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Brabus prend le large avec l’AB110, son tout premier yacht

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Au Monaco Yacht Show, la marque allemande a dévoilé en première mondiale l'AB110, un yacht de 33,70 mètres codéveloppé avec le chantier italien AB Yachts. Rencontre à bord avec Constantin Buschmann, CEO et propriétaire de Brabus.

Amarré quai Antoine-Ier pendant toute la durée du salon, il n’est pas passé inaperçu. Carbone apparent, lumières LED, touches de rouge : l’AB110 affichait d’emblée sa filiation avec les supercars qui ont fait la réputation de Brabus, maison fondée en 1977 à Bottrop, dans la Ruhr. « Monaco est un endroit où l’on ressent le pouls du yachting comme nulle part ailleurs », confiait Constantin Buschmann, fils du fondateur Bodo Buschmann. « Cette année, nous faisons quelque chose que nous n’avions jamais fait : présenter le tout premier yacht Brabus. »


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La mer, Constantin Buschmann la tient de son père. « Mon premier souvenir de bateau, c’est un petit bateau ouvert de 25 pieds, dans le port de Newport Beach. Mon père m’emmenait jusqu’à l’île de Catalina. » Une passion qui ne l’a jamais quitté : son dernier bateau personnel mesurait 18 mètres.

Le nautisme n’est pourtant pas une découverte pour la marque. Lancée en 2018 avec le chantier finlandais Axopar, sa gamme de day boats Shadow compte aujourd’hui des propriétaires dans le monde entier. Mais l’AB110 marque un changement d’échelle. Il ouvre une gamme de trois modèles, avec l’AB95 et l’AB150, qui sera dévoilé à Monaco en 2027, année des 50 ans de Brabus.

Bolide dehors, cocon dedans

Sous sa coque en composite, l’AB110 embarque jusqu’à trois moteurs MTU de 2 600 ch chacun, soit 7 800 ch au total. Couplés à une propulsion par hydrojets, ils le propulsent jusqu’à 48 nœuds, avec une vitesse de croisière de 41 nœuds. Un stabilisateur gyroscopique assure le confort en navigation comme au mouillage. Avec 11 500 litres de carburant, il offre une autonomie de 370 milles nautiques à 41 nœuds. Au poste de pilotage, volant et siège Brabus en cuir matelassé rappellent l’habitacle des voitures maison.

À bord, l’univers « Masterpiece » de la marque se décline sur trois ponts, dans un esprit étonnamment feutré. Le salon s’organise autour de deux grands canapés et d’une salle à manger pour huit convives. Dans les cabines, moquette ivoire, plaids anthracite et filets de lumière glissés dans les cloisons composent une atmosphère enveloppante, tout en camaïeu de sable et de gris. Sur le pont, le teck clair répond aux coussins gris perle matelassés en triangles, signature maison, ponctués de vases noirs à facettes et d’un backgammon en bois. Seul le poste de pilotage, avec son volant et son siège en cuir Brabus, rappelle l’habitacle d’un bolide. Quatre cabines accueillent jusqu’à dix invités, dont une suite propriétaire avec dressing. À l’arrière, un garage abrite l’annexe et le jet-ski, avant de se transformer en beach club au ras de l’eau.

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Un nom, une promesse

À ceux qui voient dans l’opération un simple exercice de branding, Constantin Buschmann opposait une vraie coconception. « Imaginez deux équipes littéralement assises à la même table. Dès l’idée initiale, nous développons et dessinons le bateau ensemble. Chacun apporte son ADN, sa philosophie, ce qu’il sait faire de mieux. » Un processus d’un à deux ans, mené avec un chantier fort de plus de trente ans d’expérience dans les yachts rapides.

Pour le CEO, le nautisme n’est pas une activité annexe. « Quand nous entrons dans un secteur, nous le traitons comme notre cœur de métier dès le premier jour. Qu’un client regarde une voiture, une moto ou un superyacht, il attend exactement la même chose. Le nom, c’est la promesse. » Et d’ajouter : « Nos clients sont très connaisseurs. Si ce n’était que du branding, ils le sentiraient à des kilomètres. »

Un point de vue partagé par Giorgio Mattei, vice-président de Next Yacht Group, maison mère d’AB Yachts : « Ce que nous présentons à Monaco n’est pas simplement un yacht, mais le début d’une gamme et d’une collaboration. »

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Le test de la seconde

Venir de l’automobile ne suffit pas, insistait-il : « Soit on devient designer de bateaux, soit on est perdu. Un yacht, ce n’est pas juste une autre voiture. »

Reste la signature maison, le « One-Second-Wow » : l’effet doit être immédiat. « Nos clients ne montent pas à bord avec une calculatrice, expliquait Constantin Buschmann. Un beau bateau, comme une belle montre ou une belle voiture, vous touche au cœur, ou pas. » Chez Brabus, chaque prototype passe d’ailleurs un test : on le montre une seconde, puis on le cache. « Si quelqu’un dit « je ne sais pas », on retourne à la planche à dessin. »

À Monaco, le verdict a été clair : l’AB110 a passé le test.
À Monaco, le verdict a été clair : l’AB110 a passé le test.
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