nouvelle-Angleterre — à raison, à condition de venir hors des heures de pointe estivales. Pour dormir directement face à l’océan, le Cliff House Maine, perché sur Bald Head Cliff à Cape Neddick, est difficile à battre : 70 acres face à l’Atlantique, 226 chambres et suites, un spa et des vues spectaculaires. Pour une option plus directement balnéaire, le Norseman Resort est installé sur Ogunquit Beach même, une rareté dans la région.
Au sud : York, dernière escale avant le New Hampshire
Encore un peu plus au sud, York offre une dernière respiration avant de quitter le Maine. The Viewpoint Hotel, installé sur Nubble Road, mise sur une architecture contemporaine discrète et surtout sur son emplacement, avec vue sur le fameux Nubble Lighthouse et l’Atlantique.
Puis vient Kittery, tout au bord de la frontière avec le New Hampshire, qui succède bien au Maine sur la côte. Et pour terminer le voyage sur une note très américaine, impossible de ne pas pousser la porte du Kittery Trading Post. Immense magasin dédié à l’outdoor, au camping, à la pêche, au vêtement et à l’équipement, l’adresse ressemble moins à une boutique qu’à une institution locale. On y retrouve tout ce que le Maine raconte depuis le début : une passion pour le grand air, une culture de l’équipement et cette étrange capacité à transformer le fonctionnel en objet désirable.
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