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palace hôtel paris Le Bristol Suite Eden
Franck Bohbot.

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Palace le Bristol : la suite la plus folle de Paris se cache dans cet hôtel

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À l’abri des regards, tout en haut du Faubourg-Saint-Honoré, Le Bristol continue de cultiver l’art du pas de côté. Pour son centenaire, le palace parisien dévoile la suite Eden : un appartement suspendu, pensé pour vivre Paris comme on n’y vit presque jamais — dans le silence, la lenteur et un certain sens du privilège.

Palace parmi les palaces, Le Bristol Paris n’a jamais vraiment cru à l’idée de stabilité. Depuis cent ans — anniversaire célébré en 2025 — l’adresse de la rue du Faubourg-Saint-Honoré cultive l’art rare de l’évolution feutrée. Chaque nouveauté s’inscrit dans une continuité, presque comme si elle avait toujours été là. Après avoir entièrement repensé les Suites Azur, Impériale et Honeymoon, dernière démonstration en date : l’inauguration de la suite Eden, un nouvel objet de désir perché dans les étages, pensé comme une échappée privée au sommet de Paris.


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La Suite Eden : le repaire le plus convoité de la capitale

Il faut un peu de patience pour l’atteindre, et sans doute une certaine habitude des lieux. Ascenseur jusqu’au cinquième étage, quelques pas dans les couloirs, puis un escalier discret : la suite Eden se mérite. Elle se déploie sur 110 m², une surface rare à Paris, mais c’est surtout son rapport à l’extérieur qui la rend singulière. Plus qu’une suite, c’est un véritable appartement de ville, suspendu au-dessus des toits.

Une chambre, deux salles de bain et un vaste salon-salle à manger composent une partition domestique parfaitement maîtrisée. La palette de craie et de verts sourds compose l’atmosphère intérieure de la suite, comme un prolongement naturel du jardin extérieur. Les rideaux subtilement texturés de Schumacher et Braquenié dialoguent avec les coussins délicats de Pierre Frey, tandis qu’un canapé Clarence House, piqué de feuillages stylisés, ancre le salon dans une douceur végétale assumée. Çà et là, des luminaires Baguès Paris et Maison Charles, patiemment chinés aux Puces de Saint-Ouen, diffusent une lumière feutrée. Une console en bronze signée Osanna Visconti, inspirée du bambou, scelle la rencontre entre art et nature. Sur la terrasse, enfin, une table en pierre de lave imaginée par Paola Lenti et Marella Ferrera prolonge cette parenthèse suspendue, à mi-chemin entre intérieur parisien et jardin rêvé.

Tout en respectant l’histoire centenaire du palace, la Suite Eden propose un décor élégant et facile à vivre.
Tout en respectant l’histoire centenaire du palace, la Suite Eden propose un décor élégant et facile à vivre. Franck Bohbot.

À l’extérieur, une terrasse arborée prolonge l’espace de vie : grande table pour les dîners d’été, bains de soleil pour les rares heures de ciel bleu parisien, et cette sensation délicieuse d’être chez soi, tout en étant ailleurs. Le Bristol excelle dans cet entre-deux : offrir l’illusion d’une vie parisienne idéale, débarrassée de ses contraintes.

Le véritable luxe de la suite Eden se cache peut-être au bout de la terrasse. Dans un cabanon vitré, conçu comme un refuge à part entière, se déploie un spa privatif : table de massage pour recevoir les soins signature du Spa Le Bristol by La Mer, bain à remous pour deux personnes, sauna et hammam. Une parenthèse de bien-être pensée pour ne jamais quitter sa suite, si ce n’est par pure coquetterie.

Le Bristol : le plus parisien des palaces ?

Ce confort ultra-privé n’empêche pas l’hôtel de revendiquer l’un de ses trésors les plus spectaculaires : sa piscine. Considérée comme l’une des plus belles de Paris, elle déjoue les codes du palace en refusant le sous-sol. Installée au sommet du bâtiment haussmannien, elle évoque une cabine de paquebot, baignée de lumière, presque irréelle. Le « petit plouf » collectif a ses adeptes, mais l’intimité d’un jacuzzi privé, à ciel ouvert, n’est pas sans panache.

Derrière cette capacité à se réinventer, Le Bristol s’appuie sur une histoire d’une rare constance. Ouvert en 1925, l’hôtel s’est rapidement imposé comme l’un des refuges favoris des élites internationales, des artistes et des têtes couronnées. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il devient un lieu de passage stratégique, puis retrouve après-guerre son statut de maison parisienne de référence. Racheté par la famille Oetker en 1978, le palace entre alors dans une nouvelle ère : celle d’un luxe patrimonial, attentif aux détails, fidèle à l’esprit des lieux. Ici, pas de révolution brutale, mais une accumulation de gestes précis, de rénovations intelligentes et d’ajouts mesurés — du jardin intérieur aux suites signature, jusqu’à cet(te) Eden, aujourd’hui.

Le marbre reste une constante dans les salles de bain des suites du Bristol.
Le marbre reste une constante dans les salles de bain des suites du Bristol. Franck Bohbot.

Le Bristol Paris. 112 Rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris. Site internet.


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