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Adèle Le Bras

Tentations // Art

Rencontres de la photographie d’Arles 2026 : 15 expositions à ne pas manquer

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Les Rencontres d’Arles reviennent cet été avec une programmation foisonnante, où grands noms de la photographie, artistes émergents et regards venus du monde entier interrogent notre époque à travers l'image. Entre créations contemporaines, archives revisitées et installations immersives, voici les 15 expositions à ne pas manquer pour parcourir le festival autrement.

Placée sous le signe « Des mondes à relire », la 57e édition des Rencontres de la photographie d’Arles confirme son rôle de laboratoire d’images, où la photographie, l’art contemporain et les archives visuelles se répondent à travers une quarantaine d’expositions officielles et environ 150 lieux en marge du festival. Voici notre sélection de 15 expositions à voir jusqu’au 4 octobre !


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15 expos à ne pas manquer aux Rencontres de la photographie d’Arles

Prix Découverte Fondation Louis Roederer 2026

Tous les ans depuis 2018, la Fondation Louis Roederer met en avant les talents émergents, futurs grands noms de la photographie. Cette année, Magali Paulin, lauréate du Prix 2026, et Phan Quang incarnent une scène qui travaille le réel par le détour. Chez l’une, les dispositifs documentaires se décalent pour faire surgir des zones d’ombre politiques ; chez l’autre, la tradition vietnamienne prolonge la réflexion sur l’archive et la mise en scène du réel, dans un accrochage marqué par les enjeux contemporains.

Espace Monoprix, place Lamartine, 13200 Arles.

Park Chan-Wook, « Par un matin calme »

Le dialogue implicite entre l’artiste Lee Ufan et le réalisateur Park Chan-Wook installe une tension rare entre minimalisme méditatif et cinéma stylisé lors des Rencontres de la photographie d’Arles 2026. Pour la première grande exposition européenne dédiée au travail photographique du réalisateur d’Oldboy et de The Handmaiden, la fondation propose un arrêt sur image en séquences fixes. On découvre un regard spontané inédit, qui prend enfin le temps de voir sans filtre.

Fondation Lee Ufan Arles, 5 rue Vernon, 13200 Arles.

Pooya Abbasian, « Soli-Sombre »

Lauréat du Prix Art & Environnement 2026, Pooya Abbasian part du baccharis invasif (une espèce exotique envahissante) pour composer un paysage mental où la Camargue devient un territoire qui accueille les espèces autant que les récits de déplacés. À travers les procédés anciens et des dispositifs lumineux, l’artiste construit un espace où l’hospitalité évoque aussi les catastrophes écologiques. L’exposition flotte alors entre la mise en avant d’un mythe et la géopolitique du vivant.

Atelier MA, 16 rue Vernon, 13200 Arles.

Gerhard Richter, « Overpainted Photographs »

Célèbre pour ses peintures à la raclette, l’artiste allemand Gerhard Richter est à l’honneur à la Fondation Luma lors des Rencontres de la photographie d’Arles 2026 avec un ensemble consacré aux « Overpainted Photographs », ces tirages recouverts de peinture qui condensent notre rapport à la photographie, à l’abstraction et à l’archive. Dans une succession de petits formats, les paysages floutés ou obstrués de voiles colorés rappellent combien le doute (qu’il soit politique ou perceptif) est au cœur de l’œuvre de Richter et comment il perturbe les certitudes de la vision.

Fondation Luma, 35 avenue Victor-Hugo, 13200 Arles.

Gerhard Richter, Overpainted Photographs, 2026 – 2027La Tour, Galerie Principale, LUMA Arles, France.
Gerhard Richter, Overpainted Photographs, 2026 – 2027
La Tour, Galerie Principale, LUMA Arles, France. Victor&Simon - Grégoire d’Ablon

Soundwalk Collective & Patti Smith, « Correspondances »

Basé sur dix ans de collaboration entre Patti Smith et le fondateur de Soundwalk Collective, Stephan Crasneanscki, « Correspondances » propose une installation immersive qui revisite le rapport entre son et image, pour les entrelacer en un long récit de paysages fragiles et d’histoires humaines. Sur les écrans de la Grande Halle, la voix de la musicienne offre un écho aux lettres entre les deux artistes, tandis que les images composent un flux méditatif sur la mémoire et la vulnérabilité du monde contemporain.

Fondation Luma, 35 avenue Victor-Hugo, 13200 Arles.

Lee Shulman & Omar Victor Diop, « The Anonymous Project. Being There »

Avec « Being There », les archives de diapositives anonymes collectées par Lee Shulman rencontrent les reconstitutions d’Omar Victor Diop, qui se glisse dans ces scènes domestiques d’un autre temps pour en rejouer les codes. Le montage fait apparaître une histoire populaire des représentations familiales, où la présence du photographe africain déplace le regard et redonne une mémoire aux silhouettes écartées de l’histoire.

Ancien Collège Mistral, 2 rue Condorcet, 13200 Arles.

Lee Shulman et Omar Victor Diop, Being There, 2023Avec l’aimable autorisation des artistes.
Lee Shulman et Omar Victor Diop, Being There, 2023
Avec l’aimable autorisation des artistes.

Lara Tabet & Yasmine Chemali, « Le corps vitré »

Lauréates du programme BMW ART MAKERS 2026, Lara Tabet et Yasmine Chemali présentent aux Rencontres de la photographie d’Arles 2026 un projet où l’image photographique se fabrique littéralement à partir du vivant. En soumettant les pellicules à l’action de bactéries et de milieux toxiques, les artistes prolongent une « cartographie personnelle des toxicités enchevêtrées ». À la croisée de l’art, des sciences biomédicales et de l’écologie, les abstractions multicolores qui en résultent deviennent les symptômes d’un environnement saturé de contaminations plutôt que de simples motifs formels.

