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The Good Guide // Beauté & bien-être

Et si cette clinique bien-être avait raison sur toute la ligne ?

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Dès la sortie du Sha Wellness, la tentation guette. L’enseigne aux arches dorées brille de l’autre côté de la rue, une provocation presque obscène après cinq jours de discipline et de menus millimétrés. Pourtant, ce n’est pas un burger qui hante mon esprit, mais un café. Un banal espresso, celui que l’on boit sans y penser, celui qui rythme les journées et structure les matins trop courts. Au Sha, il est proscrit, mais pas diabolisé. Juste pesé, mesuré, interrogé. Comme tout le reste. Car ici, plus qu’une retraite, c’est un reset qui s’opère. Un recalibrage du corps et de l’esprit, dont les bienfaits ne se mesurent pas à la sortie, mais bien après, lorsque la vraie question se pose : comment prolonger l’effet Sha dans un monde qui ne lui ressemble en rien ?

Il y a ce moment précis, à la sortie d’une retraite bien-être, où la réalité vous rattrape. Celui où l’on passe de la quiétude feutrée d’un sanctuaire holistique à l’agitation fluorescente d’un aéroport, où les effluves de café torréfié et de friture disputent leur emprise sur nos instincts les plus primaires. Cinq jours au Sha Wellness, et me voilà face à mon premier test : résister au ballet des gobelets frappés d’un logo vert. Ai-je vraiment changé ? Suis-je encore celle qui carbure à l’espresso sur un estomac vide ? Ce séjour, conçu comme une parenthèse de recentrage, m’a-t-il reprogrammée au point d’imprimer un nouvel ordre dans mes automatismes ? C’est là toute la question : un reset est-il une pause ou un véritable redémarrage ?


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5 jours au Sha Wellness, à Alicante

Me voici revenue dans ce pays des tentations, un pays que j’ai toujours connu, que j’ai savouré sans jamais l’interroger — ou presque.

À 33 ans, depuis la pandémie, ma santé est devenue une préoccupation de plus en plus pressante. Finis les jours où rien ne m’empêchait d’enchaîner deux plats de pâtes en une journée, de dévorer un hamburger en guise de troisième repas après une soirée un peu trop arrosée, ou encore d’ouvrir une bouteille de vin de piètre qualité un mardi soir parce que « pourquoi pas ? »

Depuis le Covid, je suis plus vigilante quant à ce que j’ingère. Cependant, il y a des zones d’ombre. Un café, deux, voire trois par jour : où est le problème ? Ces morceaux de poulet frits : ils sont cuisinés à la japonaise, c’est healthy non ? Pour rétablir mon poids de forme : une cure de salade. « Où sont vos protéines ?« , me demanderait Maia, ma nutritionniste au Sha Wellness.

Ce n’est pas vraiment la viande qui me manque en ce moment, alors que je contemple le ballet des clients chez Burger King. Je sais bien que je ne m’aventurerai pas à commander un Whopper à 16h30, alors même que le Sha Wellness a pris soin de préparer un dîner à la hauteur du menu qui m’a surprise à chaque repas. Entrée-plat-dessert, qui dit mieux ? Surement pas BK… On se revoit dans les airs.

Près d’Alicante, dans le sud de l’Espagne, le Sha est un phare.
Près d’Alicante, dans le sud de l’Espagne, le Sha est un phare.

Mon ami le café

Non, ce qui m’obsède, c’est ce café, cette enseigne verte qui me fait de l’œil. À l’aéroport d’Alicante-Elche, Starbucks, cette grande machine, avec sa composition douteuse et son empreinte environnementale diabolique, me rouvre les portes du côté caféiné de la force.  Si j’avais été à Paris, à proximité de l’un des coffee shops que je fréquente assidûment, je serais peut-être tombé dans le piège. Car, dans ces murs de pierre immaculés juste assez délabrés pour Instagram, il est facile de croire en la qualité des grains qui sont moulus devant nous.

Le café est définitivement la grande question qui fera basculé une alimentation dans un sens ou un autre. Au Sha, il est banni. Mais, et c’est un point crucial, il n’est pas vilipendé. Lors de ma consultation préliminaire, ma nutritionniste souligne qu’un café par jour, tous les jours, chaque mois d’une année, cela représente tout de même 365 tasses par an. « Vous ne trouvez pas que ça fait un peu beaucoup ? »

D’autres praticiens sont plus mesurés sur le sujet. Si tous font l’article de la soupe miso du matin (on y reviendra), on m’assure néanmoins que l’équilibre reste la clé. Des études sérieuses d’ailleurs démontrent que le café, avec ses vertus sur la mémoire et la pression artérielle, de serait pas l’ennemi qu’on croit…

Un séjour au Sha Wellness commence par un bodyscan complet qui laisse apparaître les déséquilibres de l’organisme.
Un séjour au Sha Wellness commence par un bodyscan complet qui laisse apparaître les déséquilibres de l’organisme.

Lâcher prise

Mais au Sha Wellness, on ne vient pas pour remettre en question ce qui nous est servi. Ceux qui en ont la curiosité (comme moi), peuvent toujours rechercher, à leur retour, les fondements de certaines pratiques. Ils peuvent aussi, au besoin, refuser ce shot de vinaigre de cidre avant chaque repas, par simple goût ou dégoût (ne me regardez pas comme ça).

Le Sha, loin d’être un simple centre médical, est une retraite. Ce n’est pas un lieu où l’on cherche des réponses dans des répliques exactes de notre quotidien. C’est un endroit où l’on part se reconstruire, retrouver une forme de paix intérieure. Bien que ses traitements soient fondés sur des pratiques sérieuses, validées par des experts de renommée internationale, adopter l’état d’esprit du lieu est essentiel pour opérer un reset mental véritable.

