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Dans chaque grande ville d'Europe se cache une exposition. Design, photographie, mode, ... de nombreux choix pour se cultiver avec panache - The Good Life
Dans chaque grande ville d'Europe se cache une exposition. Design, photographie, mode, ... de nombreux choix pour se cultiver avec panache.

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The Good Exhibitions : 20 expositions à voir en ce moment

Dans chaque grande ville d'Europe se cache une exposition. Design, photographie, mode, architecture... une multitude de choix pour se cultiver avec panache. The Good Life a sélectionné 20 expositions à admirer en ce moment.

Jan Groover, par Bruce Boince (env. 1968). À droite, Sans titre de Jan Groover (197).
Jan Groover, par Bruce Boince (env. 1968). À droite, Sans titre de Jan Groover (197). Photo Élysée / Fonds Jan Groover

De Bruce Nauman à Peter Knapp, en passant par Alice Neel, 20 expositions ont attisé la curiosité de la rédaction de The Good Life. Visite !

1. L’engagement d’Alice Neel à Paris

Ignorée de son vivant, Alice Neel (1900-1984) fait partie de ces artistes femmes du xxe siècle dont l’œuvre a été réévaluée il y a une dizaine d’années, lorsque le Museum of Fine Arts de Houston, puis la Whitechapel Gallery de Londres lui ont consacré une rétrospective en 2010. Avec une première grande présentation monographique de ses peintures, dessins et aquarelles, le Centre Pompidou lui rend enfin hommage.

Marxist Girl, Irene Peslikis, 1972.
Marxist Girl, Irene Peslikis, 1972. DR

L’exposition révèle l’actualité brûlante de son œuvre profondément féministe et engagée. Alice Neel s’intéressait particulièrement aux personnes en marge de la société américaine, ostracisées à cause de leur couleur de peau, de leur orientation sexuelle, de leur classe sociale ou encore de la radicalité de leur positionnement politique. Elle disait volontiers qu’elle avait toute sa vie « essayé d’affirmer la dignité et l’importance éternelle de l’être humain ». 

Alice Neel, Centre Pompidou, jusqu’au 16 janvier. Centrepompidou.fr 


2. Le monde de Bruce Nauman à Milan

On se souvient toujours des expositions Bruce Nauman, tant elles sont marquantes. Il fait partie de ces artistes qui convoquent la question du corps et qui sollicitent celui du spectateur en l’invitant à participer à ses espaces immersifs. Paroles ou gestes répétitifs, couloirs oppressants, pulsations de lumières, l’art de Bruce Nauman est une expérimentation poussée parfois à l’extrême, une manière de questionner nos façons de voir, de faire et de sentir.

Mapping the Studio II with color shift, flip, flop, & flip/flop (Fat Chance John Cage), 2001.
Mapping the Studio II with color shift, flip, flop, & flip/flop (Fat Chance John Cage), 2001. Bruce Nauman / SIAE

Organisée par Pirelli HangarBicocca, en collaboration avec la Tate Modern de Londres et le Stedelijk Museum d’Amsterdam, l’exposition s’étend sur plus de 5 000 m2. Elle rassemble une trentaine d’œuvres – des tunnels, des modèles sculpturaux d’architecture souterraine, des néons, des installations vidéo et sonores – et offre un large panorama des recherches menées par l’artiste américain avec l’architecture, la lumière, le son, le langage et la vidéo depuis un demi-siècle.

Bruce Nauman. Neons, Corridors & Rooms, Pirelli HangarBicocca, jusqu’au 26 février. Pirellihangarbicocca.org


3. Des bribes de dessins originels à Lausanne

L’art brut fait l’objet de recherches passionnantes. À Lausanne, ce sont les passerelles avec la bande dessinée qui sont explorées. Rétifs aux conventions, aux codes, les deux univers ont associé textes, images, onomatopées, pictogrammes ou bulles… En puisant dans le fonds de la Collection de l’art brut (à Lausanne), en ouvrant aussi ses recherches à des collections muséales ou privées, ainsi qu’à des ateliers alternatifs actuels, le commissaire de l’exposition, Erwin Dejasse, donne accès à un bouquet d’œuvres singulières.

