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LVMH Watch Week : les 9 (vrais) coups de cœur de la rédaction

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Dans les salons privés de la Samaritaine, Paul Miquel, rédacteur en chef, a pu découvrir en avant-première les nouveautés horlogères du groupe. Il en a retenu 9 coup de cœurs, des tocantes passées au crible d’un regard expert, entre partis pris esthétiques, innovations techniques et désir pur.

Du 19 au 21 janvier 2026, Milan a accueilli la septième édition de la LVMH Watch Week, rendez-vous désormais incontournable de la haute horlogerie contemporaine. Neuf Maisons du groupe — de Bvlgari à Zenith, en passant par Hublot, TAG Heuer, Louis Vuitton ou encore Tiffany & Co. — y ont dévoilé leurs nouvelles créations à un public international de journalistes, détaillants et clients. Une édition placée sous le signe d’un dynamisme créatif assumé, que nous avons eu le privilège d’approcher en amont, à Paris, dans le cadre feutré des salons de la Samaritaine, pour mieux en saisir les intentions et mesurer la portée de ces garde-temps d’exception.


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LVMH Watch Week : Paul Miquel commente ses 10 coups de cœur

TAG Heuer Carrera Seafarer

On l’attendait depuis longtemps, cette réédition contemporaine de la Seafarer des années 50 avec son cadran si singulier doté d’un indicateur des marées aux teintes vintage ! Le tout premier chronographe Seafarer était basé sur un modèle de 1949 appelé « Solunar » (contraction de « solar » et « lunar »), imaginé pour indiquer les heures de marée haute et de marée basse. Il était commercialisé chez Abercrombie & Fitch, haut lieu du lifestyle américain. C’est d’ailleurs le président d’Abercrombie & Fitch qui avait demandé une montre à indicateur de marées à la maison Heuer. Dans ce boîtier de chrono Carrera contemporain équipé du désormais célèbre glassbox, on aime les deux couleurs des quadrants de l’indicateur de marées à 9 heures : le « dark yellow » et le « Intrepid Teal », ce bleu turquoise délavé qui rappelle le nom de l’Intrepid, le yacht vainqueur de l’America’s Cup en 1967.

TAG Heuer Carrera Seafarer

Carrera Chronograph Glassbox 41 mm

Ici, tout se joue presque sur la périphérie du cadran avec ce fameux glassbox qui permet d’apporter des effets bombés de transparence sur la lunette tachymétrique. Un détail ? Certainement pas. Ce qui pourrait être perçu comme une coquetterie stylistique est bien plus que ça : c’est désormais une signature horlogère forte pour la marque qui a réussi ainsi à réinventer la silhouette mythique de ses Carrera tout en conservant les codes des modèles d’antan. Ces versions en 41 mm marquent également un retour de flamme des montres à diamètre plus généreux. Le moteur (TH20-01) embarque tous les éléments d’un mouvement automatique noble avec notamment une roue à colonnes et un embrayage vertical pour une généreuse réserve de marche de 80 heures.

CARRERA CHRONOGRAPH 41MM

Hublot Classic Fusion Yohji Yamamoto All Black Camo

Coup de cœur pour cette nouvelle collaboration entre Yohji Yamamoto et Hublot. La silhouette noire de la Classic Fusion Yohji Yamamoto All Black Camo, éditée en série limitée de 300 pièces, est une petite merveille de discrétion. Le noir a toujours été la couleur fétiche de Hublot. Idem pour le créateur japonais qui, depuis ses débuts dans la mode au début des années 80, a systématiquement « sculpté » ses silhouettes en jouant sur des centaines de textures noires. En 2020, Hublot et Yamamoto avaient écrit le premier chapitre de leur histoire commune avec une Big Bang GMT All Black, lancée pour l’ouverture de la boutique de Ginza, à Tokyo. Puis vint une Big Bang Camo Unico Yohji Yamamoto, introduisant un motif camouflage, traité en relief et intégré au cadran. On retrouve ce motif sur cette nouveauté 2026, dans un boîtier de Classic Fusion de 42 mm. Un trésor de justesse.

Hublot Classic Fusion Yohji Yamamoto All Black Camo

Big Bang Tourbillon Djokovic GOAT Edition

A 119 000 euros la montre, elle ne finira pas sur tous les poignets. Et c’est très bien ainsi. On applaudit aussi le retour en force de Hublot dans le monde du sport, son terrain de jeu créatif favori. La Hublot Big Bang Tourbillon Novak Djokovic GOAT Edition existe en trois versions : trois couleurs pour trois surfaces de jeu du tennis… chaque variante étant proposée dans une séquence numérotée correspondant aux victoires de Djoko. Cela donne 72 bleues (dur), 21 orange (terre battue) et 8 vertes (gazon). Soit 101 montres numérotées mais pas en édition limitée car, pour chacune des futures victoires, Hublot poursuivra la liste ! Mentions spéciales pour la platine du mouvement tourbillon architecturée comme un cordage de raquette de tennis et pour le poids ultra-light de cette montre affichant seulement 56 grammes sur la balance.

