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Horlogerie

Art contemporain : 5 expos pour le printemps de Paris à Rodez

Les expositions françaises mettent à l'honneur des artistes avant-gardistes aux procédés novateurs qui incitent à la réflexion.

Dole, Cueco fait de la résistance. Acteur majeur de la figuration narrative, Henri Cueco a disparu il y a trois ans. Le musée des Beaux-Arts de Dole rend hommage à un artiste injustement méconnu du grand public, dont l’œuvre est prolixe, ludique et savante à la fois, et surtout pionnière. Sans doute trop. Corrézien de souche, Henri Cueco a adopté, bien avant la vague verte, le « parti pris des choses », dessinant et peignant les objets du quotidien – un soulier à talon, des queues de cerises, une épingle à cheveux –, ouvrant son horizon à la nature et au vivant dans son entier, des serpents aux vaches, des brindilles aux ciels. Avec une prédilection pour la pomme de terre, symbole d’un monde paysan laborieux, lui qui a longtemps été militant communiste. Entre la lithographie, la BD et l’affiche de propagande, son projet des « Hommes rouges » autour de la lutte collective, de la résistance et de la violence policière semble là encore bien prémonitoire… Cueco, journal d’un peintre, musée des Beaux-Arts de Dole, jusqu’au 16 mai. www.doledujura.fr

Paris, une expo fleuve. Dans le cadre de la Saison Africa 2020, qui réunit plus de 200 rendez-vous dans toute la France, la carte blanche à El Anatsui, qui se déroule à la Conciergerie, constitue l’un des événements phares. « Sous le pont Mirabeau coule la Seine », dit le poète. Grâce à l’artiste ghanéen, le fleuve s’épanche dans la grande salle des Gens d’armes grâce à une installation savante de projections vidéo sur des méandres de tissu. Une cinquantaine de pierres, posées telle une haie d’honneur, invite les visiteurs à s’asseoir et méditer, tandis que le long des murs, d’immenses drapés, composés de capsules de bouteilles d’alcool et de lames de canettes de sodas, font miroiter un ailleurs possible, un soleil en devenir. Lieu de pouvoir puis d’enfermement, la Conciergerie se métamorphose en un espace poétique, ouvrant sur un champ infini de possibles. El Anatsui revisite la Conciergerie, la Conciergerie, jusqu’au 5 avril. www.paris-conciergerie.fr

El Anatsui, AG + BA (detail), aluminium, copper wire and nylon string, 2014.
El Anatsui, AG + BA (detail), aluminium, copper wire and nylon string, 2014. Photo Andy Keate Courtesy the Artist and October Gallery London

Mouand-Sartoux, tableaux algorithmiques. Née à Budapest en 1924, installée à Paris depuis 1947, Vera Molnar est l’une des pionnières de l’art numérique et de l’art algorithmique. Elle commence par des peintures abstraites et géométriques, fondées sur la ligne, le cercle, le carré ou le méandre. Dès 1968, elle utilise l’ordinateur et crée des images générées par un algorithme. Le traitement numérique lui permet de renoncer à la subjectivité et aux recettes picturales traditionnelles. Si ses œuvres aux formes répétitives sont austères, son état d’esprit, lui, ne manque pas d’humour : elle explique que son travail est à la croisée des « trois “con” : les conceptuels, les constructivistes et les computers ». Vera Molnar, Espace de l’art concret, jusqu’au 30 mai. www.espacedelartconcret.fr

Rodez, confiner avec Barbier ? Puisque le confinement est devenu un art de la survie, autant prendre conseil auprès d’un professionnel : Gilles Barbier a conçu, dès 2005, un drôle de Terrier, logé dans le moule d’une branche d’arbre géant, un refuge creusé, avec bibliothèque, couchage et manger. L’artiste ne se limite à aucun médium : sculpture, dessin, peinture, photographie ou moulage – il moule son propre corps afin de nourrir toute une famille de clones en cire ou en résine qui passent au filtre du burlesque les questions existentielles de notre époque : l’écologie, le corps marchand, les mondes virtuels. Gilles Barbier. Machines de production, musée Soulages, jusqu’au 16 mai. www.musee-soulages-rodez.fr

https://www.youtube.com/watch?v=FepfyepMrCQ

Paris, boule à facettes. Après une première expo en 1999, la fondation Cartier met de nouveau à l’honneur l’artiste américaine Sarah Sze. Sa lanterne magique sphérique, composée d’objets, d’éclats étincelants et de lambeaux de photos, s’anime grâce aux vidéoprojecteurs rotatifs. Les images, qui rejaillissent sur les parois de verre, transforment le bâtiment en kaléidoscope. Les photos proviennent de magazines ou du web. Le réel disséminé, fragmenté, nous environne et nous échappe. À chacun de retrouver l’unité première du monde. Sarah Sze. De nuit en jour, fondation Cartier pour l’art contemporain, jusqu’au 25 avril. www.fondationcartier.com


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