Clemens Wild, sans titre, 2012.
Clemens Wild, sans titre, 2012. Atelier Rohling

On reconnaît la patte faussement naïve d’Henry Darger, qui conservait les journaux de manière irrépressible et qui s’est inspiré des comics pour nourrir son épopée des Vivian Girls. On découvre d’autres maestros, comme le formidable Daniel Johnston qui convoque les superhéros Marvel dans ses dessins compulsifs au stylo à bille. 

Art brut et bande dessinée, Collection de l’art brut, jusqu’au 26 février. Artbrut.ch


4. Sculptures XXL à Athènes

Les sculptures et installations de Katharina Fritsch, issues d’une combinaison de techniques de sculpture traditionnelle avec de la production industrielle, se distinguent souvent par leur monumentalité.

Octopus, 2006-2009.
Octopus, 2006-2009. OSDEETE / Courtesy the artist and Matthew Marks Gallery / Ivo Faber

Qu’elle développe l’effigie XXL d’objets du quotidien, d’animaux ou d’humains réduits à leurs archétypes, l’artiste parvient à la fois à capter notre imaginaire par la familiarité de son art et à mettre en jeu, par le biais du changement d’échelle, des significations nouvelles. Dans le bel espace de la Collection George Economou, Katharina Fritsch crée un environnement sur le thème du crépuscule.

Katharina Fritsch, The George Economou Collection, jusqu’au 24 mars. Thegeorgeeconomoucollection.com


5. Une drôle de parade à Helsinki

Sons d’ambiance, voix chuchotées, décor pétrifié ou recouvert de cendres… Hans Op de Beeck sait nous transporter dans un ailleurs onirique. Ses environnements, toujours teintés d’un gris monochrome et entêtant, ressemblent à
des scènes de théâtre où le spectateur vient prendre place.

L’exposition The Quiet Parade. 
L’exposition The Quiet Parade.  DR

L’installation The Quiet Parade est un paysage nocturne empli de figures mystérieuses – un enfant qui dort enveloppé sous une couverture sur un canapé, un gâteau d’anniversaire surdimensionné, un couple d’adolescents qui se tient la main au bord d’une falaise –, autant d’étapes ou de rencontres sur le parcours de la visite qui sont le point de départ d’histoires propres à stimuler notre imaginaire. 

Hans Op de Beeck. The Quiet Parade, Amos Rex, jusqu’au 26 février. Amosrex.fi


6. L’œil de Peter Knapp à Winterthur

Sept cents photographies de Peter Knapp ont été cédées à la Fotostiftung Schweiz de Winterthur ; cela valait bien une rétrospective en retour. Typographe, graphiste, photographe, le Suisse Peter Knapp a révolutionné le monde de la mode dans les années 60 et 70. Accompagnant la libération du corps des femmes, l’avènement de la minijupe et des motifs empruntés à l’op art, il a été directeur artistique du magazine Elle.

Photo pour Vogue, modèle Rita Scherrer, Paris, 1967.
Photo pour Vogue, modèle Rita Scherrer, Paris, 1967. Peter Knapp

Il en a bousculé les codes, utilisant les doubles pages comme des terrains de jeu graphique où tout était permis. Passant derrière l’objectif, il a réalisé des photos de mode où les mannequins étaient lâchés dans la rue. Au-delà de l’œuvre de Peter Knapp, l’exposition fait revivre l’ambiance des sixties et les transformations sociétales qui les caractérisent.

Peter Knapp, Mon temps, Fotostiftung Schweiz, jusqu’au 12 février. Fotostiftung.ch


7. This is England à Londres

Moins connu que Martin Parr en dehors de son pays, Chris Killip (1946-2020) n’en est pas moins l’un des photographes documentaires d’après-guerre les plus importants du Royaume-Uni. La rétrospective qui lui est consacrée, forte de 150 œuvres, constitue l’étude la plus complète de son travail à ce jour, et comprend, notamment, des clichés en couleur inédits. Son travail est d’autant plus d’actualité que la Grande-Bretagne est de nouveau chahutée, menacée d’une crise ­humanitaire à cause de la flambée des coûts de l’énergie.

