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Val Kilmer s’en est allé, laissant derrière lui une carrière aussi incandescente que chaotique. Magnétique, insaisissable, perfectionniste jusqu’à l’obsession, il était de ces acteurs dont la légende s’écrit autant sur pellicule que dans les marges du scénario. Il avait 64 ans.
Hollywood n’a jamais su quoi faire de Val Kilmer. Trop beau pour être un second rôle, trop insaisissable pour être un premier. Pendant des décennies, il a navigué entre les blockbusters et l’expérimental, avec cette arrogance féline qui le rendait insupportable aux studios et inoubliable aux spectateurs. Le 1er avril 2025, à 65 ans, il s’est éteint, laissant derrière lui une filmographie où chaque rôle semble avoir été gravé dans la pierre par excès de passion.
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Hommage à Val Kilmer
C’est à Los Angeles que Val Edward Kilmer voit le jour en 1959. Surdoué, il entre à la Juilliard School, devenant le plus jeune élève jamais admis. Au théâtre, il brille, mais c’est sur grand écran qu’il s’imprime dans la rétine du public. Top Gun (1986) le propulse au rang d’icône : son Iceman, rival aussi froid que magnétique de Tom Cruise, électrise la pellicule. Pourtant, Kilmer refuse d’être enfermé dans le rôle du beau gosse belliqueux. Il se glisse dans la peau de Jim Morrison (The Doors, 1991) avec une intensité démente, disparaît dans le costume de Batman (Batman Forever, 1995), et tutoie le génie en Doc Holliday, cow-boy agonisant et flamboyant de Tombstone (1993).
Son tempérament ombrageux forge sa légende. Sur les plateaux, il exaspère réalisateurs et partenaires. Son duel d’egos avec Marlon Brando sur L’Île du docteur Moreau (1996) devient une légende d’Hollywood, tout comme ses clashs avec Joel Schumacher ou John Frankenheimer. Mais derrière cette réputation de diva se cache un artisan du jeu, prêt à tout pour habiter ses personnages.
Puis, la lumière s’atténue. Les années 2000 le voient s’égarer dans des projets bancals, avant qu’un cancer de la gorge ne vienne briser sa voix, ce timbre hypnotique qui avait tant contribué à son charisme. Pourtant, même réduit au silence, Kilmer renaît. Son retour dans Top Gun: Maverick (2022), poignant, réconcilie le mythe avec son public. Son documentaire Val (2021), confession brute assemblée à partir d’archives personnelles, révèle un artiste plus fragile qu’on ne l’avait cru.
Kilmer disparaît sans jamais avoir été dompté. Acteur trop vaste pour Hollywood, trop insaisissable pour la postérité. Mais, quelque part, dans un saloon de l’Ouest fantasmé, Doc Holliday vient de poser son verre. « I’m your huckleberry », souffle-t-il une dernière fois. Rideau.
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