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The Good City // Getaway

Pourquoi voyager à Chicago plutôt qu’à New York ?

Couronnée pour la septième année consécutive "Best City in the US" par le Condé Nast Traveller, Chicago peine pourtant à s'imposer comme une destination touristique de premier ordre. Plurielle, dynamique et hautement artistique, elle a séduit l'œil du photographe Romain Laprade qui l'immortalise dans son dernier beau livre, la preuve que Windy City vaut le détour...

Alors que l’Arabie Saoudite fait sortir de terre un oasis digne d’un roman d’anticipation, la tendance en matière de voyages est plutôt au retour aux choses simples. Séjours detox, havre de zénitude mais aussi destinations moins prisées des touristes auront la cote en 2024, c’est Expedia qui nous le dit. De passage à Chicago, The Good Life en a profiter pour sonder le potentiel « dupe » de la capitale de l’Illinois.


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Qu’est-ce qu’un dupe ?

Popularisé en début d’année 2023 par une série d’articles publiée outre-Atlantique, le concept du « dupe » implique un produit qui s’inspire d’un autre, plus luxueux, pour créer en une version plus simple — pour ne pas dire cheap. Qui ne s’est pas déjà exclamé devant une veste Zara « on dirait une Chanel ! », tout en en reconnaissant la ressemblance éloignée.

Expedia a repris le concept pour éclairer l’une des tendances que le groupe considère comme forte pour les années à venir. Devant la hausse de la fréquentation de certaines villes, îles ou régions mais aussi de leur coût, des destinations plus méconnues gagnent en intérêt. C’est le cas de Chicago, désigné comme un « petit New York » par certains. À juste titre ?

Picasso a imaginé cette sculpture en 1967, érigée depuis sur Daley Plaza.
Picasso a imaginé cette sculpture en 1967, érigée depuis sur Daley Plaza. Romain Laprade

Chicago et l’architecture

La Tribune Tower (Howells & Hoods, 1925) et son style néo-gothique, les œufs futuristes de Marina City (Bertrand Goldberg Associates, 1967) qui ne sont pas sans rappeler Les Choux à Créteil (Gérard Grandval, 1974) ou encore la tour dans laquelle s’inscrit le St. Regis Chicago (Jeanne Gang, 2020), silhouette longiligne et vitrée, parmi les plus récentes réalisations… A l’instar de New York et de ses buildings révolutionnaires, construits aujourd’hui comme hier, Windy City est un melting-pot de constructions.

Marina City.
Marina City. Romain Laprade

La ville et en particulier le quartier du Loop, où se concentrent les bureaux et grands hôtels, ressemblent à s’y méprendre à Big Apple — dans une version réduite. On y croise des banques d’affaires clinquantes comme à Wall Street, l’Art Institute of Chicago évoque un mariage entre le MET et la Public Library et le métro aérien n’est pas sans rappeler celui qui relie Manhattan à Brooklyn.

Les banques ont pour adresse les plus beaux bâtiments de la ville.
Les banques ont pour adresse les plus beaux bâtiments de la ville. Romain Laprade

Le tout récent River Walk pourrait également faire écho à la désormais célèbre High Line version « low » (basse), une balade piétone qui permet de serpenter le long de la Chicago River au milieu de dizaines de gratte-ciels tous les plus remarquables les uns que les autres.

L’œil de Romain Laprade a su capturer les plus beaux détails de l’architecture de Chicago.
L’œil de Romain Laprade a su capturer les plus beaux détails de l’architecture de Chicago. Romain Laprade

Le développement de Chicago

Comme New York a redoré l’image de son Meatpacking, ancien quartier des abattoirs, en faisant une nouvelle destination tendance peuplée de restaurants, de bars et de clubs sélects, la ville de Chicago et les promoteurs immobiliers investissent pour donner au Fulton Market, dont l’histoire s’apparente à celle du Meatpacking, le même destin. Ce n’est donc pas un hasard si les plus belles collections hôtelières s’y sont installées (Soho House, Ace Hotels, The Hoxton) au même titre que les restaurants des chefs les plus prometteurs de la région (un gagnant de Top Chef America, Joe Flamm, y a fait pousser Rose Mary ; son homologue Michael Voltaggio vient d’y ouvrir Fioretta, un steak house) et que McDonald’s, Google et Dyson y ont déménagé leurs bureaux.

« Même dans ce qui est considéré comme un marché immobilier difficile à Chicago et dans tout le pays, Fulton Market a connu un immense succès car les employeurs savent que, pour attirer les meilleurs talents, ils doivent proposer des espaces de travail axés sur les commodités dans un environnement qui encourage la collaboration et la créativité« , a déclaré à Forbes.com Andy Gloor, PDG de Sterling Bay, propriétaire d’étages de bureaux dans le quartier. Le quartier continue de défier les tendances de la pandémie, abritant non seulement des entreprises mondiales, mais aussi les tout derniers restaurants et bars branchés, des hôtels tendance et des résidences conçues pour l’hospitalité. »

De nombreuses grues s’élèvent donc dans le paysage de Fulton Market, qui donneront bientôt naissance à de nouveaux bâtiments résidentiels et de bureaux, à l’instar de The Dylan et The Row, deux ensembles immobiliers d’environ 300 biens chacun, qui accueillent depuis cette année leurs premiers résidents.

Les quartiers périphériques de la ville sont en pleine mutation.
Les quartiers périphériques de la ville sont en pleine mutation. Romain Laprade

Et les restaurants dans tout ça ?

A l’instar de New York, Chicago est en bonne place au classement des villes les plus dynamiques en matière de gastronomie fine mais aussi de street-food.

Fulton Market peut se targuer de quelques des adresses les plus courues de Windy City. Parmi elles, Au Cheval, une brasserie qui se veut française et qui sert l’un des plus fameux cheeseburgers de la ville. Depuis 2015, la file d’attente ne désemplit qu’aux abords de l’heure du goûter où les tables en duo ne devront patienter « que » 30 minutes pour prendre place. Testé, ce reluisant burger est approuvé par la rédaction, pour la modique somme de 17 dollars (pourboire et frites non inclus).

La gastronomie de Chicago se déguste aussi aussi bien du bout des doigts qu’aux tables étoilées.
La gastronomie de Chicago se déguste aussi aussi bien du bout des doigts qu’aux tables étoilées. Romain Laprade

Remise sur le devant de la scène par la série The Bear (Hulu, 2022), la scène gastronomique de Chicago a belle presse. Les amateurs devront se ruer sur Mr. Beef (666 N Orleans St), l’échoppe pas vraiment sexy tenue depuis 40 ans par la famille Zucchero dont le fils et actuel propriétaire a inspiré à son ami Christopher Storer, le showrunner de la série, le personnage de Carmy Berzatto. Au menu : le fameux italian beef sandwich, la version la plus aboutie (et la plus généreuse) de la spécialité.

Ever fait quant à lui le grand écart avec l’adresse précédente, restaurant lui aussi aperçu dans The Bear, parmi ce qu’il se fait de mieux aux Etats-Unis. Un mois ne sera pas de trop pour espérer obtenir une réservation à la table étoilée du chef Curtis Duffy, une expérience unique qui se déguste avec tous les sens. Un menu en 10 temps vous y coûtera 285 dollars (boissons et pourboire non inclus).


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« Chicago », de Romain Laprade, dont sont issues les photos de cet article, est un ouvrage en édition limitée disponible chez Yvon Lambert au prix de 25 euros.


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