Andrea Pugiotto

The Good Mountain :
Les Dolomites, le plaisir de la glisse

Dans la province italienne du Sud-Tyrol, le massif des Dolomites offre une expérience de ski unique et, pour autant, accessible. Avec le forfait Dolomiti Superski, on profite d’un ski trip à travers une douzaine de domaines, au pied d’un massif mythique : parois rocheuses, grandes pentes vierges et forêts, dans un territoire presque à part.

La Sellaronda, l’un des domaines skiables les plus célèbres au monde.
La Sellaronda, l’un des domaines skiables les plus célèbres au monde. Andrea Pugiotto

Au cœur de la vaste chaîne des Alpes, les Dolomites composent un territoire des plus originaux, tant par les paysages majestueux qu’elles donnent à voir que par la composition rocheuse qui les caractérise. C’est un Français, le scientifique Déodat Gratet de Dolomieu qui, à la fin du XVIIIe siècle, va mettre en évidence les particularités géologiques de ce massif montagneux italien – du carbonate double de calcium et de magnésium – et, plus tard, en inspirer le nom.

La terrasse de l’Adler Moutain Lodge, au cœur de l’Alpe de Siusi.
La terrasse de l’Adler Moutain Lodge, au cœur de l’Alpe de Siusi. Andrea Pugiotto

Les sommets, autour des 3 000 m, semblent émerger des entrailles de la terre en formant des à pics d’une perpendicularité vertigineuse. Au cours du XXe siècle, les Dolomites, en grande partie déployées dans la province du Sud-Tyrol (Italie), sont devenues un terrain de jeux de premier ordre pour les passionnés de -montagne. L’alpiniste Reinhold Messner en est sans aucun doute le meilleur ambassadeur, avec ses conquêtes répétées, été comme hiver, des pics les plus réputés : la Marmolada (3 343 m), Piz Boè (3 152 m), Sassolungo (3 181 m), Tre Cime di Lavaredo (2 999 m)…

Le domaine skiable de Stellaronda.
Le domaine skiable de Stellaronda. Andrea Pugiotto

Le territoire s’est aussi mis à la portée du plus grand nombre, s’équipant d’un important dispositif de remontées mécaniques. Ainsi, les Dolomites s’illustrent comme l’un des spots les plus courus en Europe pour le ski alpin. En partie, également, grâce à un forfait spécifique : Dolomiti Superski. Une douzaine de domaines skiables ont décidé de se connecter avec un forfait permettant d’envisager une itinérance sur plusieurs jours. Nul besoin d’un matériel d’expédition pour ce périple : des bons skis de piste, un sac à dos de moyenne contenance pour quelques affaires de rechange sont amplement suffisants.

Le musée MMM Corones a été conçu par le cabinet Zaha Hadid Architects.
Le musée MMM Corones a été conçu par le cabinet Zaha Hadid Architects. Andrea Pugiotto

Car l’une des particularités réside dans le fait que la plupart des stations proposent, très souvent à même les pistes, une offre hospitalière exceptionnelle, où les architectures combinent intelligemment matériaux traditionnels (bois et enduits) et lignes contemporaines. À l’aplomb de Brunico, le Plan de Corones ou Kronplatz – on parle autant l’italien que l’allemand dans le Sud-Tyrol – est une base idéale pour démarrer le périple. Pour se mettre en jambe, ce gros mamelon (2 275 m) dispose d’une collection de pistes déroulées sur quasi tous les versants.

Vue des montagnes des Dolomites.
Vue des montagnes des Dolomites. Andrea Pugiotto

Il serait d’ailleurs dommage de passer à côté des deux pistes noires redescendant sur Riscone ou des 8 km de la Percha-Ried (piste rouge). Le sommet abrite aussi, lieux plutôt uniques pour un domaine skiable, deux musées, le MMM Corones et le LUMEN, consacrés à l’univers de la montagne, ainsi qu’un restaurant, AlpiNN, où le déjeuner devient une véritable expérience gastronomique et panoramique.

Le chalet Rönn, c’est le charme de la montagne combiné au luxe d’un 5-étoiles. 
Le chalet Rönn, c’est le charme de la montagne combiné au luxe d’un 5-étoiles.  Andrea Pugiotto

Skier, souffler, dîner, se lever… et recommencer

Ici, on ne manque pas de s’essayer à l’Erta (piste noire de la coupe du monde féminine), avant de dévaler la Piculin – attention, l’exposition sud peut fortement ramollir la neige – vers le Val Badia. Une navette permet de rejoindre les premières remontées d’Alta Badia, une quinzaine de kilomètres plus au sud, là où la vallée s’est bien élargie. Là, si on dispose d’assez de temps, on peut facilement pousser jusqu’aux pentes de San Cassiano ou Corvara in Badia, à moins de décider de se poser à l’hôtel pour souffler avant les agapes du soir dans l’une des adresses gourmandes du périmètre.

