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Oskar Metsavaht nous raconte l'histoire de Osklen, intimement liés à Rio de Janeiro et à une forme toute brésilienne de style de vie, 2024 - TGL
Oskar Metsavaht nous raconte l'histoire de Osklen, intimement liés à Rio de Janeiro et à une forme toute brésilienne de style de vie, 2024 - TGL
Marine Mimouni

The Good Look // Fashion

Le luxe accessible du créateur Oskar Metsavaht

Fashion

The Good Look

Ce médecin orthopédiste, pionnier de la mode eco-friendly et artiste polymorphe nous raconte ses mille vies et ses mille et un projets, tous intimement liés à Rio de Janeiro et à une forme toute brésilienne de style de vie, avec sa marque Osklen.

Face à la place Nossa Senhora da Paz, à 300 mètres de la plage d’Ipanema, une boutique, aux tons sobres et de taille humaine, semble montée comme la scénographie d’une exposition artistique. C’est dans ce magasin de la marque Osklen, qu’il a fondée en 1989, qu’Oskar Metsavaht, 61 ans, nous reçoit, confortablement assis dans un fauteuil suspendu en cuir. Une occasion que cet hyperactif saisit pour se poser, analyser ses activités diverses, construire son storytelling qui a valeur de philosophie de vie.


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Portrait de Oskar Metsavaht.
Portrait de Oskar Metsavaht. Marcelo Lince

Ses propos prennent d’abord la forme d’une déclaration d’amour à ce coin de Rio: «Ipanema est bien plus qu’une référence géographique, c’est un concept! Sa plage et ses rues, l’équilibre qui règne entre la vie urbaine et la nature environnante… C’est le lieu démocratique par excellence, le reflet de notre hédonisme, de ce mélange urbain et cosmopolite. Ipanema incarne le désir d’évasion, qui est l’essence de Rio et du Brésil!»

Considéré comme l’un des pionniers du «nouveau luxe», un concept mêlant mode et développement durable, Oskar Metsavaht cumule les casquettes. Artiste, designer de mode, surfeur, aventurier, ambassadeur Unesco du développement durable, ce Brésilien est avant tout médecin orthopédiste de formation et… entrepreneur.

Depuis l’inauguration de la première boutique, à Buzios, en 1989, Osklen a posé son enseigne dans plusieurs pays dans le monde. Aujourd’hui, la marque emploie quelque 900 personnes et compte une soixantaine de magasins au Brésil, tout en maintenant une présence aux États-Unis, au Japon, au Portugal, le premier pays où elle s’est exportée, en 2002.

Considéré comme l’un des pionniers du «nouveau luxe», un concept mêlant mode et développement durable, Oskar Metsavaht cumule les casquettes.
Considéré comme l’un des pionniers du «nouveau luxe», un concept mêlant mode et développement durable, Oskar Metsavaht cumule les casquettes. Pina Messina / Unsplash

Natif de la région du Rio Grande doSul, dans l’extrême-sud du Brésil, Oskar Metsavaht a grandi dans une famille «d’intellectuels au bon goût». Depuis son installation à Rio, au début des années 80, sa curiosité du monde n’a été érodée ni par l’expérience ni par le succès.

Père de trois enfants, qui travaillent tous avec lui, il a récemment inauguré Janeiro, un hôtel-boutique eco-friendly, à Leblon. À l’image de tout ce qu’il entreprend, ce nouveau lieu flatte les sens (affûtés) de ses clients, tout en maintenant un esprit bohème chic. Car aimer les belles choses tout en respectant l’environnement n’a jamais été contradictoire à ses yeux.

Un prêt‑à‑porter « asap »

Ainsi, les pièces d’Osklen suivent les règles du prêt-à-porter «asap», pour as sustainable as possible.
Ainsi, les pièces d’Osklen suivent les règles du prêt-à-porter «asap», pour as sustainable as possible. Charlota Blunarova / Unsplash

«Notre relation avec la nature, l’esthétique mêlant les standards internationaux avec des éléments de notre exotisme, tout ça est présent chez Osklen, précise-t-il. Ici, toutes nos actions sont liées, d’une manière ou d’une autre, à la nature. Même le nom de notre pays, qui vient de l’arbre pau-brasil!»

Ainsi, les pièces d’Osklen suivent les règles du prêt-à-porter «asap», pour as sustainable as possible. De nombreux articles sont issus à 100% de matériaux recyclables, fruits des recherches de terrain d’Oskar Metsavaht, qui se rend régulièrement en Amazonie depuis ses débuts dans la mode.

C’est le cas de plusieurs modèles de chaussures et de sacs à main, conçus en peau de pirarucu, le poisson fétiche des tribus voisines du plus grand fleuve d’Amérique latine. L’homme qui, adolescent, créait ses propres tenues de skateur, affirme avoir toujours agi «en réaction à un besoin concret».

La genèse du projet Osklen ne fait pas exception. «En 1986, j’avais 26 ans. Je devais participer, en tant que médecin, à une expédition sur l’Aconcagua, dans la cordillère des Andes, se remémore Oskar Metsavaht. J’étais chargé d’équiper le groupe en vêtements de haute montagne. Or, cela n’existait pas du tout au Brésil à cette époque.»

Cet urbaniste emblématique est notamment le créateur de la promenade maritime de Copacabana. Une preuve supplémentaire de la relation fusionnelle qui lie Osklen et son créateur à la ville de Rio de Janeiro.
Cet urbaniste emblématique est notamment le créateur de la promenade maritime de Copacabana. Une preuve supplémentaire de la relation fusionnelle qui lie Osklen et son créateur à la ville de Rio de Janeiro. Andrej Lisakov / Unsplash

Après avoir contacté l’Institut suisse de recherche sur la médecine d’altitude, le jeune médecin étudie les matériaux, les techniques de réchauffement et conçoit des vestes de haute montagne, qui rencontreront un franc succès chez les meilleurs alpinistes.

Auteur d’une œuvre artistique polymorphe, composée de photos, de vidéos ou encore d’installations multimédia, Oskar Metsavaht possède un atelier-galerie en face du jardin botanique de Rio. Mais son art n’est pas contenu tout entier dans les murs de ce refuge créatif.

En témoignent les nombreux projets qui ont fait sa réputation, comme l’exposition sur le Christ Rédempteur (2019) ou les multiples collaborations établies entre Osklen et des artistes de renom. La collection Jardins tropicais met ainsi à l’honneur l’œuvre de Burle Marx.

Cet urbaniste emblématique est notamment le créateur de la promenade maritime de Copacabana. Une preuve supplémentaire de la relation fusionnelle qui lie Osklen et son créateur à la ville de Rio de Janeiro.


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