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MANGO Tailored by Richard James savile row collection mode
Roberto Pastore, Toby Lamb, Sean Dixon, Kristina Leroy.
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Savile Row s’invite chez Mango : une nouvelle vision du costume masculin

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Et si le costume n’était plus un uniforme mais un terrain de jeu ? Avec MANGO Tailored by Richard James, l’enseigne espagnole s’associe à l’une des maisons les plus emblématiques de Savile Row pour réinterpréter le tailoring britannique à l’aune du vestiaire contemporain. Entre exigence de coupe, palette méditerranéenne et esprit plus libre, cette collaboration inaugure The Sartorial Journey, une exploration ambitieuse de l’avenir du costume masculin.

Entre exigence de coupe, palette méditerranéenne et esprit plus libre, cette collaboration inaugure « The Sartorial Journey », une exploration ambitieuse de l’avenir du costume masculin à travers la première collection MANGO Tailored by Richard James.


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Il était une fois sur Savile Row…

En 1992, lorsque s’installe sur Savile Row la marque Richard James, ses fondateurs ne mesurent pas encore la portée du geste. La rue londonienne, temple du tailoring depuis plus de 160 ans, est alors perçue comme un club fermé. « En Grande-Bretagne, tout le monde sait ce qu’est Savile Row, mais sans vraiment savoir. On avait l’impression qu’il fallait être invité pour y entrer », se souvient Sean Dixon, co-fondateur. Les vitrines y sont poussiéreuses, les maisons n’ouvrent pas le samedi, les clients arrivent en voiture avec chauffeur. « C’était un peu figé, un peu vieux jeu. »

Richard James décide d’ouvrir le week-end. D’introduire de la couleur, de la texture, un autre rapport au service. « On voulait quelque chose de plus frais, plus jeune, plus accessible, plus amusant. » Non pas casser les codes, mais les déplacer. Rester fidèle à l’excellence artisanale tout en desserrant la cravate. Dès les débuts, certains comprennent. Christian Lacroix pousse la porte de leur petite boutique – « à peine la taille d’une pièce carrée » – et adopte leurs vestes associées à des surchemises orange vif ou rose éclatant. « Il aimait ce qu’on faisait. Il y avait du classicisme, mais aussi une forme de flair. »

La tradition de Savile Row se transmet désormais à l’Espagnole.
La tradition de Savile Row se transmet désormais à l’Espagnole. Salva Lopez

La belle histoire de Mango et Richard James

Trente ans plus tard, cette même volonté d’ouvrir les fenêtres souffle sur une collaboration inattendue : MANGO Tailored by Richard James. L’enseigne espagnole s’associe à la maison iconique de Savile Row pour transposer l’excellence britannique de la coupe, de la couleur et du détail dans le vestiaire de l’homme contemporain. Un homme qui ne cherche plus l’armure sociale du costume, mais une élégance naturelle, presque instinctive.

La rencontre aurait pu surprendre. « Quand Mango nous a approchés, on n’était pas sûrs que cela puisse fonctionner », reconnaît Sean Dixon. Associer une maison de tailoring haut de gamme à une marque globale n’a rien d’évident mais la discussion dissipe les doutes. « Ils voulaient une vraie représentation de ce que nous faisons. On a fait très peu de compromis. » Les tissus, les coupes, les finitions : l’essentiel est là. « Ça reflète ce que nous sommes et ce que Mango fait. C’est un compromis heureux. »

La collaboration inaugure « The Sartorial Journey », un chapitre stratégique pour Mango Man. Une série de projets pensés comme une exploration du tailoring moderne, menés aux côtés d’ateliers parmi les plus réputés au monde. Après Boglioli, autre référence du costume italien, Mango poursuit ainsi son dialogue avec les maîtres du genre. L’ambition est claire : interroger l’avenir du costume et rehausser la qualité perçue de cette catégorie clé, en révélant le savoir-faire qui se cache derrière chaque pièce.

MANGO Tailored by Richard James.
MANGO Tailored by Richard James.

Quel est la place du costume dans le vestiaire masculin d’aujourd’hui ?

Chez Richard James, le costume a toujours été un terrain d’expression. « Le bespoke, c’est le sommet : tout est fait main, c’est long, c’est coûteux », explique Dixon. À côté, le made-to-measure et le prêt-à-porter permettent d’élargir le cercle. « Le prêt-à-porter nous a donné la liberté de créer des tissus, d’expérimenter. L’accessibilité de la marque était très importante pour nous. » Accessible ne signifie pas banal. Il s’agit plutôt d’ouvrir l’expérience Savile Row à un public qui n’oserait pas en franchir le seuil.

C’est tout à fait ce que représente la collection MANGO Tailored by Richard James. Le costume y est revisité pour trouver l’équilibre entre tenue et confort. « Un costume britannique à la Savile Row a beaucoup de caractère : une taille marquée, une veste un peu plus longue. » Mais pour Mango, la structure se fait plus souple. « Beaucoup de maisons ont une histoire militaire : épaules fortes, poitrine marquée. Nous avons compris que nos clients voulaient quelque chose de plus doux, plus détendu. » Moins de rembourrage, plus de ligne. Deux fentes à l’arrière pour dessiner la silhouette. « Deux fentes créent la forme. »

MANGO Tailored by Richard James.
MANGO Tailored by Richard James.

Une collection bien ancrée dans son époque

La veste Burlington incarne cet esprit. Plébiscitée par Toby Lamb, directeur du design de Richard James, elle condense l’ADN de la maison : un tissu laine-lin développé pour traverser les saisons, un Prince de Galles subtil, visible de près mais jamais ostentatoire, des épaules souples et une silhouette affirmée. Une élégance qui ne s’impose pas, mais se révèle.

À ses côtés, le blazer dépareillé s’impose comme un essentiel moderne. « Il faut s’amuser », insiste Dixon. « Je le fais tout le temps : porter seulement le pantalon ou seulement la veste. » Avec certains costumes très formels, séparer les pièces peut sembler étrange. « Mais avec cette collection, on peut le faire sans problème. » Les matières, au nombre de cinq, dialoguent entre elles. Les pantalons se glissent sous une maille fine, la veste s’associe à un denim brut. Le tailoring cesse d’être un uniforme pour devenir un langage.

La palette, elle, reflète ce dialogue entre Londres et la Méditerranée. Gris, bleu, beige, brun. « La palette de Mango est assez méditerranéenne, c’est là que se situe le compromis », observe Dixon. Lui-même porte un costume gris. « Je ne porte pas vraiment de couleur. Tout est dans les éléments. » La coupe et le style sont très britanniques, très Savile Row ; la couleur penche du côté de Mango. Entre rigueur et lumière, la rencontre trouve son point d’équilibre.

Derrière cette collaboration se dessine une conviction partagée : le tailoring n’est pas un vestige, mais un territoire en mutation. Mango Man affirme son engagement envers un costume exigeant et durable, où qualité, intemporalité et fonctionnalité redéfinissent les essentiels du vestiaire masculin. Richard James, de son côté, poursuit le mouvement amorcé en 1992 : rendre Savile Row moins intimidante, plus instinctive, sans renoncer à la précision.

MANGO Tailored by Richard James.
MANGO Tailored by Richard James.

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La collection est disponible sur le site de Mango.

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