Cloître Saint-Trophime, 20 rue du Cloître, 13200 Arles.

« Modèle animal, 200 ans de photographie »

En parcourant deux siècles d’images, l’exposition montre comment la photographie a façonné notre regard sur les animaux, qui oscille entre un amour empathique et une exploitation sans filtre. Qu’il soit anatomique, performatif, affectif, éthique ou viral, chaque regard ouvre un chapitre où les différents types d’images (des microphotographies du XIXe siècle aux collages écologiques, en passant par les mises en scène) composent un vaste bestiaire visuel, aussi ludique que fascinant.

La Mécanique Générale, 35 avenue Victor-Hugo, 13200 Arles.

Eliott Erwitt, New York City, États-Unis, 2000Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de Magnum Photos.
Eliott Erwitt, New York City, États-Unis, 2000
Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de Magnum Photos.

Adrien Vautier, « Si tu traverses l’hiver »

Dans une église du XIIe siècle, le projet d’Adrien Vautier poursuit son travail de terrain en Ukraine avec des portraits, des paysages et des intérieurs qui documentent la guerre vue depuis les vies ordinaires. Des corps anonymes étendus aux visages incrédules des rescapés de justesse, l’exposition mêle la rigueur du photojournalisme et une attention au détail qui rend compte d’une temporalité étirée, devenue aussi absurde qu’insupportable.

Église Saint-Julien, place Saint-Julien, 13200 Arles.

« Ghana ! Rêver l’indépendance (1957-1976) »

Cette exposition très documentée rassemble des portraits de studio, des coupures de magazines, des affiches et des livres qui racontent comment l’imaginaire visuel a accompagné la sortie du Ghana de la domination britannique. De Felicia Abban à James Barnor, les images dessinent un pays qui s’invente, naviguant entre utopie panafricaine, modernité urbaine et réalités sociales de la période postcoloniale.

Palais de l’Archevêché, place de la République, 13200 Arles.

Collection Carla Sozzani

À la Villa Bank, un choix de photographies et d’objets issus de la collection Carla Sozzani reconstitue l’œil d’une grande éditrice italienne. Mode, portrait, expérimentation formelle… le parcours fait dialoguer les icônes du XXe siècle et des signatures contemporaines dans une maison pensée comme un laboratoire d’images, où la culture visuelle milanaise trouve un prolongement provençal.

La Villa Bank, 915 chemin de la Batelle, 13200 Arles.

« Come Together », à voir pendant les Rencontres de la photographie d’Arles 2026

En collaboration avec FotoHaus, « Come Together » rassemble des artistes comme Shelby Duncan, Regula Tschumi, Verdiana Albane et Wolfgang Gscheidle, venus interroger l’expérience fondamentale du lien entre les êtres dans un monde fragmenté. L’exposition des Rencontres de la photographie d’Arles 2026 explore également les polarisations idéologiques et les fractures sociales qui nous séparent en s’arrêtant sur les rituels funéraires, les liens familiaux et les rencontres inattendues.

Fondation Manuel Rivera-Ortiz, 18 rue de la Calade, 13200 Arles.

Fonds Bustamante Arles

Installé dans l’église Sainte-Croix, le Fonds Bustamante vient d’ouvrir avec une exposition inaugurale qui met en regard les œuvres du Toulousain Jean-Marc Bustamante et des artistes proches de sa trajectoire, comme Franz West ou Tatiana Trouvé. Les nombreuses photos, peintures et sculptures composent un récit au long cours de la création française, dans un lieu patrimonial repensé par l’architecte d’intérieur Charles Zana.

Église Sainte-Croix, 27 rue de Chartrouse, 13200 Arles.

Paul Kodjo, « Photoromance »

Près de la Fondation Luma, Croisière met en lumière l’œuvre de Paul Kodjo, une figure de la photographie ivoirienne dont les romans-photos mêlent glamour, politique et vie urbaine dans les pages du magazine Ivoire Dimanche. En rejouant ces narrations sérielles, l’exposition montre comment la photographie de studio a aussi été, dans les années post-indépendance, une machine à produire des fictions collectives sur le « miracle ivoirien ».

Croisière, 65 boulevard Émile-Combes, 13200 Arles.

Anne-Lise Broyer, « Méditerranée. Est-ce là que l’on habitait ? »

Depuis près de dix ans, Anne-Lise Broyer parcourt les rives de la Méditerranée, de Carthage à Beyrouth et de Tipasa à Pompéi, en lisant le paysage comme un texte et la ruine comme un mode d’écriture. Dans les tirages d’un gris profond, les mers, les vestiges et les visages se répondent dans un chant photographique élégiaque, inspiré notamment par le film Méditerranée de Jean-Daniel Pollet. Le ressac des images et la littérature tressent alors une mémoire commune du bassin méditerranéen.

Abbaye de Montmajour, route de Fontvieille, 13200 Arles.

Anne-Lise Broyer, Naples, Italie, 2022 | Mer Égée, Grèce, 2025Avec l’aimable autorisation de l’artiste.
Anne-Lise Broyer, Naples, Italie, 2022 | Mer Égée, Grèce, 2025
Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

L’ensemble du programme sur le site des Rencontres d’Arles


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