Vue des montagnes des Dolomites.
Vue des montagnes des Dolomites. Andrea Pugiotto

Au choix : le célèbre St. Hubertus, du chef triplement étoilé Norbert Niederkofler, ou La Stüa de Michil, de la famille Costa, pour ne citer que les incontournables. Lever matinal obligé, car la journée promet d’être bien remplie sur la Sellaronda. Cette boucle à ski d’une quarantaine de kilomètres propose une expérience à la fois sportive et contemplative des plus mémorables.

Le domaine skiable de Stellaronda.
Le domaine skiable de Stellaronda. Andrea Pugiotto

Elle se pratique dans les deux sens, passant aux abords de Corvara, Colfosco, Val Gardena, Val di Fassa, Arabba et offrant des points de vue imprenables sur le Piz Boè, au cœur du groupe du Sella ainsi que de la Marmolada… Là encore, en prêtant attention à l’horaire, la descente de ce point culminant des Dolomites par la célèbre piste noire vaut largement le détour, avant la halte du soir – bienvenue – à Alta Badia.

Le domaine skiable de Stellaronda.
Le domaine skiable de Stellaronda. Andrea Pugiotto

Un petit paradis 

À Selva, plutôt que de poursuivre la boucle, on descend jusqu’à Santa Cristina pour remonter jusqu’au col Raiser puis à Seceda (2 518 m). De là, la piste serpente agréablement dans les bois jusqu’à Ortisei. La traversée de la station impose de déchausser pour pouvoir rejoindre la télécabine de St. Ulrich. Après une vingtaine de minutes d’ascension, c’est véritablement un autre monde qui s’offre au regard. On a l’impression d’être arrivé dans un petit paradis, d’ailleurs classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

La terrasse du restaurant St Hubertus.
La terrasse du restaurant St Hubertus. Andrea Pugiotto

« L’Alpe de Siusi est l’alpage le plus haut ­d’Europe, perché à environ 2 000 m, et s’inscrit dans un immense cirque (52 km2), où, comme vous le voyez, le relief est très doux », fait remarquer Angelika -Sattler, propriétaire de l’hôtel Icaro. Le temps d’une pause pour se délester du sac à dos, pari est fait d’aller, si ce n’est déjeuner en tout cas prendre un verre au Zallinger situé à l’extrémité du domaine. Totalement isolé dans un cadre de carte postale, cet hôtel-restaurant ressemble à un petit hameau avec ses chalets au design épuré.

L’Icaro Hotel. 
L’Icaro Hotel.  Andrea Pugiotto

Les horaires des remontées nous poussent à rejoindre l’Icaro pour y passer un joli moment dans la piscine extérieure. Le lendemain, après avoir dévalé la piste Pilat toute récente – 5 km de courbes à travers la forêt pour redescendre sur Ortisei –, plusieurs options sont -possibles : repartir en bus vers Brunico (2 h) pour récupérer, si besoin, sa -voiture, rechausser les skis vers Corvara, pour attraper une navette Cortina Express menant à l’aéroport de Venise, ou prolonger l’aventure en rejoignant le domaine skiable de la Plose, situé sur les hauteurs de Bressanone (1 h de bus).

Le Der Zallinger.
Le Der Zallinger. Andrea Pugiotto

Également intégré à Dolomiti Superski, ce complexe offre une autre expérience des Dolomites, avec ses panoramas très ouverts, et, pour les amateurs, la descente de la Trametsch, la piste la plus longue du Sud-Tyrol, qui se déploie sur quelque 9 km de courbes et 1 400 m de dénivelé. à vos planches ! 

Nos 11 bonnes adresses aux Dolomites

1. L’hôtel Rudolf

À deux pas des remontées mécaniques de Riscone, l’hôtel Rudolf est un camp de base idéal, avec, notamment, ses vastes installations dévolues au bien-être (piscine, spa, sauna…)

> Via Riscone, 33, Brunico. Hotel-rudolf.com


2. Le Lüch Colz

À l’écart du village, cette ferme traditionnelle offre le confort chaleureux de 3 appartements et 2 chambres aménagés dans un agréable mélange de design épuré et de décor rural.

