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Saint Laurent par Anthony Vaccarello

Tentations // Style

L’art de vivre selon Anthony Vaccarello pour Saint Laurent s’installe avenue Montaigne

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Dans le cœur rayonnant du Triangle d’Or parisien, Saint Laurent vient d’inaugurer un nouveau flagship au 35–37 avenue Montaigne — un espace pensé comme un « appartement de collectionneur », un écrin intime, immersif, qui n’a rien d’une simple boutique mais tout d’un manifeste esthétique.

Saint Laurent n’a pas seulement ouvert une nouvelle boutique sur l’avenue Montaigne : la maison a posé une pierre de plus dans l’édifice d’un luxe qui ne se raconte plus en vitrines, mais en atmosphères. Le 37, désormais reconfiguré par Anthony Vaccarello après plus de deux années de travaux, se présente comme un appartement de collectionneur. Un espace pensé moins comme un point de vente que comme une résidence privée, silencieuse, architecturale, où la matière précède le discours.


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Saint Laurent inaugure une nouvelle adresse avenue Montaigne

L’adresse, autrefois occupée par l’ambassade du Canada, a été entièrement réimaginée sur trois niveaux. En façade comme à l’intérieur, une même rigueur : lignes pures, absence d’esbroufe, monumentalité retenue. Les murs bruts — recréés plutôt que simplement révélés — répondent au poli des marbres colorés, tandis que les nouveaux escaliers sculpturaux en métal, désormais signature des grands projets de la maison, orchestrent la circulation. Ce même escalier, déjà aperçu dans les concepts de Milan, s’impose ici comme colonne vertébrale et point d’orgue de l’expérience.

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Le directeur artistique de la marque, Anthony Vaccarello, y distille son vocabulaire : tension contrôlée, minimalisme habité, présence sans excès. Chaque pièce, chaque couloir, chaque salon repose sur cette idée d’un luxe qui murmure. L’ensemble forme une succession de chambres, parfois ouvertes, parfois feutrées, parfois presque muséales, chacune proposant son propre rythme aux collections.

Mais ce qui fait vraiment le caractère de cette adresse, c’est la curation — ambitieuse, érudite, presque muséale. La maison a acquis des pièces de mobilier d’une rare cohérence : un daybed dessiné par Paul Poiret pour Atelier Martine dans les années 1930, une table de François-Xavier Lalanne, des fauteuils Süe & Mare, des références à Jean-Michel Frank, à Charlotte Perriand, à Josef Hoffmann. Des choix qui racontent à la fois un goût français pour les lignes sobres et un attachement aux avant-gardes du début du XXe siècle, que Monsieur Saint Laurent collectionnait lui-même.

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Boutique érudite ou galerie d’art ?

L’art contemporain occupe également une place stratégique. La boutique accueille une œuvre majeure de Mark Bradford, Church Lady (2015), issue de la Pinault Collection et encore jamais présentée au public. Le contraste entre la matérialité brute des murs et la surface dense du tableau crée une tension qui structure l’espace autant qu’elle le sacralise.

L’offre, elle, est complète : prêt-à-porter féminin et masculin, maroquinerie, chaussures, accessoires, joaillerie, et même haute parfumerie. Certains flacons de cette dernière, longtemps absents du réseau traditionnel, ne se trouvent pour l’instant que dans ce flagship. L’expérience se veut globale : on y circule lentement, on s’attarde, on s’assoit. La maison assume désormais une dimension d’hospitalité, de confort presque domestique — matcha l’après-midi, champagne en fin de journée — un luxe adouci qui fait écho à l’idée d’un appartement réellement habité.

Au dernier étage, un salon privé domine l’avenue. Les clients peuvent y organiser leur sélection, essayer dans une atmosphère confidentielle, ou simplement profiter de la lumière qui tombe sur une terrasse paysagée. Un espace de retouche est également intégré, preuve que la maison veut assumer une forme de service sartorial moderne, en écho aux ateliers historiques de la rive gauche.

Cette boutique préfigure en réalité le futur du retail selon Saint Laurent : un modèle adaptable, décliné déjà à Milan et promis à d’autres capitales, où la culture locale dialogue avec le langage d’Anthony Vaccarello. À Paris, l’accent est mis sur l’art déco et la scène française de la première moitié du XXe siècle. Ailleurs, le mobilier, les textures et les œuvres seront choisis selon le souffle du lieu, sans jamais trahir l’esthétique maison.

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Boutique Saint Laurent par Anthony Vaccarello, 37, Av. Montaigne, 75008 Paris. Site internet.


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