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The Peninsula Hong Kong, péninsule de Kowloon
Le Peninsula, asiatique et british.
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The Good Palace #1 : Notre préféré, The Peninsula à Hong Kong

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Posé au bout de la péninsule de Kowloon, en face de l’île de Hong Kong, ce palace fait partie de ceux où il faut avoir séjourné au moins une fois dans sa vie. Notre choix est très subjectif, forcément.

Dès la sortie de l’avion, de l’autre côté de la passerelle, une jeune femme en uniforme rouge attend. Entre ses mains, une pancarte « Peninsula ». Elle guide ses hôtes dans l’aéroport XXL de Hong Kong, l’un des meilleurs du monde selon l’organisme d’évaluation Skytrax. Norman Foster a vu grand : 610 000 m2 répartis en deux halls et plus de 2,5 km de tapis roulants pour plus de 68,5 millions de passagers, en 2015, et jusqu’à 63 avions par heure. Un raccourci, un autre, la douane, puis l’hôtesse passe le relai à un homme en livrée siglée Peninsula qui nous conduit au Limousine Lounge. Là nous attend l’un des plus beaux emblèmes de l’hôtel : une Rolls-Royce Phantom vert bouteille.

La Rolls-Royce Phantom, une façon élégante de se faire accueillir.
La Rolls-Royce Phantom, une façon élégante de se faire accueillir. DR

Bienvenue au Peninsula Hong Kong. Depuis tout juste quatre-vingt-huit ans, cet hôtel se fait le fer de lance d’un art de vivre très particulier : un pied en Asie, un autre en Grande-Bretagne, sans aucune affectation, avec un naturel presque déconcertant. Quand bien même la mégapole a, en 1997, été rétrocédée par le Royaume-Uni à la Chine, la philosophie reste la même. Posé à Kowloon, juste en face de l’étonnante skyline de Central, signée ici Pei, là Foster, le Peninsula perpétue les traditions d’un groupe hôtelier créé, à Hong Kong, en 1928. Il fallait alors sept jours d’avion pour venir de San Francisco, à bord du fameux China Clipper, opéré par la Pan American. A l’époque, Hong Kong transpirait l’opium. Les filles de mauvaise vie en étaient les héroïnes. A l’époque, la ville puait le soufre et le stupre. Depuis, James Bond et l’homme aux pistolets d’or se sont fait la belle, la ville s’est transformée en gigantesque supermarché pour les Chinois, ceux du continent. Un pays, deux systèmes : les taxes s’évaporent à Hong Kong et les prix affichés en dollars hong-kongais sont 20 % moins élevés que dans le reste du pays. Les plus grandes marques de luxe ou d’électronique n’hésitent devant aucune surenchère pour harponner le chaland.

Le lobby accueille un « tea time » réputé.
Le lobby accueille un « tea time » réputé. DR

Un portier, un autre, une véritable escadrille de grooms s’agite en voyant arriver la Phantom. On passe le lobby doré sur tranche, le check-in se fait dans la chambre. Pour célébrer ses 85 ans, la « grande dame », selon la directrice de la communication de l’hôtel, et en français dans le texte, s’était offert un lifting quasi complet. Dans l’une des villes les plus connectées du monde, la chambre new-age du Peninsula est ultratechno. Le groupe asiatique est l’un des seuls du genre à posséder son propre département de recherche et développement. Soit, au bas mot, une équipe d’une vingtaine d’ingénieurs qui, au sein de The Peninsula Hotels’ Electronic Services Department, a conçu le système. Le son, la lumière, la température, les appels téléphoniques, la radio, le téléviseur, la conciergerie ou encore le spa… Tout, absolument tout, est centralisé et se commande via une tablette ou des écrans tactiles disséminés un peu partout et accessibles en cinq langues, dont le français. Last but not least, on peut même passer des appels longue distance gratuitement. Ambiance « Star Treck » en habits classiques beiges, avec cuir et bois laqués.

Une chambre Grand Deluxe Harbour.
Une chambre Grand Deluxe Harbour. DR
Le dressing-room d’une suite.
Le dressing-room d’une suite. DR

Au menu : réservation au Felix, l’un des neuf restaurants du palace, panoramique, plutôt gastro et véritable curiosité, car c’est du Philippe Starck pur jus et, surtout, presque vintage : il a été conçu en 1994, lors de la construction de la tour qui est venue ­compléter le bâtiment historique.

Le Felix, designé par Philippe Starck.
Le Felix, designé par Philippe Starck. DR

Réservation au spa – l’un des points forts de la chaîne –, ou d’une Mini Cooper, aux couleurs de l’hôtel, avec chauffeur, pour aller faire des courses à Mong Kok, puis à Central, au-dessus d’­Hollywood Road, là où fleurissent antiquaires et jeunes galeries d’art et, enfin, confirmation d’une table pour le tea time, servi chaque après-midi dans le lobby. Certains affirment que prendre le thé au ­Peninsula fait partie des cent choses qu’il faut avoir faites avant de mourir. Une tuerie, assurément. Et qui, de plus, fait défini­tivement fi des soubresauts de l’histoire ! The show must go on, that’s it. 

Par Stéphane Bréhier (@BrehierStephane)

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