Bever, Skinningrove, N. Yorkshire, 1983.
Bever, Skinningrove, N. Yorkshire, 1983. Chris Killip Photography Trust / All images courtesy Martin Parr Foundation

Ces difficultés ne sont pas sans rappeler la dureté des années 70 et 80, dans le nord de l’Angleterre, durant lesquelles Chris Killip a chroniqué une autre tragédie humaine, celle de la désindustrialisation – que ce soit la construction navale ou l’exploitation du charbon – et du désarroi des communautés concernées. Face aux hommes et femmes qui ont subi l’histoire, la vérité et l’intensité de ses images sont impressionnantes.

Chris Killip. Retrospective, The Photographers Gallery, jusqu’au 20 février. Thephotographersgallery.org 


8. Une cuisine photographique à Paris 

En 1967, l’Américaine Jan Groover (1943-2012) achète son premier appareil photo et manifeste d’emblée une capacité à réinventer le langage de la photographie. En recourant à la photo couleur tout d’abord, ce qui n’est pas rien à une époque où elle est considérée comme vulgaire et publicitaire. En se tournant vers la nature morte ensuite, un genre plutôt classique, mais dont elle subvertit tous les codes en multipliant les expérimentations.

Jan Groover, Sans titre, 1978.
Jan Groover, Sans titre, 1978. Jan Groover

Ses natures mortes ont pour motifs, le plus souvent, les objets triviaux du monde culinaire, mais ses compositions formelles, ses jeux sur les transparences du verre ou les miroitements de l’argenterie, ses cadrages serrés redonnent une tout autre vie aux formes que l’on pensait si familières. 

Jan Groover. Laboratoire des formes, fondation Henri Cartier-Bresson, jusqu’au 12 février. Henricartierbresson.org


9. Ilse Bing revival à Madrid

L’image la plus célèbre d’Ilse Bing, célèbre photographe de l’entre-deux-guerres, est l’Autoportrait au Leica (1931), prise avec ce petit boîtier révolutionnaire qui constituait alors un miracle de précision, de fulgurance et de légèreté. Parce qu’elle était mobile et inventive, Ilse Bing a été surnommée la « reine du Leica ».

The Honorable Daisy Fellowes Gloves by Dent, pour Harper’s Bazaar, 1933.
The Honorable Daisy Fellowes Gloves by Dent, pour Harper’s Bazaar, 1933. Estate of Ilse Bing

Sa vision moderne doit tout à l’impact du Bauhaus : de forts contrastes d’ombre et de lumière, des angles diagonaux, des cadrages plongeants et rasants, des solarisations… L’exposition comprend près de 200 images, des années 30 à 50. Ilse Bing y donne le sentiment d’avoir posé toutes les questions essentielles du langage photographique.

> Ilse Bing, Fundación MAPFRE, jusqu’au 8 janvier. Fundacionmapfre.org


10. Blumenfeld de A à Z à Paris

Il a fallu du temps pour découvrir la créativité extraordinaire d’Erwin Blumenfeld. De lui, on n’a longtemps retenu que les photomontages dadaïstes des années 30, réalisés sous la terreur hitlérienne. Puis on a découvert au Jeu de Paume, il y a huit ans, ses photos de mode produites de 1941 à 1969, une fois qu’il a rejoint New York.

Bijoux Boucheron pour VogueParis, 1939.
Bijoux Boucheron pour Vogue
Paris, 1939. The Estate of Erwin Blumenfeld 2022

Dans les pages sophistiquées de Vogue et d’Harper’s Bazaar, Blumenfeld a déployé tout l’arsenal surréaliste, dédoublé les figures, multiplié les jeux optiques à l’aide de miroirs, de kaléidoscopes, de voiles… Le musée d’Art et d’Histoire du judaïsme revient aujourd’hui sur son œuvre en réunissant 180 images, dont des reportages inédits sur des danses cérémonielles amérindiennes au Nouveau‑Mexique.

