Alexandre Verhille
Santiago du Chili

Santiago : le boom de l'immigration

En raison de la bonne santé économique du Chili, l’immigration y a augmenté de 210 % depuis 2006, venue surtout d’Amérique latine, mais aussi d’Europe. Un phénomène qui ne s’était plus vu depuis la fin du… XIXe siècle et qui révolutionne aujourd’hui le pays andin.

Un coût de la vie plus élevé qu’en France

Arrivé il y a un an, après une vaine recherche de travail en France au sortir de son master en gestion de qualité, le Marseillais Gilles Augen, 27 ans, continue de demander de l’aide à ses parents pour joindre les deux bouts. « Je me donne encore deux ans, lance-t-il. Si d’ici là je n’arrive pas à gagner un million de pesos par mois [près de 1 300 euros, soit quatre fois le salaire minimum chilien, NDLR], ce qui permet ici de vivre bien, car la vie est chère, je ­repars ! » Elise Roche, 35 ans, a, quant à elle, eu plus de chance. En mars dernier, elle a quitté une excellente situation à Annecy pour réaliser son rêve de vivre à l’étranger, avec son mari et ses deux enfants.

« Nous avions tout à perdre », admet cette ex-responsable marketing international d’une marque de vêtements. Si la vie est ici beaucoup plus chère qu’à Annecy, car il faut payer la scolarité des enfants et la santé, qui sont privées, les salaires n’ont pas de plafond… » Grâce aux relations, essentielles dans ce pays peu formel où le tutoiement et la bise sont transversaux, et aux réseaux sociaux qui fonctionnent à plein, LinkedIn en tête, son mari a obtenu un travail très bien rémunéré, à peine quatre mois après leur ­arrivée.

Si beaucoup de personnes concernées trouvent qu’elle ­arrive finalement beaucoup trop tard, une réforme de la loi sur l’immigration et l’extranéité proposée par le gouvernement devrait enfin être discutée courant 2016. En régularisant, notamment, l’équivalence des diplômes, le Chili pourra peut-être alors ­résoudre son problème : assumer sa croissance.

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