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Domaine de la Reine Margot : échappée royale aux portes de Paris

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Accessible en métro, ce domaine d’un hectare ayant appartenu à Marguerite de Valois vient d'ouvrir ses portes sous la forme d'un bel hôtel de 83 chambres où businessmen comme staycations trouveront leur place.

Un bain de soleil au bord d’une piscine chauffée, une vue panoramique sur le jardin-potager, Paris se fait bien vite oublier. A ceci près que la Dame de Fer trône en toile de fond, ectoplasme sculptural qui raccroche le Domaine de la Reine Margot à son histoire.

La Tour Eiffel n’est jamais loin…
La Tour Eiffel n’est jamais loin… Yann Deret

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Une nuit dans la grande histoire de France

On s’attendait à découvrir Stéphane Bern comme hôte à notre séjour. À moins d’un quart d’heure de marche du métro (que dirait Lorant Deutch de l’arrêt Issy-les-Moulineaux ?), la nouvelle adresse de la collection MGallery d’Accor, branche regroupant les boutique-hôtels qui puisent leur storytelling dans l’histoire du lieu qu’ils habitent, ne pourrait pas mieux en incarner la philosophie. Marguerite de Valois, surnommée la Reine Margot dans le roman d’Alexandre Dumas, se retirait en effet dans ces murs chargés de légende réhabilités depuis, par Jean-Michel Wilmotte.

Acquis par la Reine en 1606, agrandi et remodelé, ce domaine fut son refuge en période de trouble — c’est notamment ici qu’elle pleura son époux, Henri IV, en 1610. Après sa mort, la propriété passa aux mains de nombreux propriétaires mais on retiendra surtout son rôle sacré, le dernier, comme séminaire puis retraite pour la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice dès 1676, un usage dont témoigne la chapelle (désacralisée), grandiose, dans laquelle se tiennent aujourd’hui des dégustations de rhums du monde.

Les architectes ont conservé les lourdes portes de la chapelle et de nombreux autres détails pour donner au domaine sa dimension historique.
Les architectes ont conservé les lourdes portes de la chapelle et de nombreux autres détails pour donner au domaine sa dimension historique.

Les prêtres de Saint-Sulpice, dont une dizaine vivait encore dans ses murs classés Monument Historique avant qu’ils ne menacent de s’écrouler en 2015, demeurent co-propriétaires du domaine avec la mairie d’Issy-les-Moulineaux, et exploitants unique d’un oratoire situé en contrebas du bâtiment principal.

Si les vestiges de ces temps sacrés ont été rénovés (la statue de Monsieur Olier, fondateur de l’ordre), des travaux de grande ampleur ont été entrepris afin de transformer le séminaire en hôtel cinq-étoiles. Plus de quatre années ont été nécessaires pour faire revivre le mythe de Margot sous la forme d’un hôtel ciglé MGallery, le Covid étant passé par là.

La chapelle vue de dehors.
La chapelle vue de dehors. Nicolas Fagot

La nouvelle vie du Domaine de la Reine Margot

A qui ne fait pas attention aux détails, la légende de l’épouse d’Henri IV se fait discrète. Wilmotte & Associés, architectes en charge de la mise à jour et de l’agrandissement des lieux, ayant en effet préférés jouer l’anachronisme au niveau du style et des matériaux employés pour la rénovation.

Dans le bâtiment principal, un beau parallélépipède blanc surmonté d’une coiffe sombre qui accueille un nouvel étage, se suivent la majorité des chambres et suites du Domaine de la Reine Margot, son spa et sa réception. Il a été rénové dans le respect de sa structure d’origine, respectant les engagements des Monuments Historiques. Une nouvelle construction est sortie de terre face à lui, entièrement conçu par l’agence Wilmotte & Associés Architectes, et se déploie sur trois niveaux avec une écriture de façade contemporaine qui dialogue avec celle de l’existant : le jeu de symétries extérieures verticales fait ainsi écho aux vitraux de la chapelle lui faisant face. Il permet à l’hôtel d’atteindre les 83 clés et de jouir d’un grand restaurant ouvert sur une terrasse arborée. Celui-ci connecte avec la chapelle néo-gothique désacralisée dans laquelle se tiennent des dégustations de rhums du monde entier (plus de 400 références), un bar unique au monde.

Le nouveau bâtiment « Sulpice », entièrement conçu par l’agence Wilmotte & Associés Architectes.
Le nouveau bâtiment « Sulpice », entièrement conçu par l’agence Wilmotte & Associés Architectes. Romain Renard
Les chambres de l’hôtel sont fonctionnelles et faciles à vivre.
Les chambres de l’hôtel sont fonctionnelles et faciles à vivre. Yann Deret

Ces deux refuges urbains sont entourés d’un jardin qui reprend la forme que Margot aurait pu connaitre, allant jusqu’à avoir replanté les exactes mêmes espèces d’arbres sous lesquelles la reine déchue aurait pu tenté de trouver la paix. Référencé lui aussi aux Monuments Historiques, il est aujourd’hui identique aux tracés et alignements du 17e siècle et compte 5000 m 2 de plantations, 1000 m 2 de pavements engazonnés et équipés de systèmes de drainage proches des préoccupations écologiques, et une centaine d’arbres variés en plus des 200 fruitiers. Tilleuls, hêtres, chênes et autres arbres nobles typiques du siècle des Lumières ont été recommandés par la direction des Monuments Historiques afin de respecter l’origine du lieu, tandis qu’un choix de plantes plus moderne offre un regard neuf sur la palette végétale qui sont utilisées au bar et au restaurant de l’hôtel, le Marguerite 1606. Le chef Jean-Philippe Perol y convie une cuisine généreuse, à cheval entre les mets clin d’œil à Margot et la royauté (de délicieuses bouchées à la reine notamment, une recette qui n’a, attention, pas été imaginée pour l’épouse d’Henri IV mais pour celle de Louis XV, la reine Marie Leszczynski) et d’autres surprises dans l’air du temps (truite du Pays basque accompagnée de pommes de terre et de chou kale, maquereau cuits à la flamme).

Les réjouissances se poursuivent du côté du spa où un bassin royal jouxte un sauna, un hammam et deux confortables rangées de bains de soleil exposés, donc, face au jardin. Dans la salle de fitness adjacente se tiennent quotidiennement des cours de yoga et de fitness, de quoi aider à la digestion du banquet de la reine… Et, clou du spectacle : les soins Anne Sémonin, une marque française naturelle méconnue qui mérite pourtant son quart d’heure de gloire tant ses protocoles laissent toute la latitude aux thérapeutes d’accompagner les besoins (corps ou visage) de leurs clients et ses produits procurent une sensation de douceur et d’hydratation.

Un véritable havre de paix.
Un véritable havre de paix. Nicolas Fagot

Domaine de la Reine Margot
3 Cr de la Reine Margot, 92130 Issy-les-Moulineaux
Réservations

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