Les Tribulations d’Erwin Blumenfeld, 1930-1950, MAHJ, jusqu’au 5 mars. Mahj.org


11. Léger en Amérique à Biot

Fernand Léger n’est pas un peintre paysagiste, pourtant, il n’a cessé de rendre compte du monde qui l’entourait. En puisant dans sa collection d’œuvres sur le thème du paysage, le musée Fernand Léger montre comment l’artiste bouscule les genres traditionnels de la peinture.

Fernand Léger, Des lettres dans le paysage, 1953. Lithographie, 27 x 38 cm. Musée national Fernand Léger, Biot.
Fernand Léger, Des lettres dans le paysage, 1953. Lithographie, 27 x 38 cm. Musée national Fernand Léger, Biot. © ADAGP

Avec leurs jeux de formes abstraites, leurs aplats de couleurs, les multiples signes typographiques, les tableaux de banlieue de Fernand Léger rendent compte de l’industrialisation croissante de la campagne française. Plus étonnant encore : sa série des Paysages américains. L’artiste a passé les étés 1943 et 1944 près d’une ferme abandonnée, au nord de New York, où les machines se mêlaient aux herbes folles lui inspirant un répertoire inédit de formes.

Paysages de Fernand Léger, musée national Fernand Léger, jusqu’au 27 février. Musee-fernandleger.fr


12. Rodin et l’Égypte à Paris

« Plus que tout, l’Égyptien m’attire. Il est pur. L’élégance de l’esprit s’enguirlande à toutes ses œuvres », aimait à dire Auguste Rodin. En présentant une exposition sur les liens que le grand sculpteur a entretenus avec l’art égyptien, le musée Rodin ne se contente pas d’évoquer la résonance de son art avec celui des antiques, et de pointer des traits communs, comme la simplification des formes, le recours au fragment ou à la monumentalité.

Groupe de socles égyptiens.
Groupe de socles égyptiens. Agence photographique du musée Rodin / J. Manoukian

L’exposition révèle surtout l’importance de sa passion pour l’art égyptien, puisque Rodin a collectionné, depuis 1893 et jusqu’à sa mort en 1917, un millier d’objets égyptiens – parois de tombes, stèles funéraires, statues et statuettes, éléments de sarcophages, amulettes, vases canopes, tissus… – qu’il mêlait aux sculptures de son atelier. L’exposition présente un parcours de plus de 400 objets, tous restaurés pour l’occasion, mettant ainsi en lumière sa collection exceptionnelle, désormais accessible sur un site : egypte.musee-rodin.fr.

Rêve d’Égypte : Rodin l’égyptien, musée Rodin, jusqu’au 5 mars. Musee-rodin.fr


13. Lucian Freud côté jardin à Londres

Installé dans l’église médiévale et victorienne de St-Mary-at-Lambeth, à Londres, le Garden Museum est le seul musée britannique consacré à l’art et à l’histoire des jardins. C’est dans ce lieu charmant, entouré de trois petits jardins, que se tient la première exposition qui rend hommage aux peintures de plantes et de jardins de Lucian Freud. On n’attendait pas le célèbre artiste anglais sur ce terrain bucolique, lui qui est plus connu pour ses peintures de nus que de bouquets.

Cyclamen de Lucian Freud, huile sur toile, 1964.
Cyclamen de Lucian Freud, huile sur toile, 1964. DR

De fait, Lucian Freud ne nourrit aucun romantisme à l’égard du végétal, et si l’on découvre, avec cet accrochage, qu’il a été un peintre prolifique de plantes, ce sont les mauvaises herbes et les plantes en pot qui l’ont suivi de maison en maison tout au long de sa vie qui ont aimanté son pinceau. Bref, Lucian Freud traite la nature comme il traite les corps, avec une certaine crudité, cherchant la beauté et la vérité dans ce qui est banal, négligé et imparfait.

