×
hôtel massé paris pigalle éole corto peyron
La décoration de l'hôtel est à la fois radicalement dans l'air du temps... et intemporelle.
Cobey Arner

Hôtels // Evasions

L’hôtel Massé à Pigalle redéfinit l’hôtel parisien

  • Evasions>
  • Hôtels>

Il ne ressemble à aucun autre et a fait grand bruit lors de son ouverture. Inauguré il y a tout juste un an, l'hôtel Massé se distingue par une décoration pensée comme une galerie d’art, des chambres accessibles et un bar-restaurant alléchant, Le Trente. Testé et approuvé.

Ouvert il y a tout juste un an, cette adresse de 40 chambres réparties du rez-de-chaussée au sixième étage se cache rue Victor Massé, dans une artère dynamique des abords de Pigalle. Loin d’ici le quartier rouge, celui qui a écrit quelques-unes des lignes les plus excitantes de l’histoire de Paris, ce Pigalle-là se réinvente. Il est arty, presque bobo, indépendant, parfois décadent : le terrain de jeu parfait pour une adresse comme l’Hôtel Massé.


Lire aussi : Nouveau restaurant, tea-time… le Shangri-La Paris se renouvelle


Car Massé cherche sans le vouloir à réinventer l’hôtellerie à la française. Fondé par Corto et Éole Peyron, c’est presque naïvement que le frère et la sœur se sont embarqués dans l’aventure. Corto, introduit au monde de l’hôtellerie par Adrien Gloaguen, découvre cet ancien établissement de la rue Victor Massé et décide d’en faire un lieu à son image, proposant à sa sœur d’en chapeauter la direction artistique.

Le duo a alors pris à bras-le-corps un vieil immeuble haussmannien et l’ont réinventé avec leur bon goût et, surtout, celui du duo d’architectes Gasparetto Parenti, associé à l’architecte Olivier Guyot. Le bâtiment a été rénové par ce dernier, tandis que l’architecture intérieure a été confiée à Juliette Gasparetto et Julie Parenti qui ont imaginé, pour leur premier hôtel, un décor simple et raffiné, pensé pour que chaque génération puisse y trouver ses repères.

Des chambres abordables aux suites plus confidentielles

Les 40 chambres, d’une superficie comprise entre 12 et 24 m², partagent le même esprit tout en étant toutes différentes. Certaines possèdent un plafond mansardé, d’autres donnent sur les toits en zinc ; certaines sont communicantes, d’autres disposent d’un balcon ou encore d’une baignoire ouverte sur la chambre. Matériaux épurés, lambris, okoumé, pin maritime et moquette beige composent un décor volontairement doux. Le mobilier chiné, avec une prédilection pour les pièces des années 1970, complète cet univers.

Dans le lobby, une jolie sélection de pièces vintage distille déjà l’idée que l’hôtel Massé ne fait pas les choses comme les autres.
Dans le lobby, une jolie sélection de pièces vintage distille déjà l’idée que l’hôtel Massé ne fait pas les choses comme les autres. Cobey Arner

En résulte l’hôtel que certains attendaient, pourvu de petites chambres au prix abordable, entre 200 et 300 euros, idéales pour faire quelques photos Instagram et prendre une bonne nuit de sommeil et quelques plus spacieuses (catégorie « deluxe »), raviront ceux qui cherchent à se reposer à Paris dans un endroit confidentiel, qui leur promet une intimité quasi absolue.

L’art à l’hôtel Massé est partout, mais jamais démonstratif. Dans chaque salle de bains, un carreau signé par l’artiste Héloïse Rival évoque subtilement la réputation sulfureuse du 9e arrondissement. Les œuvres de Sophie d’Esteve habillent les murs des chambres, tandis que celles de l’Espagnol Eduardo Lalanne prennent place dans la salle du petit-déjeuner. L’ébéniste Alexis Mazin signe plusieurs pièces en bois chiné et recyclé, et l’artiste Christian Rosa a réalisé plusieurs œuvres directement sur place lors d’une résidence avant l’ouverture.

Même les détails racontent cette volonté de faire du Massé un lieu habité plutôt qu’un simple hôtel : les viennoiseries viennent du Pain Retrouvé, les produits d’accueil sont signés Typology, les chocolats de bienvenue sont réalisés par Plaq, tandis que les savons sont fabriqués artisanalement par la maison marseillaise Foufour.

Les plus grandes chambres sont dotées d’un coin lounge.
Les plus grandes chambres sont dotées d’un coin lounge. Cobey Arner

Le Trente, le bar-restaurant qui prolonge l’expérience

Accolé à l’Hôtel Massé, Le Trente a été imaginé comme son « meilleur ami ». Installé dans un ancien loft de Pigalle, avec une entrée indépendante au 30, rue Victor Massé, le bar-restaurant s’adresse aussi bien aux habitants du quartier qu’aux voyageurs. Il vient compléter l’offre de l’hôtel avec une carte dédiée au partage, une cuisine qui semble être le reflet gustatif de sa décoration, aussi iconoclaste que pointue, savoureuse et réconfortante. La carte répond à une question simple : que veut-on manger dans un bar ? Les assiettes sont ainsi pensées pour être accumulées et partagées avec, au fil des saisons, avec une constante : la Brioche Trente, signature permanente du lieu, délicieuse création qui fond en bouche.

Une brioche singeant un hot-dog dans une version 100 % végétarienne puisque les champignons shiitakes remplacent la protéine animale.
Une brioche singeant un hot-dog dans une version 100 % végétarienne puisque les champignons shiitakes remplacent la protéine animale. Cobey Arner

Le décor, lui, prolonge naturellement celui du Massé. Façade en marbre vert, grand bar chiné en bois, peinture rouge au sol, assises hautes et basses, petites tables et alcôve extérieure composent un univers conceptuel et brut imaginé une nouvelle fois par Olivier Guyot et le duo Gasparetto Parenti. Les objets sont chinés ou réalisés sur mesure.

On recommande aussi le Trente pour venir boire un verre, ses cocktails étant inédits, pensés pour plaire à tous les goûts. Et puis il y a la musique. Louis, voisin du Trente et passionné de musique, assure la curation autour du vinyle, entre ambient, house, jazz, downtempo et électro. Le lieu est équipé d’enceintes artisanales conçues spécialement pour lui par l’ébéniste JJ Booth.

Le bar-restaurant reprend l’idée d’un décor chic et intemporel qui n’est pas sans rappeler les codes du bistrot.
Le bar-restaurant reprend l’idée d’un décor chic et intemporel qui n’est pas sans rappeler les codes du bistrot. Cobey Arner

Hôtel Massé
32 bis, rue Victor Massé, 75009 Paris
Plus d’informations

Le Trente
30, rue Victor Massé, 75009 Paris
Ouvert du mardi au dimanche, de 17 h à 2 h.

Voir plus d’articles sur le sujet
Continuer la lecture