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Entre ruelles pavées et virées en bord de mer, à Ibiza, la nouvelle Twingo E-Tech rejoue sa partition de la parfaite « voiture à vivre ». Avec une vraie bonne idée de départ : remettre un peu de joie, et un bon peu de modernité, dans cette petite voiture iconique.
Sous le soleil d’Ibiza, tout paraît plus photogénique qu’en temps normal. Les façades blanches, l’eau turquoise, et cette lumière presque trop bien réglée pour être honnête. C’est dans ce décor-là que Renault a choisi de dévoiler la nouvelle Twingo E-Tech, en installant sa petite citadine électrique au Standard Hotel, adresse parfaitement calibrée pour une voiture qui ne veut pas seulement être pratique, mais raconter un certain mode de vie.
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Le message est clair dès les premières heures du voyage : la Twingo n’est pas qu’un produit, c’est une ambiance. Une couleur. Un état d’esprit. Une « voiture à vivre », selon la formule désormais célèbre de la marque. À charge pour chacun, ou presque, d’inventer la vie qui va avec. Et c’est là que l’exercice devient intéressant : derrière le discours marketing très bien huilé, il y a aussi une vraie tentative de repenser ce que peut être une petite voiture aujourd’hui. Moins statutaire, moins anxieuse, moins démonstrative. Plus urbaine, plus souple, plus maligne.
Mettre de l’émotion dans une voiture
La première chose qu’on remarque, c’est que Renault a clairement voulu rejouer le capital sympathie de la Twingo originelle de 1992, sans tomber dans la simple copie nostalgique. Clément Hoffner, en charge du design, nous explique : « On a travaillé des points clés comme les formes des phares pour retrouver cette fameuse « bouille » un peu grenouille, ce look rond qui a quelque chose d’immédiatement familier ». Les couleurs proposées (vert absolu, rouge absolu et jaune mango) participent aussi à ce clin d’œil aux années 90.
Mais la voiture ne se contente pas de recycler un souvenir. Elle a sa propre personnalité : plus tendue, plus affirmée, plus pop aussi. Les détails sont nombreux, et très travaillés. Des formes en gélule reviennent un peu partout, dans les poignées, les jantes, certains éléments de mobilier intérieur. Même le ciel de toit, avec son alphabet Twingo, participe à cette volonté de faire de l’habitacle un espace moins neutre, moins automobile au sens strict. On sent une voiture pensée comme un objet de design autant que comme un moyen de transport. Et dans un paysage électrique souvent dominé par le rationnel (l’autonomie, les watts, les écrans, les temps de recharge), cette tentative de remettre de l’affect dans une citadine n’est pas si anodine. C’est même sans doute ce qu’elle fait de mieux.
Petite voiture, grandes capacités
Au-delà du storytelling, le vrai sujet est peut-être là : cette Twingo n’a pas oublié qu’une petite voiture doit d’abord être facile à vivre. Et sur ce point, Renault a plutôt bien travaillé. D’abord, il y a les cinq portes, qui changent immédiatement l’usage. Cela semble banal, mais dans ce segment, l’accessibilité reste un sujet concret. Ensuite, il y a cette capacité, très Twingo dans l’esprit, à faire beaucoup avec peu. Malgré son gabarit compact — 3,79 mètres de long — la voiture revendique une habitabilité étonnante, notamment grâce à des roues poussées au maximum aux quatre coins, et à un travail d’architecture intérieure assez intelligent. Le résultat ? Marion Joly, cheffe de produit Renault Twingo E-Tech, le résume ainsi : « elle semble petite quand on la regarde mais elle est grande à l’intérieur ! ». Les sièges arrière individuels et coulissants sont probablement l’un des meilleurs exemples de cette philosophie. On peut les avancer, les reculer, moduler l’espace selon les besoins, et passer d’un usage quotidien à quelque chose de beaucoup plus pratique pour y déposer : planche de surf, courses encombrantes ou meubles IKEA. Le coffre peut monter jusqu’à 360 litres, ce qui, pour cette taille, est franchement sérieux. Lors de ce test, nous avons d’ailleurs rencontré Lison Di Martino, qui a fait de son ancienne Twingo un van aménagé : « elle est plus grande qu’elle n’y paraît, en road trip ça devient l’extension de ma maison. Je l’ai décorée et je lui ai même donné un nom, j’y suis vraiment attachée ».
Même logique de modularité pour cette nouvelle version de la Twingo, avec toute une série de petits accessoires pensés pour rendre l’habitacle intérieur plus vivant et plus fonctionnel : rangements, box, accoudoir, cache-console, gestion des câbles, crochets pour sacs de shopping… Rien de révolutionnaire isolément, mais un vrai effort pour penser la voiture comme un espace de quotidien, et pas seulement comme un poste de conduite.
Et puis il y a la partie techno, qui cherche moins à impressionner qu’à fluidifier l’usage. Le système OpenR Link avec Google intégré, disponible selon les versions, apporte un écosystème d’apps qui évite à l’interface de paraître déjà datée au moment du lancement. La fonction One Pedal, qui accentue la récupération d’énergie au freinage, est elle aussi parfaitement pensée pour la ville. Même le son a été travaillé, avec une signature Arkamys et un système à six haut-parleurs développé avec la participation de Jean-Michel Jarre.
Une voiture électrique… à moins de 20 000 euros
Le troisième pilier du discours Renault, c’est l’accessibilité. Et, pour une fois, l’argument n’est pas totalement décoratif. La Twingo E-Tech annonce jusqu’à 263 km d’autonomie et un tarif de départ sous les 20 000 euros selon les marchés et configurations, ce qui la replace clairement dans une zone de prix plus crédible que beaucoup de petites électriques récentes. Mais il faut aussi accepter que ce n’est pas une auto pensée pour l’autoroute à répétition, les longues vacances estivales ou le fantasme de la polyvalence totale. Et c’est peut-être très bien comme ça. La Twingo est convaincante dès lors qu’on la prend pour ce qu’elle est : une voiture de ville, de proche banlieue, de deuxième voiture de foyer, ou même de première voiture pour quelqu’un dont la vie se joue principalement dans un rayon court. En moyenne, Renault estime qu’une semaine de trajets urbains peut se faire sur une seule charge.
Il fallait un exemple concret pour répondre à cette promesse. Le week-end à Ibiza fonctionne à merveille. Pas forcément l’Ibiza carte postale des clubs et des beach parties, mais plutôt celle des contrastes entre vieille ville historique, marché hippie et routes qui serpentent entre les pins jusqu’à des criques paradisiaques. Après 24 h, on ne peut plus nier la cohérence entre le lieu et l’objet. Dans une ville dense, lumineuse, contrainte, où l’on circule entre ruelles, parkings serrés et petites distances, la Twingo paraît immédiatement à sa place.
Site internet de Renault Twingo E-Tech
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