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Casa Cipriani, dans les coulisses de l’un des clubs les plus exclusifs de Manhattan

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Derrière la façade historique du Battery Maritime Building, à la pointe sud de Manhattan, Casa Cipriani cultive une certaine idée du luxe new-yorkais : celle d’un club privé où l’hospitalité italienne, les codes de l’élégance et la discrétion composent un monde à part. Visite d’une adresse qui ne se livre pas au premier regard.

Cinq ans après son ouverture, Casa Cipriani continue de cultiver le secret. À la pointe sud de Manhattan, face à l’East River, l’adresse occupe le Battery Maritime Building, une ancienne gare maritime édifiée entre 1906 et 1909. Avec sa façade monumentale et ses lignes Beaux-Arts, le bâtiment pourrait presque passer inaperçu au milieu de l’agitation du Financial District. Mais derrière ses portes, les règles changent : seuls les membres du club privé et les clients de l’hôtel sont admis.

L’hôtel a conservé chaque trait de la façade de la gare maritime d’origine.
L’hôtel a conservé chaque trait de la façade de la gare maritime d’origine.

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Un décor inspiré des grands paquebots des années 1930

Le premier contact ne laisse rien deviner de ce qui attend plus haut. Dans le lobby, les assises enveloppantes et les éclairages tamisés composent une atmosphère feutrée. Puis, à mesure que l’on s’enfonce dans les étages, le décor prend une autre dimension. Imaginés par l’architecte français Thierry Despont, les intérieurs mêlent acajou laqué, détails Art déco, œuvres choisies et mobilier italien réalisé sur mesure. Une élégance qui évoque les grands paquebots des années 1930, sans jamais verser dans la démonstration.

Avec 47 chambres et suites, Casa Cipriani privilégie une échelle presque domestique pour un établissement de cette ambition. Les chambres d’angle et les suites avec terrasse offrent des vues dégagées sur le fleuve, le pont de Brooklyn ou, au loin, la statue de la Liberté. Depuis les balcons, le ballet des bateaux rappelle que New York est aussi une ville d’eau. Le tumulte de Manhattan semble soudain appartenir à un autre monde.

La décoration de l’hôtel fait volontairement référence à l’histoire du bâtiment.
La décoration de l’hôtel fait volontairement référence à l’histoire du bâtiment.

Une table à l’abri des regards

C’est peut-être au restaurant que Casa Cipriani révèle le mieux sa véritable nature. L’accès est réservé aux membres du club et à leurs invités, ainsi qu’aux clients de l’hôtel : pas question de s’y attabler par hasard, et encore moins de photographier la salle. La règle est stricte dans l’ensemble du club, où les images et les publications sur les réseaux sociaux sont proscrites. Une discrétion qui prend tout son sens à mesure que se dévoile le ballet d’une clientèle triée sur le volet, où se croisent les figures du gotha new-yorkais, les financiers et les personnalités du monde culturel.

Les suites orientées vers l’East River s’ouvrent sur Brooklyn, à l’instar que les espaces de divertissement du 5e étage.
Les suites orientées vers l’East River s’ouvrent sur Brooklyn, à l’instar que les espaces de divertissement du 5e étage.

À l’intérieur, derrière les grandes baies vitrées, les boiseries d’acajou laqué et les références aux salles à manger des paquebots des années 1930 composent un décor de grand hôtel transatlantique. Mais c’est dehors que le spectacle atteint son apogée : installée en terrasse, la table semble suspendue au-dessus de l’eau, avec le pont de Brooklyn dans le champ, les silhouettes de Manhattan d’un côté et les rives de Brooklyn de l’autre. Une perspective presque panoramique, rare à cette latitude de la ville.

Dans l’assiette, la maison joue la carte des classiques italiens, fidèles à l’héritage de Harry’s Bar, à Venise : carpaccio originel, tagliolini gratinés au jambon, foie de veau à la vénitienne ou artichauts de Torcello, sans oublier le fameux gâteau meringué à la vanille. Une cuisine familière, parfois revisitée, qui ne cherche pas à voler la vedette au cadre et dont les prix, au regard des standards new-yorkais, restent relativement mesurés.

Entre le restaurant, les salons intermédiaires où se tiennent les rendez-vous d’affaires et le bar et le Jazz Café qui accueille des soirées musicales du mardi au samedi, la journée peut s’étirer sans jamais quitter les lieux. Un Negroni à la main, la skyline en toile de fond, Casa Cipriani rappelle alors que le véritable luxe n’est pas tant de se montrer que de pouvoir rester à l’abri des regards.

Le Jazz Café du Casa Cipriani.
Le Jazz Café du Casa Cipriani.

Hôtel Casa Cipriani
10 South St, New York, NY 10004
Site internet


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