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Romain Bassenne

Hôtels // Evasions

Château de Richeux : dans l’univers des Roellinger, entre hôtel de charme et gastronomie étoilée

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Au-dessus de la baie du Mont-Saint-Michel, le Château de Richeux n'est pas seulement l'écrin du Coquillage, le restaurant trois étoiles d'Hugo Roellinger. Cette demeure chargée d'histoire est aussi le cœur vivant des Maisons de Bricourt, où l'hospitalité bretonne s'exprime avec une rare sincérité. Entre jardins, salons feutrés et souvenirs de famille, immersion dans l'un des lieux les plus singuliers de la côte d'Émeraude.

Derrière ses murs de pierre blonde et ses jardins tournés vers la mer, la demeure domine l’une des plus belles perspectives de Bretagne. Si beaucoup y viennent d’abord pour découvrir la cuisine d’Hugo Roellinger au Coquillage, ils découvrent rapidement bien davantage qu’un grand restaurant ou un hôtel de charme. Le Château de Richeux est une maison de famille devenue une destination à part entière, où chaque détail raconte une histoire de transmission, de territoire et d’art de recevoir.


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Sur les terres de Roellinger

Le nom Roellinger évoque, selon celui qui l’entend, différentes choses. On pense d’abord au père, Olivier, auteur de la « cuisine corsaire », trois étoiles en son temps qui les a rendu en 2008. Puis au fils, Hugo, promis à une carrière dans la marine marchande qui changea soudainement de cap pour reprendre à sa manière le flambeau familial.

« Roellinger » évoque aussi les épices, celles qui furent les marqueurs de la cuisine d’Olivier et qui, depuis des années, fleurissent sur les étagères des cuistots amateurs grâce à l’impulsion de Mathilde, la sœur. Mais le nom Roellinger désigne également ce qui se dessine autour de Cancale : une petite collection de maisons aussi charmantes que familières, réunies sous le nom des Maisons de Bricourt, dont le Château de Richeux constitue le cœur battant.

Marine et Hugo Roellinger, les tenanciers du Château de Richeux.
Marine et Hugo Roellinger, les tenanciers du Château de Richeux. Anne-Claire Héraud

Une histoire singulière face à la baie du Mont-Saint-Michel

Avant d’être un hôtel, le Château de Richeux est une histoire. Construite dans les années 1920 par l’architecte Yves Hémar, auquel on doit plusieurs demeures emblématiques de la région, cette imposante bâtisse mêle différentes influences architecturales. On y découvre encore aujourd’hui une remarquable mosaïque signée Odorico, l’un des grands noms de cet art décoratif.

La légende locale veut aussi que sa propriétaire de l’époque, proche de Léon Blum, ait reçu ici certaines personnalités qui contribuèrent à l’élaboration des congés payés. « Les congés payés ont été inventés au château », racontent encore avec amusement ceux qui en connaissent l’histoire.

Après la guerre, la demeure tombe progressivement en ruine avant d’être rachetée par la famille Roellinger en 1990. D’abord résidence familiale, elle devient quelques années plus tard une maison d’hôtes. Depuis, elle accueille les voyageurs venus chercher ici une certaine idée de la Bretagne.

Le rez-de-chaussée, ce qui fut d’abord le bistrot d’Olivier Roellinger, abrite désormais Le Coquillage, la table trois étoiles d’Hugo Roellinger.

Le Coquillage offre une vue sans phare sur l’horizon.
Le Coquillage offre une vue sans phare sur l’horizon. Anne-Claire Héraud

Une maison avant d’être un hôtel

Les douze chambres et suites du Château de Richeux, récemment rénovées sous l’impulsion d’Hugo Roellinger et de son épouse Mathilde, qui supervise l’ensemble des Maisons de Bricourt et de leurs restaurants, sont toutes différentes. Certaines prennent la forme de petits cocons intimistes, d’autres de vastes appartements ouverts sur le paysage. Ici une baignoire trône au milieu de la chambre, là une salle de bains a été pensée comme un volume posé au cœur de l’espace.

Toutes sont présentées sur le site internet des Maisons de Bricourt et permettent aux visiteurs de choisir leur univers. Nombreux sont d’ailleurs les habitués qui demandent systématiquement la même chambre lorsqu’ils réservent.

Mais ce qui distingue surtout le Château de Richeux, c’est l’attention donnée aux marques de bienvenue.

Dès l’arrivée, un verre de vin xérès à la main, on est accueilli dans l’un des salons comme on le serait chez des amis. Le salon Jane, du nom de la matriache Roellinger, premier salon historique de la maison, conserve cet esprit chaleureux. Les récentes rénovations ont également vu apparaître le salon Moka, petite salle d’écoute de vinyles et de jeux, ainsi qu’un cabinet de curiosités où Hugo Roellinger expose sa collection de coquillages commencée dans l’enfance.

Cette sensation d’être reçu chez quelqu’un se prolonge au restaurant. Avant le déjeuner ou le dîner, les convives sont invités à passer eux aussi par l’un des salons de la maison Après le repas, ils sont accueillis dans un autre espace ou sur la terrasse pour prolonger la soirée.

La chambre Cardamome jouit de sa propre terrasse.
La chambre Cardamome jouit de sa propre terrasse. Anne-Claire Héraud

La Château de Richeux : un domaine vivant

Dormir au Château de Richeux, plus qu’un luxe matériel, c’est entrer dans l’histoire d’une famille qui écrit les grandes lignes de la gastronomie française depuis plus de cinquante ans.

Parce qu’on les croise, les membres de cette famille. Hugo avant son service. Mathilde veillant aux fleurs qui décorent les chambres et les tables, toutes cultivées sur le domaine.

L’accueil est chaleureux et familier. On vous connaît vite par votre prénom. On s’intéresse — si vous le souhaitez — au déroulé de votre journée pour mieux vous connaître et vous conseiller. Pourquoi ne pas aller déjeuner au Bistrot de Cancale, la table bistrotière de la famille face à l’Atlantique ?

Autour du château, les sept hectares du domaine offrent bien des occasions de flâner. Derrière les bâtiments s’étend un étonnant potager celtique protégé du vent, où poussent herbes aromatiques, fleurs comestibles et légumes destinés aux cuisines du Coquillage. Chaque matin, les récoltes rejoignent directement les fourneaux.

Plus loin, un verger conservatoire rassemble vingt-cinq variétés anciennes de pommiers dont les fruits servent à produire le jus proposé au petit-déjeuner. Même le pain est fabriqué sur place dans un four à bois, selon une longue fermentation qui lui confère une personnalité bien particulière.

Car l’esprit de la famille Roellinger aujourd’hui est celui de la simplicité : un hommage rendu aux trésors de la région, à la mer comme aux pâturages, toujours offert avec le sourire et la bienveillance.

La terre et la mer, les deux piliers de la famille Roellinger.
La terre et la mer, les deux piliers de la famille Roellinger. Anne-Claire Héraud

Château de Richeux
Le Buot, 35350 Saint-Méloir-des-Ondes, France
Réservations


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