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Gaultier Rimbault-Joffard : l’artiste qui affole les collectionneurs parisiens

Il sculpte la couleur et la lumière. Depuis qu'il a laissé tomber les ordinateurs pour les pots de peinture, Gaultier Rimbault-Joffard multiplie les projets... En son nom.

De l’art de percer sur le marché de l’art. Gaultier Rimbault-Joffard ne se destinait pas à une carrière d’artiste. Formé à l’excellence à l’école d’architecture Penninghen, à Paris, il débute sa carrière d’architecte-designer chez Christian Liaigre, Sarah Lavoine et Pierre Yovanovich. Son métier d’alors consiste à donner vie sur plan 3D à des futurs espaces de vie et à des meubles avant que des artisans les réalisent de leurs mains. Désormais, c’est lui qui use de ses doigts pour donner vie à ses idées. La 3D digitale a laissé place une expression « in real life », un mode de création qui apporte enfin du sens au goût assuré et au trait adroit que le trentenaire développe depuis qu’il sait tenir un crayon.


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Entre l’ébéniste et l’artiste

S’il dessine encore des nus très réalistes sur des bouts de papier « pour passer le temps« , ce sont des supports en bois qui accueillent la plupart de ses créations. « La matérialité est au cœur de mon travail : je considère que la matière brute raconte son histoire si l’on arrive à la laisser s’exprimer. Pour ce faire, je l’organise, je la cadre, tout en laissant précisément un espace libre pour qu’elle raconte ce qu’elle est. »

Car les œuvres de Gaultier Rimbault-Joffard ne dépeignent personne, elles suggèrent… Des paysages, des histoires, des tranches de vie. « Un moment comme un récit peuvent m’inspirer. Quand je travaille sous commande, je parle longuement avec mon client de sa vie, de ses goûts et de ses envies pour composer« , explique-t-il dans l’intimité de son appartement-atelier. Si certains viennent parfois à sa rencontre avec une idée très précise des couleurs et des motifs qu’ils souhaitent voir sur leurs peintures, la plupart du temps c’est en contemplant les toiles déjà existantes de l’artiste que le désir naît.

Chez Gaultier Rimbault-Joffard.
Chez Gaultier Rimbault-Joffard. Sophia van den Hoek

Ce fut par exemple le cas de Kimberley et Leslie Pariente, aux manettes de la curation artistique de l’hôtel Grand Mazarin. « Nous avons acheté à Gaultier trois œuvres suite à un vernissage à Paris ; ces dernières étaient déjà produites et se mariaient à merveille avec la décoration du Grand Mazarin, notre nouvelle adresse parisienne. » Conquise par son travail « remarquable » et « reconnaissable », la famille hôtelière visite régulièrement l’atelier du jeune artiste.

Sculpteur de couleur

Alors si ces peintures ne dépeignent pas, que sont elles ? Elles sont couleur. Les premières toiles de Gaultier Rimbault-Joffard les mettait en scène de façon géographique, comme si chacune devait rentrer dans un moule. Depuis, se sont les dégradés et les décrochages qui l’intéresse. Et, parce qu’il est issu d’une formation académique et technique, l’artiste n’y va pas qu’à l’instinct. Ce sont certes ses tripes et son cœur qui lui dictent les pots à déboucher alors qu’il s’installe dans son atelier du 18e arrondissement. Mais c’est néanmoins un outil inédit, qu’il a lui-même mis au point, qui lui permet de sculpter ses toiles, une sorte de râteau aux rayons parallèles qui creuse sur ses toiles leurs aspérités.

Un outil spécial permet à l’artiste de littéralement sculpter la couleur.
Un outil spécial permet à l’artiste de littéralement sculpter la couleur. Sophia van den Hoek

Comment la couleur est-elle appliquée ? Combien de temps est-il nécessaire pour élaborer une œuvre ? Ces points resteront sans réponse, secrets de fabrication obligent. Car, à la différence des peintres figuratifs qui cherchent (ou pas, d’ailleurs) la perfection d’un visage ou d’une fleur, Gaultier Rimbault-Joffard travaille ses toiles avec le même soin qu’il a par exemple fabriqué un banc en chêne teinté et pieds en Inox qui trône dans son salon, vestige de sa carrière de designer. « J’ai trouvé une nouvelle façon de m’exprimer, étaye-t-il, plus abstraite, certes, mais aussi plus rapide à mettre en œuvre. »

Ses œuvres se vendent parfois au même prix qu’un canapé qu’il dessinait jadis pour ses mentors architectes d’intérieur. À la différence qu’on les imagine achevées en quelques semaines, de la main exclusive de l’artiste — la toile et son cadre, quant à eux fabriqués en banlieue parisienne — et non pas produites en Europe lointaine, acheminées plusieurs mois après leur conception. « Ce que j’aime, c’est faire naître de mes doigts mes œuvres. Je dessine, je sculpte. Le travail manuel participe à mon épanouissement.  »

En journée, en soirée, vues d’un angle ou d’un autre, les œuvres de Gaultier Rimbault-Joffard trouvent différentes expressions.
En journée, en soirée, vues d’un angle ou d’un autre, les œuvres de Gaultier Rimbault-Joffard trouvent différentes expressions. Sophia van den Hoek

La spontanéité et l’imprévisible sont les fondements de la vie d’artiste de Gaultier Rimbault-Joffard. « Le plus beau dans cette toile, avance-t-il en pointant un tableau XL en noir et blanc, c’est que la partie qui attire l’œil est en fait dénuée de peinture et résulte d’une réaction naturelle entre la toile en lin et la peinture noire. »

Gaultier Rimbault-Joffard : artiste à suivre, de Paris à Gordes

De nombreuses autres œuvres ponctuent l’atelier de l’artiste. Ce qui le stimule le plus reste encore les commandes faites par des particuliers, de plus en plus nombreuses. « Les envies de mes clients me stimulent. Ils sont libres de me donner une échelle précise, un colorama, ou un brief plus précis. » A partir de là, l’artiste se réserve le droit d’honorer ou non la commande : « je ne peux pas me forcer à créer sur demande. »

Après s’être invité chez des particuliers au nez fin, le travail de Gaultier Rimbault-Joffard a conquis un nouveau territoire, celui de l’hospitalité. A Paris, c’est donc dans le flambant neuf hôtel Grand Mazarin, premier opus urbain de la famille Pariente, qu’une demie-dizaine de ses toiles se sont vues accrochées. Plus au sud, c’est pour la collection de maison Iconic House que l’artiste a répondu à une commande très spéciale. Il a en effet décliné son amour pour la matière et les jeux de lumière sur… un portail ! La villa, implantée à Gordes, s’inspire de l’art optique popularisé par Vasarely ; c’est ainsi que les deux immenses plaques de métal travaillées in-situ par l’artiste laissent voir à l’automobiliste qui attend qu’elles s’ouvrent devant lui une illusion, comme si la peinture qui les recouvrait était vivante.

Et pour la suite ? « Nul doute qu’il a de belles années devant lui ! » s’enthousiasment les sœurs Pariente. Et nous avec !

Le portrail de Gaultier Rimbault-Joffard au Iconic House Gordes.
Le portrail de Gaultier Rimbault-Joffard au Iconic House Gordes. MR. TRIPPER
Le geste de la main.
Le geste de la main. Sophia van den Hoek
Sophia van den Hoek.
Sophia van den Hoek.
Sophia van den Hoek.
Sophia van den Hoek.

Site internet de Gaultier Rimbault-Joffard


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