Lucian Freud : Plant Portraits, Garden Museum, jusqu’au 5 mars. Gardenmuseum.org.uk


14. Splendeurs baroques à Gênes

Entre 1600 et 1607, Rubens a séjourné à plusieurs reprises à Gênes. Il a donc entretenu des relations avec les aristocrates influents de la ville, qui lui ont passé commande. L’exposition réunit une vingtaine de toiles du grand maître du baroque, dont des œuvres exposées pour la première fois en Italie, comme son Autoportrait.

Suzanne et les Vieillards, circa 1607.
Suzanne et les Vieillards, circa 1607. MiC - Musei Reali / Galleria Sabauda

Autour de ce noyau exceptionnel sont rassemblés des tableaux d’artistes que Rubens a rencontrés à Gênes pendant son séjour, tels Frans Pourbus le Jeune ou Sofonisba Anguissola, ou avec lesquels il a collaboré, comme Jan Wildens et Frans Snyders. Pour compléter la visite, un itinéraire est proposé, qui permet de découvrir les chefs-d’œuvre de Rubens dans les églises et les palais de la ville.

Paul Rubens, palais ducal, jusqu’au 22 janvier. Palazzoducale. Visitmuve.it


15. Picasso / El Greco à Madrid

Le musée du Prado nous convie à une mise en regard unique entre 2 maîtres de la peinture espagnole : le Greco et Picasso. Dans nombre d’esquisses de Picasso des années 1898-1899, on retrouve les motifs du maître de Tolède. Ces influences ne se limitaient pas aux premières années de création : l’exposition montre que Picasso s’est consacré plus longtemps qu’on ne l’imaginait au Greco, comme en témoignent des références étonnantes dans ses tableaux cubistes et dans l’ensemble de ses créations plus tardives.

Le musée du Prado nous convie à une mise en regard unique entre 2 maîtres de la peinture espagnole : le Greco et Picasso.
Le musée du Prado nous convie à une mise en regard unique entre 2 maîtres de la peinture espagnole : le Greco et Picasso. DR

Des prêts du monde entier sont réunis autour des peintures provenant de la collection du musée du Prado. Les rapprochements entre les chefs-d’œuvre des 2 artistes, que plus de trois cents ans séparent, sont saisissants.

Picasso / El Greco, musée du Prado, jusqu’au 26 février. Museodelprado.es


16. État de sièges à Lausanne 

La chaise, un objet sans qualité ? C’est sans compter l’infinie créativité des designers, des fauteuils ultracolorés d’Ettore Sottsass ou de Maarten Baas aux chaises longues chromées de Le Corbusier, en passant par les assises en fer forgé d’André Dubreuil. Pour raconter la chaise dans tous ses états, le Mudac s’appuie sur l’une des plus grandes collections privées au monde de chaises d’artistes, de designers et d’architectes, celle de Thierry Barbier-Mueller, qui a réuni, en vingt ans, plus de 650 modèles, allant des années 60 à aujourd’hui.

nterlux Tube Chair, M. Kielnhofer, 2011.
nterlux Tube Chair, M. Kielnhofer, 2011. Patrick Goetelen

Deux tiers sont des pièces uniques ou issues de petites éditions limitées, des prototypes ou encore des chaises d’artistes signées Donald Judd, Niki de Saint Phalle, Lawrence Weiner ou Franz West. Le scénographe Bob Wilson orchestre ce jeu de chaises musicales, avec une proposition théâtrale dans laquelle les sièges sont traités comme les protagonistes d’un spectacle d’art vivant. 

A Chair and You, musée cantonal de Design et d’Arts appliqués contemporains, jusqu’au 5 février. Mudac.ch


17. Jeu de miroir à Anvers

Le projet Mirror Mirror, qui interroge les canons de beauté, est présenté simultanément au musée de la Mode d’Anvers et au musée Dr. ­Guislain, à Gand, qui est consacré à l’histoire de la psychiatrie, et qui s’attache à redéfinir ce qui est « normal » et ce qui est « fou ». Autant dire que cette double proposition muséale est hors norme, puisqu’elle opère le lien entre les designers d’avant-garde, les artistes contemporains et des créateurs d’un tout autre type, isolés dans un hôpital psychiatrique ou dans l’intimité du foyer, qui utilisent le vêtement comme un moyen d’entrer en dialogue avec un monde qui souvent les rejette.