Dans cette optique, j’en arrive presque à oublier la tempête qui souffle sur Alicante alors que Paris connait (pour la première fois depuis… un an ?!) un épisode ensoleillé. Peu importe, au fond, cette météo n’est qu’un prétexte à l’introspection. Dès mon arrivée, je laisse tomber mon téléphone, par réflexe, et boude la télévision. Comme si ces belles paroles (« adopter l’état d’esprit ») raisonnaient déjà — le Sha invite à se déconnecter le plus possible, notamment pendant les repas.

Alors, je m’installe confortablement sur le canapé d’angle de ma suite E508 et laisse mon regard vagabonder à travers la baie vitrée. Parmi mes requêtes : une vue mer. Si la plage, trop lointaine du Sha, n’est pas là pour rassasier mes envies de baignade, sa vue compense apporte à l’expérience. D’ailleurs, celle-ci commence, maintenant.

Entre deux soins, un moment de calme au bord de la piscine intérieure est toujours une bonne idée.
Entre deux soins, un moment de calme au bord de la piscine intérieure est toujours une bonne idée.

Que vous réserve le Sha Wellness ?

Avant mes premiers pas à la clinique, un questionnaire m’a été envoyé. L’objectif est pour mes interlocuteurs de saisir mes besoins, mes attentes, mon rythme de vie, afin de créer un programme personnalisé.

Quels sont-ils ? Un stress élevé, lié à un mois particulièrement chargé. Un désir de perdre quelques kilos superflus, pour que mes abdos soient saillants lors de mes prochains déplacements au soleil.

Mon programme ne m’a pas déçue. Une alternance entre séances de sport intenses, accompagnée d’un coach personnel, et d’autres soins comme l’acupuncture et des traitements infrarouges adaptés à mon corps, définis après un examen général mené avec des machines dernier-cri et une analyse énergétique de mon organisme, elle aussi réalisée grâce à une machine tout droit sortie d’un film de science-fiction.

C’est étonnant de constater à quel point un changement d’alimentation et de rythme peut impacter une physiologie. Si, lors de mon premier jour, je suis arrivée pleine d’ambitions, de résolutions, prête à dévorer la dizaine de magazines et les deux romans que j’avais glissés dans ma valise, dès le second jour, l’énergie commence à me manquer. Le pic de cette descente arrive le dimanche. Je me trouve lasse, fatiguée, je fais même la sieste. L’énergie vient à me manquer dès ma séance de sport matinale alors que Ruben, mon coach attritré, me pousse à tout donner.

La clinique présente depuis le début de l’année de nouvelles suites ultra design.
La clinique présente depuis le début de l’année de nouvelles suites ultra design.

Je transpire plus que d’ordinaire. « C’est normal », me dit-il, « c’est la détox qui amène déjà le corps à se libérer de ses toxines ». Le sport combiné aux nombreux traitements dont je bénéficierai pendant ces cinq jours permet en effet à mon organisme de relâcher tout ce qu’il doit. Autant physiquement que mentalement, il a besoin d’opérer une remise à zéro, et celle-ci se ressent vraiment. Elle est accompagnée par un menu sur-mesure (trois protocoles au choix : Kushi, Biolight et Sha, le plus gourmand) qu’on prend beaucoup de plaisir à découvrir matin, midi et soir. Moi qui ne petit-déjeuner habituellement pas, me surprends à attendre ce moment dès la dernière goûte du mélange jus de pomme-Kudzu (un extrait de plante hépatoprotectrice) qu’on me sert chaque soir.

Bec salé plutôt que sucré, j’apprécie ce nouvel rituel qu’est la soupe miso (on lui dénombre de nombreux bienfaits dont un effet anti-inflammatoire, réducteur de pic de glucose, riche en pro et pré biotiques, minéraux et acides-aminés) auquel se succède des douceurs légères mais gourmandes, dans la veine de la philosophie du Sha Wellness. J’apprendrai d’ailleurs les secrets des chefs de la clinique lors d’un cours de cuisine que l’achat du livre de recette de l’adresse ne saurait concurrencer.

Le Sha se vit aussi en extérieur grâce à son architecture largement aérée.
Le Sha se vit aussi en extérieur grâce à son architecture largement aérée.

Comment prolonger les bienfaits d’une telle cure au quotidien ?

Cet aéroport, avec ses tentations, ne saurait me faire oublier tout ce travail effectué sur place. Petit à petit, tout se met en place. Les résultats se feront sentir, et, surtout, dureront. Le Sha Wellness n’est pas qu’une clinique soignante : elle est aussi une école où apprendre à réajuster son mode de vie et à faire les bons choix.

Alors que j’écris ces lignes, face à l’ogre, une question me taraude : pourquoi le Sha, ou d’autres initiatives similaires, n’ont-elles pas encore déployé des cantines saines dans nos vies quotidiennes ? Car, sans mon précieux repas en boîte, je me retrouverai livrée à moi-même dans un lieu étranger où seules ces enseignes américaines me sont familières, la faim au corps. Et demain, quand je m’assiérai derrière mon ordinateur, à la rédaction, et que me viendra ce réflexe de descendre boire un café sur un estomac vide, aurais-je l’envie de me cuisiner une soupe miso dans la cafétéria de la rédaction ?


Clinique Sha Wellness
Carrer del Verderol, 5, 03581 L’Albir, Alacant, Espagne
Site internet


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