Big Bang Tourbillon Djokovic GOAT Edition

Zenith DEFY Revival A3643

C’est simple, on aime tout dans cette Defy Revival. Sa taille de 37 mm de diamètre, la sobriété claire de son cadran argenté soleillé, son mouvement Elite 670 aux performances éprouvées et son bracelet dit « échelle » qui l’habille avec goût. C’est une reproduction relativement fidèle de l’un des premiers modèles Defy de 1969 avec cette lunette à 14 côtés qui lui offre une personnalité unique et différenciante. Tout n’est qu’architecture et design dans cette pièce qui fait revivre un boîtier octogonal robuste à l’allure délicieusement vintage. C’est une montre racée, aux angles forts, aux lignes franches. Pourtant, une fois passée au poignet, la Defy Revival A3643 prend vie et devient terriblement solaire, humaine, douce.

Zenith DEFY Revival A3643

Tiffany & Co Timer

Dans le cadre des célébrations de ses 160 ans, la marque américaine – aujourd’hui propriété du groupe LVMH – a voulu frapper les esprits. Et c’est plutôt réussi ! Cette montre baptisée simplement Timer (en référence aux premiers chronomètres maison datant de 1866) est, selon les mots de Nicolas Beau, vice-président en charge de l’horlogerie chez Tiffany & Co, un exercice de style. A savoir : « la réinterprétation horlogère d’un chronographe par un joaillier ». Cela donne un boîtier en platine, un cadran bleu « Tiffany » en laque multicouches d’une rare profondeur chromatique, des index en diamant taille baguette, poussoirs du chrono et couronne de remontoir en or blanc et, last but not least, une reproduction du motif de l’oiseau de la broche « Bird on a rock » de Jean Schlumberger, perché sur le rotor. Le moteur est un El Primero 400, star des chronos. Seulement 60 pièces. Le prix de 62 000 euros apparaîtrait presque modeste devant tant de justesse.

Tiffany Timer LVMH watch week

Genta Geneva Time Only

Quelle belle surprise ! Du courage et de l’audace, Gérald Genta n’en manquait pas. Celui qu’on surnommait le Picasso de l’horlogerie était un véritable génie de la création horlogère. Désormais dans le giron du groupe LVMH, la marque a présenté ces dernières années des pièces compliquées qui s’appliquaient à réinterpréter les œuvres du maître. L’année 2026 marque un grand changement puisque cette collection Geneva Time Only présente deux modèles d’une grande simplicité – l’entrée de gamme de la maison à moins de 33 000 euros – avec seulement deux aiguilles pour l’heure et les minutes. Ces deux montres sont censées symboliser « l’esprit de Genève » : la première en or rose, la seconde en or blanc. Il faut saluer ici le travail de Mathieu Hegi, directeur artistique à La Fabrique du Temps Louis Vuitton, qui a su capter l’esprit du maître en créant une montre contemporaine (mouvement Zenith Elite inside) que Gérald Genta aurait pu créer. Comme le prouve la forme de ce boîtier ni rond ni carré avec son attache de bracelet centrale. Le mot de la fin pour Laurent Picciotto, le fondateur de la boutique Chronopassion et gourou de la watch community : « Ce sont des montres simples en apparence, mais habitées — exactement comme Gérald savait les imaginer. Une forme de retour aux sources, sincère et émouvante. » Rien à ajouter.

LVMH WATCH WEEK 26 – gérald genta GENEVA TIME ONLY

Daniel Roth Extra Plat Or Rose Squelette

Attention, chef d’œuvre ! Cette montre répondant au doux nom d’Extra Plat Or Rose Squelette, n’est pas simplement une création inédite, c’est un manifeste ultime pour la beauté. La maison Daniel Roth signe ici une interprétation profondément horlogère de l’un de ses modèles les plus emblématiques dans une version intégralement ajourée d’une finesse invraisemblable ; le boîtier en double ellipse ne mesurant que 6,9 mm d’épaisseur. Une véritable prouesse. Inutile de lister ici toutes les qualité de cette pièce à couper le souffle (platines et ponts en or rose, composants en acier poli noir, angles rentrants, chanfreins diaboliques…). Comme un cadre protégeant une tableau, le mouvement squeletté comme en apesanteur est mis en majesté sans ostentation autre que celle de vouloir exister. Cette montre sera l’une des grandes stars de l’année 2026. On en prend ici les paris.

Daniel Roth Extra Plat Or Rose Squelette

Louis Vuitton Escale Worldtime

En 2014, Louis Vuitton présentait une montre baptisée Escale qui concentrait alors dans ses gènes tout son amour du voyage. Une pièce horlogère symbolique qui avait marqué les esprits et écrit un chapitre important de la manufacture. Cette année, Louis Vuitton dévoile une nouvelle série de montres Escale profondément réinventées avec cinq créations inédites qui soulignent le travail accompli, depuis, en termes d’innovation technique, d’excellence de métiers d’art et de désir stylistique grâce notamment aux investissements colossaux déployés pour faire de La Fabrique du Temps Louis Vuitton, l’un des acteurs majeurs du secteur. Notre préférée est l’Escale Worldtime, le pilier historique de la collection revisitée de manière très intelligente dans un boîtier de 40 mm de diamètre en platine intégrant trois disques rotatifs pour indiquer l’heure dans 24 fuseaux horaires via la couronne, sans bouton-poussoir. Symboliques de la passion du voyage de la maison, les 24 drapeaux miniatures autour du cadran sont peints à la main. Un cadran à la texture grainée qui rend hommage à la toile Monogram, qui fête aujourd’hui ses 130 ans.

Louis Vuitton Escale Worldtime

 

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