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Le Meurice serait-il le plus parisiens des palaces ?

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Entre le Louvre et les Tuileries, Le Meurice cultive un art très parisien du luxe : spectaculaire sans ostentation, royal sans raideur. Un palace pour initiés, à l’abri des regards, où l’histoire se fait feutrée et les habitudes se transmettent comme des secrets bien gardés.

On a beau affirmer que tout se joue dans le huitième arrondissement, l’âme véritable de Paris se niche ailleurs. Dans le premier, précisément. Le Louvre, les Tuileries, les artères droites et fières, les façades haussmanniennes monumentales : c’est dans ce décor de carte postale que Le Meurice se cache depuis des décennies, aussi discret que mythique. Distingué palace, ce bel hôtel longtemps confidentiel reste un sanctuaire de luxe fréquenté par ceux qui savent où frapper.


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Une entrée… royale !
Une entrée… royale !

Le Meurice : un palace royal

Derrière la porte tambour, le décor impose le silence. Marbres polis, dorures maîtrisées : l’adresse évoque la monarchie sans jamais la singer. Ici, Versailles reste une référence lointaine ; Le Meurice revendique autre chose : une idée du faste tempérée par une chaleur presque domestique, rare à ce niveau d’excellence. Fondé en 1835, installé face au jardin des Tuileries, le palace est depuis toujours un refuge pour les têtes couronnées, les artistes et les esprits libres — de la reine Victoria à Salvador Dalí, qui y posa ses valises durant plus de trente ans.

À gauche, la réception et son ballet discret de concierges. À droite, le restaurant doublement étoilé d’Alain Ducasse déploie sa salle précieuse : marbre immaculé, plafonds vertigineux, lustres à pampilles qui captent la lumière comme une mise en scène permanente. Ici, le petit-déjeuner devient un rituel à part entière — un conseil : renoncer, pour une fois, au plateau en chambre.

Le Restaurant le Meurice Alain Ducasse.
Le Restaurant le Meurice Alain Ducasse.

Dans l’axe, Le Dalí apparaît comme un contrepoint assumé. Plus libre, plus parisien aussi, ce restaurant et salon de thé imaginé par Philippe Starck cultive une scénographie presque théâtrale. Les volumes s’organisent autour d’un point central, enveloppés de teintes automnales. Mais c’est le plafond — chapiteau littéraire conçu par Ara Starck — qui signe l’endroit. Un cocon surréaliste, fidèle à l’esprit de l’artiste catalan, devenu l’un des repaires favoris du gotha parisien.

Juste à côté, le Bar 228 — clin d’œil à l’adresse du palace — joue la carte de la confidence. Lumière basse, boiseries patinées, espace volontairement restreint : il faut arriver tôt pour espérer une place au comptoir, la plus convoitée. À 18h30, le piano entre en scène. Quelques notes suffisent à densifier l’atmosphère, presque feutrée, légèrement musquée.

Le Dalí et son décor onirique.
Le Dalí et son décor onirique.

La plus parisienne des vues

Dans les étages, Le Meurice révèle une autre facette de son luxe. Les volumes se font plus intimes : 160 chambres et suites, du cocon de 45 m² aux appartements d’exception occupant des étages entiers. Depuis plusieurs années, le palace orchestre une rénovation progressive sous la houlette du duo Lally & Berger. Les chambres conservent leur attitude royale, mais gagnent en clarté, en respiration, sans jamais trahir l’ADN historique. Les premiers étages abritent encore les suites patrimoniales, très recherchées par une clientèle fidèle à l’esprit originel du lieu.

La nôtre, la Suite Executive Vue Tour Eiffel, offre 80 m² récemment repensés comme un véritable appartement parisien. Blancs lumineux, touches de rouge profond, circulation fluide grâce à un double accès — de l’entrée à la chambre sans traverser le salon. Le confort est total, jusque dans l’épaisse moquette qui invite à marcher pieds nus. Mais le véritable privilège se joue aux fenêtres : une vue frontale sur les Tuileries, la Tour Eiffel en ligne d’horizon, Notre-Dame en sentinelle. Un panorama rare, presque irréel, qui donne au réveil cette impression fugace de liberté avant de se rappeler que Paris, ici, est éternelle.

La Suite Executive Vue Tour Eiffel, un écrin à la fois royal et moderne.
La Suite Executive Vue Tour Eiffel, un écrin à la fois royal et moderne.

Le Meurice. 228 rue de Rivoli, 75001 Paris. Site internet.


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