L’artise japonais Eijiro Miyama est connu pour ses tenues colorées.
L’artise japonais Eijiro Miyama est connu pour ses tenues colorées. DR

On y découvre ainsi, aux côtés des poupées surréalistes d’Hans ­Bellmer, des vêtements déconstruits de Comme des Garçons, des figures clownesques de Cindy Sherman, les autoportraits photographiques de Marcel Bascoulard, un artiste marginal qui vivait dans des abris précaires et qui adorait se travestir.

Mirror Mirror – Fashion & the Psyche, musée de la Mode d’Anvers et musée Dr. Guislain, à Gand, jusqu’au 26 février. Momu.be et Museumdrguislain.be


18. Des kimonos paysagers à New York

Les artisans japonais ont le pouvoir de créer non pas des robes couleur de temps ou de lune, comme dans le conte Peau d’âne, mais des kimonos dont les pans brodés se nuancent, eux aussi, d’infinis horizons. Ici, une cascade de collines fleuries, là, une rivière traversée de mille poissons aux écailles luisantes.

Une visite à la Yoshiwara.
Une visite à la Yoshiwara. John Bigelow Taylor

Les techniques de tissage, de teinture et de broderie ont atteint le sommet de leur sophistication durant la période Edo (1615‑1868). Les pièces réunies au Metropolitan Museum sont issues de la collection d’art japonais John C. Weber. L’exposition en présente plus de 60 aux côtés de vêtements, peintures, gravures et objets occidentaux.

NYC Kimono Style : The John C. Weber Collection, Metropolitan Museum of Art, jusqu’au 20 février. Metmuseum.org


19. Le noir de Balenciaga à La Haye

Dans les salles lumineuses du Kunstmuseum, le noir génie de Christobal Balenciaga prend toute sa mesure. « Le couturier des couturiers » a sculpté des robes, des fourreaux, des capes, des boléros, dont le noir prolongeait l’épure des coupes. L’exposition montre comment le créateur espagnol a utilisé ce noir, en opaque ou en transparent, en solo ou avec la couleur, à travers une centaine de pièces.

Stella Oakes dans une tenue Balenciaga, 1951.
Stella Oakes dans une tenue Balenciaga, 1951. DR

Elle souligne la radicalité de sa démarche, fondée sur une technicité hors pair. Même les patrons de ses modèles étaient taillés dans des toiles sombres, quand les autres créateurs utilisaient l’écru. 

Balenciaga in Black, Kunstmuseum Den Haag, jusqu’au 5 mars. Kunstmuseum.nl


20. Frida au miroir de Kahlo à Paris 

Comment devient-on une source d’inspiration pour Jean Paul Gaultier, Maria Grazia Chiuri ou Rei Kawakubo, quand on a la colonne vertébrale brisée et un duvet au-dessus des lèvres ? Frida Kahlo se peignait en animal blessé ou en divinité mexicaine moustachue, maintenue par un corset. Le handicap, elle l’assumait, car il ne la définissait pas.

Frida Kahlo révélant son corset peint par Florence Arquin, vers 1951.
Frida Kahlo révélant son corset peint par Florence Arquin, vers 1951. DR

Elle était aussi zapatiste, communiste, indigéniste, endossant toutes ces identités, changeant de bijoux, de rubans, de costumes, d’appareillages… Tous ses effets personnels font bouquet au palais Galliera dans une exposition fascinante qui permet de mesurer son influence sur la mode et les créateurs contemporains, et de comprendre comment elle est devenue une icône à travers sa manière de se représenter.

Frida Kahlo, au-delà des apparences, palais Galliera, jusqu’au 5 mars. Palaisgalliera.paris.fr 


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