> Strasse Colz Badia, 11, Badia. Luchcolz.it

Le Lüch Colz. 
Le Lüch Colz.  Andrea Pugiotto

3. Le chalet Rönn

Extension de l’hôtel Kolfuschgerhof, le chalet Rönn offre à la fois le charme et le confort d’appartements indépendants et l’agrément des équipements (bar, restaurant, spa) d’un resort 5 étoiles.

> Via Rönn, 7, Colfosco. Chaletroenn.com

Le chalet Rönn. 
Le chalet Rönn.  Andrea Pugiotto

4. L’Icaro Hotel

Installé directement sur une piste de l’Alpe de Siusi, l’Icaro a été entièrement redesigné en bois clair par l’agence MoDus. Une adresse au goût du jour pour les férus de glisse. 

> Piz 18/1, Alpe de Siusi, Castelrotto. Hotelicaro.com

L’Icaro Hotel. 
L’Icaro Hotel.  Andrea Pugiotto

5. L’Adler Mountain Lodge

Au cœur de l’Alpe de Siusi, l’hôtel Adler dispose de vastes terrasses abritant un restaurant ainsi qu’un spa, avec piscine extérieure, ouvert à tous. Parfait pour un after-ski relaxant.

> Piz 11, Alpe de Siusi, Castelrotto. Adler-resorts.com

L’Adler Mountain Lodge. 
L’Adler Mountain Lodge.  Andrea Pugiotto

6. L’AlpiNN

Plus qu’un restaurant de musée, l’AlpiNN est une véritable table gastronomique où le chef étoilé Norbert Niederkofler décline son concept culinaire « Cook the Mountain », dans un décor imaginé par le designer italien Martino Gamper.

> Plan de Corones, Brunico. Alpinn.it

L’AlpiNN. 
L’AlpiNN.  Andrea Pugiotto

7. La Stüa de Michil

Au cœur de l’hôtel Perla, le chef Simone Cantafio anime depuis l’an dernier, avec beaucoup de talent et d’imagination, ce cabinet de curiosités gourmandes imaginé par le maître des lieux, Michil Costa.

> Strasse Col Alt, 105, Corvara in Badia. Laperlacorvara.it

La Stüa de Michil. 
La Stüa de Michil.  Andrea Pugiotto

8. Le restaurant St. Hubertus

Fer de lance gastronomique de l’hôtel Rosa Alpina – désormais appelé Aman –, le St. Hubertus est l’œuvre du chef Norbert Niederkofler, qui en a fait la seule table 3 étoiles du Sud-Tyrol.

> Strada Micurà de Rü, 20, San Cassiano. St-hubertus.it

Le restaurant St. Hubertus. 
Le restaurant St. Hubertus.  Andrea Pugiotto

9. Le Der Zallinger

Cet hôtel-refuge historique se déploie désormais à la manière d’un petit hameau – avec sa chapelle –, grâce aux chalets aux lignes minimales conçus par l’agence noa.

> Via Saltria, 74, Alpe de Siusi. Zallinger.com

Le Der Zallinger.
Le Der Zallinger. Andrea Pugiotto

10. Le LUMEN

L’ancienne station de télécabines historique du Plan de Corones a été transformée par les agences d’architecture EM2 et Demogo en un espace d’exposition remarquable de 1 800 m2 entièrement consacré à la photographie en montagne.

> Plan de Corones, Brunico. Lumenmuseum.it

Le LUMEN. 
Le LUMEN.  Andrea Pugiotto

11. MMM Corones

Parmi les 6 musées imaginés par l’alpiniste Reinold Messner, le MMM Corones, situé au sommet du Plan de Corones, mérite à lui seul une visite, car il est signé du prestigieux cabinet Zaha Hadid Architects.

> Plan de Corones, Brunico. Messner-mountain-museum.it

Le MMM Corones. 
Le MMM Corones.  Andrea Pugiotto

Aller au domaine des Dolomites

Les Dolomites sont le plus rapidement accessibles à partir de l’aéroport de Venise, desservi par Air France (airfrance.fr) et Eaysjet (easyjet.com). De là, vous pouvez louer
une voiture pour le séjour ou emprunter la compagnie de bus Cortina Express (cortinaexpress.it) qui dessert Cortina d’Ampezzo, San Cassiano, Corvara…

> Renseignements : suedtirol.info et dolomitisuperski.com


Thématiques associées